Plut., Vie d'Àlcih , 12; xVthénée, XII
3. Les riches villas éphésiennes paraissent avoir été sur la route d'Èphèse à Magnésie, et non de ce côté [communication de M. HydeClarke].
342 ORIGINES DU Clir.ISTIANlSMK.' (An 5i]
le premier foyer chrétien ; là furent les basiliques apostoliques, les tombeaux vénérés de toute la chrétienté '. Après la destruction du Jemple d'Artémis, Éphèse ayant échangé sa célébrité païenne contre une égale célébrité chrétienne, et étant devenue une ville de premier ordre dans les souvenirs et les légendes du culte nouveau, TÉphèse byzantine- se groupa tout entière autour de la colline qui avait l'avantage de posséder les plus précieux monuments du christianisme. Le vieux site s'étant changé en un marais empesté dès qu'une civilisation active eut cessé de régler le cours des eaux, l'ancienne ville fut abandonnée peu à peu ^ ses gigantesques mo-
1. Eusèbe, H. E., lU, 39; V, 24; Synaxaire précité; Procopc, De œdif., V, 1; Ibn-Batoutah , édition Defrémery et-Sanguinetti, H, p. 308-309; Arundell, Discov., Il, p. 2o2 et suiv.;
Hamillon , Res., Il, 23.
2. Le nom moderne d'Éphèse, Aia-Solouk. paraît venir de A^îa ecoXopu ou A^ic; 06oXc-ïo;. Il est vrai qu'on prononce et qu'on écrit souvent Aïasbjk (Arundell, II, 252), où Ton est tenté de voir la terminaison turque hjk. Mais l'orthographe correcte est Soloàk (voir Ibn-Batoutah, II, p. 308). Comparez Dara-Soluk . près de Sardes. La porte qui donne entrée à la citadelle peut dater de l'époque chrétienne. On y employa des sculptures païennes, qu'on interpréta dans un sens chrétien.
3. La présence de deux églises parmi les ruines de rancienne Éphèse prouve qu'elle fut encore habitée au iv« et au v« siècle. Cependant, si l'Éphèse chrétienne avec ses bâtisses importantes avait existé autour du Prion et du Coressus, il en resterait plus de traces.
[An ùi]
numents, par suite de leur proximité de canaux navigables et de la mer, furent exploités comme des carrières de marbre, et de la sorte la ville se déplaça de près d'une lieue. Peut-être le choix de domicile que firent quelques pauvres juifs sous le règne de Claude ou de Néron fut-il la cause première de cette translation. La plus ancienne conquête turque continua la tradition byzantine; une grande ville musulmane succéda à la ville chrétienne ^ , jusqu'à ce que vinssent régner définitivement sur tant de souvenirs la ruine, la fièvre et l'oublia
Paul n'était pas ici, comme il le fut dans ses premières missions, en présence d'une'synagogue igno-
1. La belle mosquée d'Aïa-Solouk ne peut être en aucune manière identifiée avec la basilique de Saint-Jean, nonobstant la tradition des Grecs de Tchirkindgi [communication de M. Hyde Clarke]. La régularité du plan de la mosquée relativement au mihrab suffirait pour prouver qu'elle a été bâtie comme mosquée. Une inscription arabe établit d^ailleurs qu'elle a été achevée en 4569 [communication de M. Waddington]. V. Falkener, p. 153 et suiv. Rien ne porte même à supposer que la mosquée ait été bàilie sur l'emplacement de la basilique. La basilique était située sur une colline : Synaxaire précité, et Procope, l. c. Je ne doute pas que la basilique n'occupât Faire de la citadelle d'Aïa-Solouk. Le passage d'Ibn-Batoutah sur les Églises d'Ephese est trop vague pour qu'on en puisse rien conclure.
2. Aïa-Solouk a repris depuis quelques années un peu d'importance , comme tête momentanée du chemin de fer de Smyrne a
Aïdin.
ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 54]
raiite du mystère nouveau, et qu'il s'agissait de gagner. Il avait devant lui une Église qui s'était formée de la façon la plus originale et la plus spontanée, avec l'aide de deux bons marchands juifs et d'undocteur étranger, lequel n'était encore qu'à demi chrétien. Le groupe d'Apollos était composé d'environ douze membres. Paul les questionna et s'aperçut qu'il manquait encore des parties h leur foi; en particulier, ils n'avaient jamais entendu parler du Saint- Esprit. Paul compléta leur instruction, les rebaptisa au nom de Jésus, et leur imposa les mains. Aussitôt l'Esprit descendit sur eux; ils se mirent à parler les langues et à prophétiser comme de parfaits chrétiens *.
L'apôtre chercha bientôt à élargir ce petit cercle de croyants. Il n'avait pas à craindre de se trouver ici en présence de l'esprit philosophique et scientifique, qui l'avait arrêté tout court à Athènes. Éphèse n'était pas un grand centre intellectuel. La superstition y régnait sans contrôle ; tout le monde vivait dans de folles préoccupations de démonologie et de théurgie. Les formules magiques d'Éphèse {Ephesia grammata'-) étaient célèbres; les livres de sorcellerie