‹ Histoire des origines du ChristianismeChapitre 157 sur 427 · Suétone, Néron · texte numérisé non relu

Suétone, Néron

7. Suétone, Néron, 34; Dion Cassius, LXIII, 14. Cf. Pausanias, I, XXVIII, 6.

(An f.3J SAINT PAUL. 183

Do nobles étrangers, des descendants de rois détrônés * , venaient dépenser leur fortune à Athènes , et aimaient à se voir décorés des titres de choréges et d'agonotliètcs. Tous les petits rois barbares mettaient leur émulation à rendre service aux Athéniens, à restaurer leurs monuments".

La religion était une des causes de ces faveurs exceptionnelles. Essentiellement municipale et politique h son origine, ayant pour base les mythes relatifs h la fondation de la ville et à ses divins protecteurs, la religion d'Athènes ne fut d'abord que la consécration religieuse du patriotisme et des institutions de la cité. C'était le culte de l'Acropole; «Aglaure » et le serment que prêtaient sur son autel les jeunes Athéniens n'ont pas d'autre sens; à peu près comme si la religion consistait chez nous à tirer à la conscription, à faire l'exercice et à honorer le drapeau. Cela devait bientôt devenir assez fade; cela n^avait rien d'infini, rien qui touchât l'homme par sa destinée, rien d'universel; les railleries d'xVristophane contre ces dieux de l'Acropole ^ prouvent qu'à eux seuls ils n'auraient point captivé toutes les races. Les

1. Corp. inscr. gr., n° 362. Cf. Plut., Quœst. sytnp.^ I, x, 1.

2. Corp. inscr. gr., n^' 265, 357-362; Jos., B. J., I, x\i, M;

Vitruve, V, ix, \ ; Suétone, Aug., 60. 3 Voir surtout Lysislrala, 750 et suiv.

<8i ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 53]

femmes se tournèrent de bonne heure vers de petites dévotions étrangères comme celle d'Adonis ; les mystères surtout firent fortune; la ph.'losophie, entre les mains de Platon , était à sa manière une délicieuse mythologie , tandis que l'art créait pour la foule des images vraiment adorables. Les dieux d'Athènes devinrent les dieux de la beauté. La vieille Athéné Poliade n'était qu'un mannequin sans bras apparents, emmaillotté d'un péplos, comme est la vierge de Lorette. La toreutique réalisa un miracle sans exemple : elle fit des statues réalistes à la façon des madones italiennes et byzantines, chargées d'ornements appHqués, qui furent en même temps de merveilleux chefs-d'œuvre. Athènes arriva de la sorte à posséder un des cultes les plus complets de l'antiquité. Ce culte subit une sorte d'éclipsé lors des malheurs de la cité; les Athéniens furent les premiers à souiller leur sanctuaire : Lacharès vola l'or de la statue d'Athéné ; Démétrius Poliorcète fut installé par les habitants eux-mêmes dans l'opisthodome du Parthénon; il y logea ses courtisanes près de lui, et l'on plaisanta du scandale qu'un tel voisinage dut causer à la chaste déesse*; Aristion, le dernier défenseur de l'indépendance d'Athènes, laissa s'éteindre la lampe immor-

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