‹ Histoire des origines du ChristianismeChapitre 262 sur 427 · Strabon, XIV, i · texte numérisé non relu

Strabon, XIV, i

[An 5}] SAINT PAUL. 337

dénuées de sens*. Cette brillante patrie d'Heraclite, de Parrhasius, peut-être d'Apelle, n'était plus qu'une ville de portiques, de stades, de gymnases, de théâtres, une ville d'une somptuosité banale, malgré les chefs-d'œuvre de peinture et de sculpture qu'elle gardait encore.

Quoique le port eût été gâté par la maladresse des ingénieurs d'Attale Philadelphe, la ville s'agrandissait rapidement et devenait le principal emporium de la région en deçà du Taurus". C'était le point de débarquement de ce qui arrivait d' Italie et de Grèce, une sorte d'hôtellerie ou d'entrepôt au seuil de l'Asie'. Des populations de toute provenance s'y entassaient, et en faisaient une ville commune, où les idées socialistes gagnaient le terrain qu'avaient perdu les idées de patrie. Le pays était d'une richesse extrême ; le commerce , immense ; mais nulle part l'esprit ne se montrait plus abaissé. Les inscriptions respirent la plus honteuse servilité*,

1. Slrabon, XIV, i, 20-23; Tac, An7i., III, 6< ; Isidore de Péluse, Epist., II, 62; Plut., A7i seni sit ger. resp.j 24; Corpus viser, gr., n°» 2954, 2955, 2963 c, 2983, 2990.

2. Strabon,XlI, viii, 15; XIV, i, 24; Plutarque, Vie de Lys. ,3.

3. Xno^oy/iot jcctvov. Strabon, XII, viii, 15. Le port intérieur où abordèrent probablement Aquila et Priscille, Paul et Jean, es maintenant un étang couvert de roseaux.

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