‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 917 sur 1128 · Act„ XIX, 18. Voir cependant ci-dessous, p. 348, note · texte numérisé non relu

Act„ XIX, 18. Voir cependant ci-dessous, p. 348, note

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dépourvue de liens moraux, surtout parmi les classes populaires, que l'État et la religion négligeaient également. Là est la grande leçon qui sort de cette histoire pour notre siècle : les temps se ressemblent; l'avenir appartiendra au parti qui prendra les classes populaires et les élèvera. Mais, de nos jours, la difficulté est bien plus grande qu'elle ne l'a jamais été. Dans l'antiquité , sur les bords de la Méditerranée, la vie matérielle pouvait être simple ; les besoins du corps étaient secondaires et facilement satisfaits. Chez nous, ces besoins sont nombreux et impérieux; les associations populaires sont attachées à la terre comme par un poids de plomb.

C'était surtout le festin sacré, le (( repas du Seigneur ^ » qui avait une immense efficacité morale ; on le considérait comme un acte mystique par lequel tous étaient incorporés au Christ et par conséquent réunis en un même corps. Il y avait là une perpétuelle leçon d'égalité, de fraternité. Les paroles sacramentelles que l'on rapportait à la dernière cène de Jésus étaient présentes à tous. On croyait que ce pain, ce vin, cette eau, c'était la chair et le sang de Jésus lui-même'. Ceux qui y participaient étaient censés

1. I Cor., XI, 20 et suiv.; épître de Jude, 12. 2. 1 Cor., XI, 23 et suiv.; Justin, ApoL ï, 66.

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manger Jésus, s'unir à lui et entre eux par un mystère ineffable. On y préludait en se donnant le « saint baiser » , ou « baiser d'amour * )> , sans qu'aucun scrupule vînt troubler cette innocence d'un autre âge d'or. D'ordinaire, les hommes se le donnaient entre eux et les femmes se le donnaient entre elles ^ . Quelques Églises cependant poussaient la sainte liberté jusqu'à ne faire [dans le baiser d'amour aucune distinction des sexes \ La société profane, peu capable de comprendre une telle pureté, prit occasion de là pour diverses calomnies. Le chaste baiser chrétien éveilla les soupçons des libertins, et de bonne heure

1. I Thess., V, 26; I Cor., xvi, 20; Il Cor., xiii, 12; Rom., XVI, i6; I Pétri, v, i4; Justin, Apol. \I, 65; Conslit. aposL, H, 57; VIII, il ; Clément d'Alex., Pœdag., lll, M ; TertuUien, De oralione, 14; Lucien, Lucius, 17; Cyrille de Jérus., Catech. myst.,\, 3 (Paris, 1720, p. 326). Cf. Gènes., xxxiii, 4; II Sam., XIV, 23; Luc, xv, 20, où le baiser implique l'idée de réconciliation. Cf. Suicer, Thés, eccLj aux mots àa7rà2;o(xai , àaîrad^o;, oiXr.fxa; Renaudot, Liturg. oriental, coll., I, p. 12, 26, 39, 60, 142 , etc. L'Église latine transporta le baiser de paix après la communion , puis le supprima ou le transforma.

2. Conslit. apost.j II, 57; VIII, 11; Concile de Laodicée, canon 19; traité Ad virginem lapsam , attribué à saint Ambroise, à saint Jérôme et à saint Augustin, ch. vi; Amalaire, De eccL offic.j III, 32; livre De offic, div., attribué à Alcuin, c. xxxix, XL; Haymon de Halberstadt, In Rom.j xvi , 16; G. Duranti, Rationale , 1. IV, c. un, n® 9.|

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