‹ Histoire des papes (volume 2)Chapitre 109 sur 125 · ONZIEME SIECLE · texte numérisé non relu

ONZIEME SIECLE

Généalogie hizarre du nouveau pontife. — Origine véritable de Sylvestre. — Son éducation chez les Maures d'Espagne. — Son retour eu France. — On lui attribue l'introduction en France de l'algèbre. — Il prend le parti du roi Hugues. — Réflexions sur la fortune de Gerbert. — Le pontife fabrique une horloge pour Magdebonrg. — Sylvestre est accusé de magie. — Histoire de la tête d'airain. — L'Androïde ou l'homme fabriqué par le sorcfcr Albert le Grand. — Sylvestre confirme le rétablissement de son ennemi Arnoul. — Sylvestre accroît les richesses de l'Eglise. — Révolte des Romains contre l'autorité d'Othon. — L'empereur est assiégé dans son palais. — Mort de l'empereur Othon. — Grand scandale dans l'Église relativement à la juridiction d'un couvent de filles. — Concile de Rome. — Cruautés de Sylvestre. — Contes ridicules sur sa mort. — Histoire sur son cadavre. — Réflexions sur le onzième siècle.

Bsovius assure que le pontife Sylvestre II était né dans la province de Guyenne, et qu'il descendait d'un souverain d'Argos nommé Temenus, qui était lui-même de la race d'Hercule, le chef des Héraclides dans l'expédition oii ils reconquirent le Péloponnèse, époque qui coïncide avec celle oii la Bibfe fait naître le prophète Samuel. Si cette généalogie est véritable, le pape aurait eu pour ancêtre Jupiter, et ce vicaire de Dieu des chrétiens descendrait directement d'un adultère commis par le père des dieux païens avec une humble mortelle.

Quelques auteurs, plus exacts sans doute, prétendent qu'il était né en Auvergne et que ses parents étaient de pauvres montagnards qui le placèrent à Aurillac dans le monastère de saint Gérauld, où il l'ut élevé par charité; il se nommait Gerbert. Ses progrès furent très-rapides, et le jeune élève surpassa bientôt ses professeurs eux-mêmes ; alors l'abbé Gérauld de Saint-Serein , qui l'avait pris eu amitié,

l'envoya en Espagne auprès de Borel, comte de Barcelone, qui le confia aux soins de l'évêque Haïton pour apprendre les mathématiques.

Gerbert fréquenta assidûment les académies arabes, où il apprit l'algèbre, l'astrologie et l'alchimie. Dans un voyage que le comte Borel et le prélat Haïton firent à Rome, ils emmenèrent avec eux leur protégé, qu'ils présentèrent à Othon II. L'année suivante, en présence de ce prince, Gerbert eut une conférence avec le Saxon Otric, qui était réputé alors pour son immense savoir; tous les hommes remarquables de la Germanie, de la Gaule et de l'Italie assistèrent à cette espèce de congrès scientifique, où il obtint la place de précepteur du fils de l'empereur. Pour le récompenser de ses soins, Othon lui donna dans la suite la célèbre abbaye de Bobio, fondk- par saint Golomban ; cette donation fut approuvée par la clergé et par le peuple, et confirmée par le souverain pontife. Malheureusement les grands biens de

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