CHAPITRE IV
LA LANGUE FllANÇAlSE N'A REÇU NI SES MOTS LATINS DES ROMAINS, NI SES MOTS GRECS DES PHOCÉENS.
i'ersonne n'a osé faire la théorie historique de la dérivation du français par rapport au latin. — On s'est borné 4 affirmer le fait, sans l'expliquer. — Deux langues
DES MATIÈRES. &k9
pnovent avoir dos mots communs, sans se les être communiqués. — Mots sanscrits nombn>ux dsins le latin. — - Mots grecs nombreux qui sont dans le firançais et dans les patois delà (iaule. — D*oii >ienncnt*ils7— Onles a attribués à Inaction des Phocéens de Marseille.— Les Phocéens ne peuvent avoir porté leur langue dans les contrées oli ils n'ont pas pénétré, telles que rile de France, la Bretagne, la Gascogne. — 11 \a être démontré que le fran(;ais ne doit ni ses mots latins aux Romains , ni ses mots grecs aux Phocéens. — Histoire des légions de César. — Oîi avaient-elles été levées? — Quelles langues parlaient-elles ? — La 7"*, la8"*«, la 9"»«, la 10"', parlaient italien, c'est-à-dire tous les patois antiques de l'Italie. — La 11">*, la 12"«, la 15"«, la 14"', la 15"*, la lO"» et la 1" parlaient gaulois et illyrien. — Détails et preuves. — A l'époque de César il n'y avait dans les armées qu'un I\omam contre dix Italiens. — Sous Auguste il n'y avait qu'un Domain contre treize Italiens. — Sous Claude il n'y avait qu'un Romain contre vingt-trois Italiens. A partir des Antonins les Romains ne fonnèrent plus qu^in pour cent. — On ne parlait donc pas latin dans les armé<>s romaines à partir de César, et ces armées , enfermées dans des camps, ne communiquaient pas avec les populations. — Quant aux Phocéens de Marseille, de Roses et d'Ampurias, ils ne parlaient plus grec du temps de César. — Ils parlaient gaulois et espagnol. — Preuves. — D'ailleurs, les Phocéens n'avaient pu porter le grec dans les pays avec lesquels ils n'avaient pas de relations. — Liste des mots grecs qui se trouvent dans les dialectes de l'Ile-de-France, — de la Gascogne, •— delà Basse-Bretagne. — La présence dans les dialectes de la Gaule, soit des mots latins , soit des mots grecs ne peut donc s'expliquer que par l'origine commune des peuples qui parlent les langues oh se trouvent ces mots lOft
CHAPITEŒ V.
ÉLIMINATION OË LA THÉORIE Vl'LGAinK QUI DKRIVK DU LATIN LA LANGUE FRANÇAISE ET LES PATOIS.
l.a théorie qui dérive le français du lutin et du grec n'est donc qu'un pur préjugé. — Les textes allégués en sa faveur la renversent. •— Passages de Valérc-Maxime et de saint Augustin. — Leur sens est opposé à celui qu'on leur attribue. — Il en est de même des textes de Velleius Paterculus, de Tacite, de Pline le Jeune, de Sidoine Apollinaire, de saint Irénée et de saint Jérôme. — Aucun de ces textes ne dit que la nation gauloise avait oublié sa langue pour parler latin. — Saint Irénée déclare lui-même avoir prêché et écrit en patois de Lyon. — Raisons qui déterminùrent saint Jérôme h employer le latin pour écrire à deux femmes gauloises trésinstruites. — Récapitubtion de toutes les preuves établissant que la langue gauloise ne cessa Jamais d'être parlée sous la domination romaine. — Le latin n'aurait pas pu, en se corrompant, engendrer le gaulois, langue d'une nature absolument différente. — IVeuves de; la différence essentielle du latin et du gaulois. — Génie al»solumcnt contraire du substantif, du verbe et de la syntaxe. — Vaines tentatives faites pour faire dériver du latin l'article te, la, les, — Objections insolubles que soul^ve l'hyimthése de la dérivation latine ou grecque. — - Il faut donc éliminer définitivemenl cette théorie, et expliquer la présence des mots latins et grecs dans le français et dans le patois par l'origine commune des Gaulois , des latins et des Grecs Pélasges. — Tel est le but des chapitres suivants 135