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Plutaïque, Vie de DéméirinSj

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telle d'Athénc Poliade'. Telle était cependant la gloire de cette ville unique , que l'univers sembla prendre à cœur d'adopter sa déesse, au moment où elle la délaissait. Le Parthénon , par le fait des étrangers, retrouva ses honneurs; les mystères d'Athènes furent un attrait religieux pour le monde païen tout entier*.

Mais c'était principalement comme ville d'école qu'Athènes exerçait un singulier prestige. Cette nouvelle destinée, qui par les soins d'Adrien et de Marc-Aurèle devait avoir un caractère si tranché, était commencée depuis deux siècles ^ La ville de Miltiade et de Périclès s'était transformée en une ville d'université , une sorte d'Oxford , rendez-vous de toute la jeune noblesse, qui y répandait l'or à pleines mains*. Ce n'étaient que professeurs, philosophes, rhéteurs, pédagogues de tout genre,

\. Plut., Vie deSylla,\^.

2. Lettre de Marc-Aurèle à Fronton , III, 9 f Maï, p. "/S); Dion Cassius, LXXII, 31; Jules Capitolin, Vie de Marc-Aurèle, 'tl\ Philostr., Vies des soph., II , x, 7 ; Spartien, Vie de Sept. Sév., 3.

3. Plut., Vie de Sylla, 13; Cornélius Népos , Atticus, 2, 4; Horace, Epist., II, ii , 43 et suiv. ; Cicéron, In Cœcil., 12. Cf. Athénée, XII, 69; Wescher, dans le Moniteur universel, 13 avril 1861.

4. Cicéron, Ad AU., XII, 32; Ad fam.. XII, 16; XVI, 21; De off., 1,1; Dion Cassius, XLV, 13; Ovide, Trist., I, ii, 77.

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sophronistes, maîtres des éphèbes, gymnasiarques , paedotribes , hoplomaques , maîtres d'escrime et d'équitation ^ Depuis Adrien, les cosmètes ou préfets des étudiants prennent dans une certaine mesure l'importance et la dignité des archontes; on date par eux les années; la vieille éducation grecque, destinée dans son principe à former le citoyen libre, devient la loi pédagogique du genre humaine Hélas ! elle ne forme plus guère que des rhéteurs; les exercices du corps , autrefois vraie occupation de héros sur les bords de l'Ilissus , sont maintenant une affaire de pose. Une grandeur de cirque, des allures de Franconi ont remplacé la solide grandeur ^ Mais c'est le propre de la Grèce d'avoir ennobli toute chose; même la besogne de l'homme d'école devint chez elle un ministère moral; la dignité du pro-

1. Cicéron, Ad fam., XVI, 2i ; Lucien, Nigrinus, 13 et suiv.; Dialogues des 7norls, xx, 5; Philostrate, ApolL, IV, M.

2. Corp. inscr. gr., n"^ 246, 248, 2o4, 255, 258, 261, 262, 263 265, 266, 268, 269, 270, 271, 272, 275, 276, 277, 279, 230, 281 282, 286; É'f/ippl? àp-/.aioXc7i/.-n de Pittakis, '1860, n°' 404! et suiv. 4097 et suiv.; 1862 (nouv. série), n"' 199-204, 214-217; ^tXîarw (journal littéraire d'Athènes), t. III, p. 60, 150, 277, 350, 444 549; t. IV, p. 73,164, 171,265,392, 458, 545 et suiv., surtout 332 et suiv.; Wescher, aux Comptes rendus de l'Acad. des inscr., 5 avril 1861, et au Moniteur univ., 13 avril 1861.

3. Voir les bas-reliefs éphébiques du musée de la Société d'archéologie, dans les bâtiments de l'université d'Athènes.

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fesseur, malgré plus d'un abus, fut une de ses créalions*. Cette jeunesse dorés savait parfois se souvenir des beaux discours de ses maîtres ^ Elle était républicaine comme toute jeunesse : elle vola sur l'appel de Brutus; elle se fit tuer à Philippcs \ Le jour s'usait à déclamer sur le tyrannicide et la liberté, à célébrer la noble mort de Caton, à faire l'éloge de Brutus.

La population était toujours vive , spirituelle , curieuse. Chacun passait sa vie en plein air, en contact perpétuel avec le reste du monde, au sein d'ui) air léger, sous un ciel plein de sourires. Les étrangers, nombreux et avides de savoir, entretenaient une grande activité d'esprit. La publicité, le journalisme du monde antique, s'il est permis de se servir d'une telle expression, avait son centre h Athènes. La ville n'étant pas devenue commerçante , tout le monde n'avait qu'un souci, c'était d'apprendre des nouvelles, de se tenir au courant de ce qui se disait et se faisait dans l'univers*. Il est bien remarquable que le

<. Cic, Ad fam., XVI ^ 21. Se rappeler le rôle de Polybe dans la société romiiine de son t<^mps.

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