L S.] GRIMES DES EMPEREURS
Les historiens parlent avec indignation de la cruauté de ce prince, qid sacrifiait des milliers d'hommes à son exécrable tyrannie. Ce 'fut la première persécution des empereurs contre l'Eglise. Dans la suite ^ les chrétiens s'en firent honlieur^ disant avec Tertulliep : « Que Néron n'avait jamais » rien condamné que d'excellent. »
Ses atrocités excitèrenti enfin une révolte générale; le peuple pénétra dans le palaSs des Césars, demandant à grands cris la mort du tyran : alors Néron désespérant d'échapper à ses ennemis, et redoutant une fin cruelle, ordonna à un de ses esclaves de le percer d'un glaive.
Après la mort de ce monstre. Galba, qui avait pris les armes sur le bruit de la révolte de Yindex dans les Gaules, fat élevé sur le trône. Ce prince, cassé de vieillesse, aussi faible d'esprit que de corps, abandonna le gouvernement ^e l'empire à ses affranchis , qui pillaient ses trésors ; ce qui a fait dire à Tacite, que son règne était précaire. Son grand âge et ses infii*mités l'empêchant d'exercer les pénibles fonctions de chef suprême de l'état, il résolut d'adopter le jeune Piso, plus illustre encore par ses malheurs et ses vertus que par sa naissance. Mais Othon, le même qui avait eu la lâcheté de sacrifier Poppée sa femme à Timpudicité de Néron, prétendait a l'honneur de l'adoption ; il gagna l'armée par ses libéralités, et se mettant à la tête de ses partisans, il envahit le palais de Galba, massacra l'infortuné vieillard, et se fit proclamer empereur des Romains. Cet infâme usurpateur était voluptueux, prodigue, mou, efféminé, aimait les parures, et n'était diéri que des scélérats , à cause de laconforoiité de 9es mcBurs avec celles de Néron.
^9i HISTOIRE DES PAfES. ^ (1. 8.)
Dans la suite Othon effaça ]j0^réjugés déttvantageiix que sa conduite avait donnés de s^fi courage^ i^if^mie fin glorieuse qu'un poète élève au-dej»as de la mort* de Gaton.
Yitellius^ tout incapable qu'i\^ était de r^er, fut nommé empereur par Tannée d'Àllemasne^ qui l'amena en triomphe jusqu'à Rome. Ce prince saI)Ëmdonnait à tous les vices^ surtout à l'intempérance et à la cruauté. Dans un repas que son frère lui donna^ on servit dimu mille poissons des plus exquis et sept mille oiseaux des plus rares. Les chemins des deux mers étaient continuellement battus de ses pourvoyeurs. Pour arriver à la fortune ou aux honneurs', il suffisait de trouver le moyen d'assouvir son appétit, qui était non-seulement insatiable, mais encore sale et repoussant. Dans les sa^ crifices, il se jetait sur les entrailles des victimes à demi ouites, et dans ses voyages il idévorait tout ce qu'il trouvait dans les tavernes, des restes malpropres et à moitié mangés.
Insensé et cruel, il répandait le sang pour le plaisir affreux de le voir couler, et faisait périr sous les prétextes les plus frivoles ses anciens compagnons d'étude.
Quel devait être l'affreux état de Rome et de l'empire après avoir souffert dans une même année la tyrannie d'Othon et la cruauté de Vitellius!
Yespasien, que Néron avait envoyé dans la Palestine pour réprimer les Juifs rebelles , ayant appris que l'empire était déchiré en Occident par la guerre civUe, résolut de profiter des circonstances pour s'emparer du gouvernement. Il réunit ses légions à celles de Mucianus et chassa Vitellius de Rome : devenu maître de l'empire, il rétablit la discipline militaire, que les guerl-es civiles et les débauches des empe-