‹ Histoire des origines du ChristianismeChapitre 11 sur 427 · Kal 'jii.i';; COmp. Col., IV · texte numérisé non relu

Kal 'jii.i';; COmp. Col., IV

xviii SAINT PAUL.

lettre banale avec une lettre topique et particulière ? Cela n'est pas tout à fait impossible ; mais cela est peu vraisemblable. On diminuera l'invraisemblance d'une telle conception en supposant que Paul confia ce soin à l'un de ses disciples. Peut-être Timothée, par exemple, aura-t-il pris l'épîlre aux Colossiens pour l'amplifier et en faire un morceau général susceptible d'être adressé à toutes les Eglises d'Asie. Il est difficile de se prononcer là- dessus avec assurance ; car il est supposable aussi que l'épître ait été composée après la mort de Paul, à une époque où l'on se mit à rechercher les écrits apostohques, et où, vu le petit nombre de ces écrits, on ne se fit pas scrupule d'en fabriquer de nouveaux en imitant, en mêlant ensemble, en copiant et en délayant des écrits tenus antérieurement pour apostoliques. Ainsi la seconde épître dite de Pierre a été fabriquée avec la /" Pétri et avec l'épître de Jude. Il serait possible que l'épître dite aux Éphésiens doive son origine au même procédé * . Les ob-

\. Comp., par exemple, Eph., iv, 2, 32; v, 1, à Col,, m, 12-13; l'imitation est là de telle nature qu'elle ne peut guère convenir qu'à un copiste servile. Comp. aussi Eph., iv, 11, à I Cor., xii,28; Eph , III, 8, à 1 Cor., xv, 9; Epli., m, 9, à I Cor., iv, 1 ; Eph., i. 20, à Rom., vni, 34; Eph., iv, 17 et suiv., à Rom., i, 21 et suiv.; Eph., V., 17, à I Thess., v, 8.

INTRODUCTION. xit

jections qu'on adresse à l'épître aux Colossiens sous le rappor». de la langue et des doctrines s'adressent encore plus à celle-ci. L'épître aux Éphésiens, pour le style, s'écarte sensiblement des épîtres certaines; elle a des expressions favorites, des nuances qui n'appailiennent qu'à elle, des mots étrangers à la langue ordinaire de saint Paul, et dont quelques-uns se retrouvent dans les épîtres à Timothce, à ïite et aux Hébreux*; la phrase est diffuse, molle, chargée de mots inutiles et de répétitions, enchevêtrée d'incidentes parasites, pleine de pléonasmes et d'embarras ^ Même dil^rence pour le fond des idées : dans l'épître dite aux Éphésiens, le gnosticisme est tout à fait manifeste ' ; l'idée de l'Eglise, conçue comme un organisme vivant*, y est développée d'une manière qui reporte l'esprit aux années 75 ou 80; l'exégèse s'écarte des habitudes de Paul ^ ; la façon dont il est

4. AtâêoXoî, ffcorriptov, tv toTî èîrcjpavîot;, rà ■n-ivju.y-iy.â. pour rà

ir<eûu.a-a, cptoTÎî|stv dans le sens d'enseigner, cUo'iw.a. appliqué au plan divin, construction particulière de TrXr.ocûdôai, îars -yivÛTOv/rs;, [iaatXsîa tcû xp"ï"'ù xal Oscù, xoafAOJtfaTcps;, etc. La Salutation (vi, 23- 24) est insolite ; la vanterie de m, 4, l'est encore plus. î. Ch. II et III surtout.

3. I, 49 et sUiV.; ii, 2; m, 9 et suiv., i8-19; iv, 13; vi, 4 2. Comp. Valent in, dans les Philosophumena. VI, 34.

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