Phil., II
3. Phil., IV. 10 et suiv Cf. I Thess., ii, 5, 7, 9 ; II Cor., xi, 8 et suiv,
4. rvTÎffie oo^'jfc. Phil., IV, 3. Clémenl d'Alexandrie [Strom., III, 6) et Eusèbe {Hisl. eccL, III, 30) entendent gô^u^c dans le sens d'épouse. Il est bien remarquable que Lydie n'est pas nommée dans l'Épître aux Philippiens; l'omission totale d'une personne si importante serait singulière. Le rôle que Paul prête à la priuio;
[An 52] SAINT PAUL. liO
simple métaphore*. Est- il cependant absolument impossible que Paul ait contracté avec cette sœur une union plus intime? On ne saurait l'affîrmer. La seule chose qui soit siàre, c'est que Paul ne menait pas avec lui de sœur dans ses voyages. Toute une branche de la tradition ecclésiastique a prétendu, nonobstant cela, qu'il était marié*.
Le caractère de la femme chrétienne se dessinait de plus en plus. A la femme juive, parfois si forte, si dévouée, à la femme syrienne, qui doit à la molle langueur d'une organisation malade des éclairs d'enthousiasme et d'amour, à Tabithe, à Marie de Magdala, succède la femme grecque, Lydie, Phœbé, Chloé, vives, gaies, actives, douces, distinguées, ouvertes à tout et cependant discrètes, laissant faire leur maître, se subordonnant à lui, capables de ce qu'il y a de plus grand, parce qu'elles se contentèrent d'être les collaboratrices des hommes et leurs sœurs, de les aider quand ils faisaient de belles et
«lû^u-jcî ( V. 3) convient aussi très-bien à la riche Lydie (duXXatt- 6âvcu). Quelques-uns prennent lù^-j^c; comme un nom propre; mais on n'a pas ailleurs un seul exemple d'un tel nom.
i. Comparez pr.aîcp tsV.vw, I Tim., i, 2; Til., i, 4. Paul appelait de même la mère de Rufus « ma mère » (Rom., xvi,13).
2. Outre Clément d'Alexandrie et Eusèbe, précités, voir Pseudo- Ignace, Ad PhilaiL, 4 (Dresse!). Cf. les Apôtres, p. Ml.
150 ORIGINES DU CHRISTIANISME. (An 52]
bonnes choses. Ces femmes grecques, de fine et forte race, éprouvent sur le retour de l'âge un changement qui les transforme. Elles deviennent pâles, leur œil s'égare légèrement ; couvrant alors d'un voile noir les bandeaux de cheveux plats qui encadrent leurs joues, elles se vouent aux soins austères; elles y portent une vive et intelligente ardeur. La a servante » ou diaconesse grecque surpassa encore celle de Syrie et de Palestine en courage. Ces femmes, gardiennes des secrets de l'Église, couraient les plus grands dangers, supportaient tous les tourments plutôt que de rien divulguera Elles créèrent la dignité de leur sexe, justement parce qu'elles ne parlèrent pas de leurs droits; elles firent plus que les hommes, en ayant l'air de se borner à les servir.
Un incident vint hâter le départ des missionnaires. La ville commençait à s'entretenir d'eux, et les imaginations travaillaient déjà sur les vertus merveilleuses qu'on leur attribuait, surtout pour les exorcismes. Un jour qu'ils se rendaient à l'endroit des prières, ils rencontrèrent une jeune esclave, probablement ventriloque-, qui passait pour une pythonisse annonçant l'avenir. Ses maîtres tiraient beau-