S.] CRIMES DES EMPEREURS
reurs avaient horriblement corrompue» et il s'appliqua également à réformer les lois de 1 état. Y espasien était ennemi des courtisans, aimaità entendre la vérité, et n'avait point de haines secrètes : naturellement bon^ il détestait la cruauté de ses prédécesseurs. Mais ces belles qualités étaient ternies par sa passion pour les femmes, qui l'entrsdnait à des actes de violence^ et par son avarice sordide, qui lui faisait vendre la justice.
Tite^ son fils, lui succéda^ et devint le meilleur des princes : On l'appelait « les délices du genre humain. » Si dans la journée il n'avait pas trouvé l'occasion de faire du bien , on lui entendait dire avec douleur ces beUes paroles, dignes des pins grands hommes de la république : « Âmis^ j'ai perdu » un jour! »
D était ennemi de la vengeance ^ et se montra aussi vertueux que ceux qui l'avaient précédé étaient cruels et corrompus. Enfin^ lorsqu'il mourut, les Romains disaient de cet illustre prince : (( qu'il devrait n'avoir jamais vécu ou vivre » éternellement !..... ))
* Domitien , fils de Yespasien et firère de Tite^ hérita de son sceptre , mais non de ses vertus ; car la Providence donne rarement de bons rois, comme pour indiquer aux nations que la puissance suprême ne devrait jamais être confiée aux mains d'un seul homme. L'histoire nous apprend que Domitien était orgueilleux , vain, présomptueux, avare, prodigue et cruel. D suscita contre l'Ëglise une persécution longue et inhumaine, dans laquelle un grand nombre de chrétiens expirèrent dans les supplices; d'autres furent relégués dans l'île de Patmos, où saint Jean écrivit ses Visions ou son Apocalypse. Ce cruel empereur prenait un grand plaisir à faire
M mSTOmE DES PAPES. [I. S.]
manger des hommes aux chiens; tous les jours il faisait égor* ger quelques sénateurs^ et par ses ordres on coupait les mains à de braves gens qui dans les guerres civiles s'étaient refiisés à prendre son parti ou lavaient suivi de mauvaise grâce; enfin y par une nouvelle torture dont on ne s était point encore avisée il faisait brûler ses amis dans cette partie qu'il avait offerte à PoUion et qu'il avait prêtée à Nerva.
Petronius Secundus et Parthenius^ chefs de la milice^ assassinèrent Domitien et déclarèrent empereur Marcus GocceiusNerva. Ce prince était bienveillant^ généreux, modeste et sincère : Martial le nomme le plus doux d^ souverains : dans les Césars de Julien^ Silène n'a rien à lui reprocher : et Apollonius^ attaché à la cour deNerva^ témoigne dans Philostrate qu'il ne l'a jamais vu se livrer à ses plaisirs : d'ajirès Kiphiliu;^ cet empereur disait de lui-même : « Qu'il ne se » trouvait coupable d'aucune chose qui l'empêchât de vivre )) en repos et en sûreté s'il quittait l'empire. » U fit rendre aux citoyens de Rome toutes les richesses qui se trouvaient dans son palais et que Domitien leur avait enlevées. Il donna pour un million d'écus d'or aux bourgeois romains qui étaient pauvres, et en confia la distribution aux sénateurs. Dans un temps où les malheurs publics exigeaient des sacrifices^ il fit vendre ses ameublements, ses robes, sa vaisselle d'or et d'argent, ses palais et totit ce qu'il regardait comme superflu, afin de n'être pas à charge à la nation. En reconnaissance, le peuple lui rendit de grands honneurs et voulut lui ériger des statues : Nerva refusa par un louable sentiment de modestie. D mourut, suivant ÂuréUus Victor, à l'âge de soixantetrois ans^ après un règne de seize mois.
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