‹ Histoire des origines du ChristianismeChapitre 104 sur 427 · Ad., xiii, 52, etr · texte numérisé non relu

Ad., xiii, 52, etr

3. Urbem... quo cuncta undiquo alrocia aut pudenda confluunt colebranturque. Tacite, Arm., XV, 44.

Ô8 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 51J

l'assaut des grandes villes où elles viennent chercher fortune, ils étaient serviables et humbles. Avec eux débarquaient des troupes de Grecs, d'Asiates, d'Égyptiens, tous parlant grec. Rome était à la lettre une ville bilingue ^ La langue du monde juif et du monde chrétien de Rome fut pendant trois siècles le grec ^ Le grec était à Rome la langue de tout ce qu'il y avait de plus méchant et de plus honnête, de meilleur et de plus bas. Rhéteurs, grammairiens philosophes, dignes pédagogues, précepteurs, domestiques, intrigants, artistes, chanteurs, danseurs, proxénètes, artisans, prédicateurs de sectes nouvelles, héros religieux, tout ce monde parlait grec. L'ancienne bourgeoisie romaine perdait chaque jour du terrain , noyée qu'elle était dans ce flot d'étrangers.

Il est infiniment probable que, dès l'an 50, quelques juifs de Syrie, déjà chrétiens, entrèrent dans la capitale de l'empire et y semèrent leurs idées. En

i. L'épigraphie de la ville de Rome en fait foi; la littérature, plus encore.

2. Pour les juifs, voir Garrucci, Cimilero degli antichi Ebrei, p. 63; Dissert, arch., II, p. 176-177, etc. Le quart seulement des inscriptions juives de Rome est en latin. — Pour les chrétiens, voir de Rossi, înscr. christ, urbis RorncB, I. — Juifs et clirétien? écrivaient souvent le latin en caractères grecs. Garrucci, Cim.. p. 67, et Dissert., II, p. 164, 176, 180, 181, 183, 184.

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effet, parmi les bonnes mesures administrai i vos de Claude, Suétone place la suivante : « Il chassa de Rome les juifs, qui se livraient à de fréquents tumultes sous l'impulsion de Ghrestus *. » Certainement, il est possible qu'il y ait eu h Rome un juif du nom de Chrestus % qui ait excité des troubles parmi ses coreligionnaires et amené leur expulsion. Mais il est bien plus vraisemblable ^ que ce nom de Chrestus n'est autre chose que le nom du Christ luimême*. L'introduction de la foi nouvelle provoqua

1. Suétone, Claude, 25; Act.j xviir, 2. Les mesures de précaution que Claude prit contre les juifs d'après Dion Cassius, LX, 6, n'ont rien de commun , ce semble, avec le fait rapporté par Suétone. Elles paraissent se rapporter à une date antérieure.

2. Ce nom est assez commun, surtout comme nom d'esclave ou d'affrunclii; Orelli , 2414, etc.; Cic, EpisL fam., II, 8. Voir van Dale, De orac, p. G04-G0o ( 2« édit.j. Il était particulièrement porté par les juifs : Corp. inscr. gr., 2114 bb ; Lévy, Epirjr. Beilr., p. 301, 313; Ant. dit Bosph. cimm., inscr. n° 22; Mel. (jréco-rom. de l'Acad. de Saint-Pétersbourg, I, p. 98. Cf. Martial, VII, Liv; de Rossi, Roma soU., I, tav. xxi, n° 4.

3. Ce qui fait de cette hypothèse presque une certitude, c'est là comparaison de Act., xviii, 2, et de Tacite, Ann.^ XV, 44. Tacite, en elTet, suppose que les chrétiens avaient été réprimés avant Néron. II est vrai que Tacite {ibid.) et Suétone lui-même ailleurs [i\cron, 46) parlent plus exactement des chrétiens. Mais on peut supposer que Suétone copie, dans la vie de Claude, une relation ou un rapport de police du temps.

4. Le mot y^ç'-ariavo;, antérieurement formé (voir les Apôtres^

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sans doute dans le quartier juif de Rome des rixes, des querelles, des scènes analogues, en un mot, à celles qui s'étaient déjà passées à Damas, à Antioche de Pisidie, à Lystres. Voulant mettre fin à ces désordres, la police put prendre un arrêté pour l'expulsion des perturbateurs. Les chefs de la police se seront enquis superficiellement de l'objet de la querelle , qui les intéressait assez peu; un rapport adressé au gouvernement aura constaté que les agitateurs s'appelaient christiani^, c'est-à-dire partisans d'un certain Christus; ce nom étant inconnu, on l'aura changé en Chrestus, par suite de l'habitude qu'ont les personnes peu lettrées de donner aux noms étrangers une forme appropriée à leurs habitudes*. De là

p. 234), prouve que, dès cette époque, le nom le plus ordinaire pour désigner Jésus était XptoTo';. Cf. Pline, Epist., X , 97. Saint Paul, en ses épîtres, réunit d'ordinaire les deux noms; quelquefois il se sert isolément de chacun d'eux,

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