‹ Histoire des origines du ChristianismeChapitre 25 sur 427 · Ad Phil., k · texte numérisé non relu

Ad Phil., k

5. Dans Eusèbe, H. E., III, 32. Comp. I Tim., i, 3, 6, 10: VI, 20. Voir Baur, Pcmlus (2« édit.), t. II, p. i'IO-il2.

G. Voir ci-dessus, p. xlviii.

LU SAINT PAUL

erreurs qui s'y remarquent. Le style offre des latinismes ^ L'intention qui a dicté l'écrit, savoir le désir d'augmenter la force du principe hiérarchique et l'autorité de l'Eglise, en présentant un modèle de piété, de docilité, d' « esprit ecclésiastique » tracé par l'apôtre lui-même , est tout à fait en harmonie avec ce que nous savons du caractère de l'Eglise romaine dès le i*"" siècle.

Il nous reste à parler de l'épître aux Hébreux. Gomme nous l'avons déjà dit, cette épître ne serait pas de Paul qu'on ne devrait nullement la mettre dans la même catégorie que les deux épîtres à Timothée et l'épître à Tite, l'auteur ne cherchant pas à faire passer son ouvrage pour un écrit de l'apôtre Paul. Quelle est la valeur de l'opinion qui s'est étabhe dans l'Église et selon laquelle Paul serait l'auteur de ladite épître? L'étude des manuscrits, l'examen de la tradition ecclésiastique et la critique intrinsèque du morceau lui-même vont nous éclairer à cet égard.

Les anciens manuscrits portent simplement en tête de l'épître : npo; Èêpaio-j;. Quant à l'ordre de transcription, le Codex Valicanus et le Codex Sinaiticus, représentant la tradition alexandrine, placent l'épître

1. Par exemple : -h ûy.atvoûcx S'iS'aa^ty.AÎa, &o,na ligotriiifi

INTRODUCTION. r.iii

parmi celles de Paul. Les manuscrits gréco-latins, au contraire, montrent toutes les hésitations qui restaient encore en Occident , dans la première moitié du moyen âge, sur la canonicité de l'épître aux Hébreux et par conséquent sur son attribution à Paul. Le Codex Bœrnerianus l'omet; le Codex Augiensis la donne seulement en latin, à la suite des épîtres de Paul. Le Codex Claromonlanus met l'épître en question hors rang, comme une sorte d'appendice, après la stichométrie générale de l'Écriture S preuve que l'épître ne se trouvait pas dans le manuscrit d'où le Claromonlanus fut copié. Dans la stichométrie susdite (morceau très-ancien), l'épître aux Hébreux ne figure pas, ou, si elle figure, c'est sous le nom de Barnabe*. Enfin, les fautes dont fourmille le texte

1. Sur la stichométrie dans les manuscrits anciens, voir Fr. Ritschl , Opuscula pldlologica, I, p. 74 et suiv., 173 et suiv., l'JO et suiv.

2. Cette stichométrie (fol. 468 v.) place dans la liste des écrits sacrés une Epistula Bamabœ, qui peut être l'épître ordinairement attribuée à Barnabe. Cependant la stichométrie du Codex Claromonlanus donne à son Epistula Barnahœ un nombre de ctî-/cï qui est a peu près le chiffre qui convient à l'épître aux Hébreux, et non le chiffre qui convient à l'épître ordinairement attribuée à Barnabe (voir Credner, Gesch. des neutest. Kanon, p. 173 et suiv., 5J42 et suiv.). On en a conclu que V Epistula Barnahœ mentionnée dans la stichométrie du Codex Claromontanus éta.l l'épître aux Hébreux, queTertullien attribue en effet à Barnabe. Ce

Liv SAINT PAUL.

latin de l'épître dans le Claromontanus suffiraient pour éveiller le soupçon du critique et prouver que cette épître n'entra dans le canon de l'Eglise latine que tardivement et comme par surprise ' .

Même incertitude dans la tradition. Marcion n'avait pas l'épître aux Hébreux dans son recueil des épîtres de PauP; l'auteur du canon dit de Muratori l'omet dans sa liste. Irénée connaissait l'écrit en question, mais il ne le considérait pas comme de Paul ^ Clément d'Alexandrie* le croit de Paul; mais il sent la difficulté de cette attribution, et il a recours, pour sortir d'embarras , à une hypothèse peu acceptable : il suppose que Paul écrivit l'épître en hébreu et que Luc la traduisit en grec. Origène admet aussi en un sens l'épître aux Hébreux comme de Paul , mais

qui infirme ce raisonnement, c'est : 1° que la stichométrie du Claromontanus offre beaucoup de fautes et de particularités; 2° que l'épître ordinairement attribuée à Barnabe s'est trouvée dans le Codex Sinaiticus avec le Pasteur, d'une façon qui paraît répondre à la stichométrie du Claroinontanus (voir cependant Tertullien, De pudic, 20).

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