‹ Histoire des origines de la langue franc̜aiseChapitre 140 sur 256 · ESPAGNOL · texte numérisé non relu

ESPAGNOL

Cummencer.

Comminciare.

Comenzar,

Corapajgiiie.

Compagnie.

Compaùia

Danse.

Danza.

Danza.

Bois.

Bosco.

Bosque.

Blaïic

Bianco.

Bianco.

Caprice.

Capricdo.

Capncho.

Gharrogne.

Carogna.

Carrofia.

Débris.

Restj.

Resto.

Dérober.

Rubare.

Bobar.

Lance.

Lancia.

Lanza.

Lice.

Tjzza.

Liza.

Marque.

Marchio.

Marca.

Marteau.

Martdlo.

Martillo.

Masque.

Maschera.

Mascara

Mousse.

Musco.

Blusgo.

Orgueil.

Orgoglio.

OrguUio.

Place.

Piazza.

Plaza.

Plage.

Piaggia.

Play a.

Pilier.

Piliere.

Pilar.

Penser.

Pensare.

Pensa.

Pièce.

Pezza.

Pieza.

Peser.

Pezare.

Pejar.

Payer.

Pagare.

Pagar.

PaUle.

Paglia.

Paja.

Pelle.

Pala.

PaU.

Panier.

Panière.

Panera.

Riche.

Ricco.

Rico.

Sauyage.

SsUaggio.

Salvage.

Tailler.

TagUare.

Tajar.

Toute cette catégorie de mots italiens est absolument étrangère à la langue latine. Elle n'en saurait donc provenir par voie de corruption, ou autrement.

D'un autre côté, ces mots se retrouvent, comme on voit, sans aucune altération notable de forme, dans les langues littéraires de l'Espagne et de la France, et on les retrouverait dans la plupart des dialectes populaires des deux pays.

Il serait donc impossible de leur contester leur nature gauloise ou celtique ; mais, comme ils appartiennent à des parties de l'Italie où les compagnons de Bellovèse ne firent pas des établissements permanents, on est logiquement amené à supposer que la migration du septième siècle avait été précédée par des migrations antérieures.

L'histoire a généralement trop négligé le moyen d'investigation

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le plus puissant, surtout lorsqu'il s'agit de l'origine des peuples ; c'est-à-dire l'étude et la comparaison des langues, a Si la communauté d'origine produit un parler analogue, dit Denysd'Halicamasse, il est naturel de penser, lorsqu'il y a un parler différent, que l'origine n'est pr.s la même; sans quoi il faudrait dire que la même cause produit des effets opposés (1). n

Toute l'Italie du nord, depuis Turin jusqu'à Rimini, est manifestement gauloise. L'histoire et la philologie le prouvent. D'un autre côté, les dialectes de toutes les autres parties de l'Italie, ceux de l'Ombrie, de la Sabine, du Samnium, de la Campanie, du Latium , de la Toscane , appartiennent manifestement à la famille des dialectes du nord. Or, même langue signifie même nation ou même race. Au nom de ces principes , tous les Italiens primitifs proviendraient donc d'une émigratioa gauloise fort antérieure à celle de Bellovèse. Les Latins, les Ombriens, les Osques, les Pélasges, les Étrusques, gaulois par la langue, le seraient par l'ori* gine. ,

Il faut demander à l'histoire la confirmation de cette vérité.

Longtemps avant qu'il fût question de Rome et des Romains , quatre nations se partageaient l'Italie : les Aborigènes, les Onibriens, les Pélasges et les Étrusques.

LES .ABOKIGÈXES.

Nous conmiençons par les Aborigènes, pour tenir compte de leur nom, car ils ne paraissent pas avoir occupé le sol italien avant les Ombres. Denys d'Halicarnasse assure qu'on les tenait pour Autochthones y et nés du (soi (2). Il ajoute néanmoins que d'autres Tes tenaient pour des peuples errants, venus du dehors , vivant de lutte et de rapine (3), et qu'on les appelait aussi pour cela Aberrigines, c'est-à-dire vagabonds.

Ce qui résulte clairement de tous les textes relatifs aux Aborigènes, c'est qu'ils furent l'une des tribus de la nation qui occupa primitivement l'Italie et qui s'y établit, avant que l'Italie

(1) El yàp to ovYT*^^( "^^ dfiofidvtvc atttov Oico>Y)irréov, OdtTtpov 8à tout^iC 8tafMvCtt;* oO yàp tt juttà yt ti aOti èTX«^^ vopLiÇûv &|if értps. -— Dioa. Halicam. lit. I, cap. XXIX.

(2) 01 (jiàv adroxOovoc *ltaXlac, y^; aOro x«0* hanh,,, — DiiMi. Halto., Hb. l, cap. X.

(3} ... «XavYiTflic, ixKoXXAv «vvcXOévro^ /cdpC«i»v... 'A^^^îy^vo^... ^- Ib(d.

s'appelftt de ce nom, relativement moderne;, et qui est resté définitif; car, selon la remarque de Virgile, le pays changea souvent de nom (i)^ Ces habitants primitifs de l'Italie s'appelèrent aussi de divers noms, comme Aborigènes, Ausons, Osques, OEnotriens.

L'identité de la nation par rapport à ses tribus sera établie au chapitre suivant par l'unité du langage, et la variété des tribus résulte des divers noms qu'elles portent et des diverses localités qu'elles occupent.

Ainsi, Denys. d'Halicarnasse place d'abord le siège des Aborigènes entre la Néra et le Yélino, autour de Riéti, et désigne comme leur ayant appartenu Palantium, Trébule, Yesbule, Suna, Orvinie, Carseoli et Tiore, villes qui existaient encore du temps de Gaton le Censeur (S). Caton lui-même assimile les Aborigènes avec les Yolsques et les place dans leur pays, c'est-à-dire dans le nouveau Latium, sur la rive droite du Liris ou Garigliano (3) ; enfin dans les temps suivants, et après la guerre de Trçie, les Aborigènes se trouvent être les latins primitifs, c'est-à-dire ceux du vieux Latium. « Ces mêmes peuples, dit Denys d'Halicarnasse, qui n'ont changé que de nom, sont toujours restés en possession de ces lieux, sans en avoir jamais été chassés. Ib furent appelés Aborigènes jusqu'à la guerre de Troie , et ce ne fût qu'en ce temps-là que leur roi Latinus les nomma Latins {^J. »

A quelle branche de la faniille humaine appartenaient les Aborigènes ? — Question difficile, et qui équivaut à la question de savoir par quel côté l'Italie primitive fut peuplée.

La philologie et l'histoire se réunissent néanmoins pour donner à penser que les Aborigènes appartenaient à cette grande et illustre nation des Celtes ou Gaulois, si ancienne en Occident, et dont la langue est établie en Italie, en Gaule et en Espagne. Nous verrons plus loin que i'idiôme des Latins du Latium se . retrouve totalement pour la grammaire, et en très- grande partie pour le vocabulaire, dans les dialectes des Gaules; et l'histoire confirme ce témoignage, en autorisant à considérer les Aborigènes comme Gaulois.

(1) Sxpius et nomenposuit Satuniia ietlus. — Yirgil. iEneid., lib. VIU, v. 329.

(2) Dionys. Hallcarn., lib. I, cap. XI V.

(3) Agram quemVolsci liabuerunt, campeslris plcnus Aborigii;um fuit. — Cato, Origin.j 1, cité par Priscian., lib. VI.

(4) Dionys. Halicarn., lib. I, cap. IX

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