VOYAGE DE PAUL, PRISONMEK
On s'embarqua sur un navire d'Adramytte en Mysic, qui regagnait son point d'origine. Dans l'un des ports intermédiaires, Julius comptait trouver un navire en partance pour l'Italie et y prendre passage. On était vers le temps de l'équinoxe d'automne * ; on avait en perspective une rude traversée*.
Le second jour de la navigation, on arriva à Sidon. Julius, qui traitait Paul avec beaucoup de douceur, lui permit de descendre dans la ville, de visiter ses amis et de recevoir leurs soins. La route eût
4. Cela résulte de Act., xxvii, 9, et concorde avec la série des faits antérieurs.
2. Pour tout l'ensemble du voyage, comparez Jos., Vita, 3. Pour la partie technique de la navigation, voir James Smith, the Voyage and shipivreck of St Paul (Londres, 1848) ; Conybeare et Howson, (he Life of St Paul, II, p. 308 et suiv.
548 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 60]
été de prendre le large et de gagner la pointe sudouest de l'Asie Mineure; mais les vents étaient contraires; il fallut courir au nord, en rangeant la Phénicie, puis serrer les côtes de l'île de Chypre, en la laissant à bâbord. On suivit le canal entre Chypre et la Cilicie, on traversa le golfe de Pamphylie, et l'on arriva au port de Myre * en Lycie. Là, on quitta le navire adramyttien. Julius, ayant trouvé un navire alexandrin qui faisait voile pour l'Italie, passa un marché avec le capitaine, et y transborda ses prisonniers. Le navire était fort chargé ; on était à bord deux cent soixante-seize personnes *.
La navigation, à partir de ce moment, fut des plus difficiles. Après plusieurs jours, on n'était encore qu'à la hauteur de Gnide. Le capitaine voulait entrer dans le port, mais le vent venant du nord-est ne le permit pas, et il fallut se laisser emporter sur l'île de Crète. On reconnut bientôt le cap Salmoné% qui est la pointe orientale de l'île. L'île de Crète forme comme une immense barrière qui fait de la région de la Méditerranée qu'elle couvre au sud une sorte de grand port à l'abri des tempêtes venant de l'Ar-
'1. Aujourd'hui en ruine.
2. Le mnnuscrit B seul povte{Act., xxvii,37) a soixante-seize ». If. Jùsèphe, Vita, 3.