‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 949 sur 1128 · Apoc, XXI, 14; cf. xviii · texte numérisé non relu

Apoc, XXI, 14; cf. xviii

Toute une légende commença dès lors à se former contre Paul. On refusa de croire qu'un vrai juif eût pu commettre une noirceur comme celle dont on le trouvait coupable. On prétendit qu'il était né païen \ qu'il s'était fait prosélyte. Et pourquoi? La calomnie n'est jamais à court de raisons. Paul s'était fait circoncire, parce qu'il avait espéré d'épouser la fille du grand prêtre ^ Le grand prêtre, en homme sage qu'il était, la lui ayant refusée, Paul , par dépit, se mit à déclamer contre la circoncision, le sabbat et la Loi '... Voilà la récompense qu'on obtient des fanatiques pour avoir servi- leur cause autrement qu'ils ne l'entendent, disons mieux, pour avoir sauvé ia cause qu'ils perdaient par leur esprit étroit et leurs folles exclusion^.

Jacques, au contraire , devint pour le parti judéochrétien le chef de toute la chrétienté, l'évêque des évêques, Je président de toutes les bonnes Églises, de celles que Dieu a vraiment fondées * . Ce fut probablement après sa mort que l'on créa pour lui ce rôle

4. Allusion à ceci : Apoc, ii, 9; m, 9. Cf. II Cor., xi, 22; Phil.,111, 5.

2. Comp. Afasséket Gérim, c. i (édit. Kirchheim). • 3. Epiph., haer. xxx, 16.

4. Hégésippe dans Eus., H, E., If, 23 ; Lettre de Clément à Jacques, en tête des Homélies pseudo-clémentines, titre; Épiph., haer. XXX, 16; Lxx VIII, 7.

[An 54] SAINT PAUL. 307

apocryphe ' ; mais nul doute que la légende ne se soit dans ce cas fondée à plusieurs égards suV le caractère réel du héros. La parole grave et un peu emphatique de Jacques», ses façons qui rappelaient un sage du vieux monde, un brahmane solennel ou un antique mobed, sa sainteté d'apparat et d'ostentation, en faisaient un personnage de montre pour le peuple, un saint homme officiel, et déjà une sorte de pape. Les judéo-chrétiens s'habituèrent peu à peu à croire qu'il avait été revêtu du sacerdoce juif, et, comme l'insigne du grand prêtre juif était le pélalon ou lame d'or sur le front», on l'en décora'. «Rempart du peuple », avec sa lame d'or, devint ainsi une espèce de bonze juif, un grand prêtre d'imitation h. l'usage des judéo-chrétiens. On supposa que, comme le grand prêtre, il entrait, en vertu d'une permission spéciale, une fois par an dans

t II exista sûrement une légende ébionite de saint Jacques, dont Hégésippe et saint Épipl.ane nous ont conservé la substance

et des extraits.

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