‹ Histoire des papes (volume 3)Chapitre 15 sur 78 · SAINT ÉVARISTE · texte numérisé non relu

SAINT ÉVARISTE

TEÀJAN, 6* PAPE, ADRIEN^

'empenor. empereur.

Naissance d'Évariste. — Obscurité des docoments des martyrologes.

— Fausses décrétâtes.

D'après les Pontificaux, Ëvariste était Grec de nation; son père, nommé Juda^ était juif et originaire de la petite ville de Bethléhem.

Plusieurs anciens font mention de cet évèque^ et nous apprennent qu'il succéda à saint Ânadet, mais ils ne citent rien de particulier sur les fonctions de son ministère. On croit que le pontife établit là division ecclésiastique de la ville de Rome 9 en la partageant par quartiers^ et en distribuant les titres et les paroisses ; ce qui doit probablement s'entendre d'une nouvelle distribution^ que l'augmentation des fidèles rendait nécessaire. Il fit trois ordinations^ et conféra l'ordre de prêtrise à six personnes^ Tépiscopat à cinq et le diaconat à deux. Des traditions fort incertaines lui attribuent rétablissement de nouvelles institutions^ qui n'ont cependant été introduites dans l'Église que dans les siècles suivants.

D'après la chronologie^ saint Ëvariste mourut sous le

règne de l'empereur Adrien ^ l'an 121 de Jésus-Christ. Sui-

rmt les martyrologes^ il gouverna l'Ëglise de Rome neuf I 7

M HISTOIRE DES PAPC9. {lltJ

ans et trois mois : la Chronique d'Eusèbe ne lui reconnaît que neuf années d'épiscopat.

Par suite de Topinion qui a fait confondre saint Glet et saint Anaclet, les PontiQcaux fixent la mort de saint Ëvarîste à l'année 109 de Jésus-Christ; mais il n'est pas démontré qu'il ait souffert le martyre, quoique l'Église l'honore à ce titre.

Les prêtres lui attribuent deux décrétales qui ne furent jamais son ouvrage, et font remonter jusqu'à cet évéque l'usage de la dédicace ou de la consécration des églises, coutume imitée des païens, qui n'a été introduite que fort tard dans la religion chrétienne.

Sous le pontificat d'Êvariste s^éleva une nouvelle secte qui reconnaissait pour chef lin prêtre nommé Basilide : cet hérésiarque enseignait que Dieu le Père existait par lui-même, qu'il avait produit l'Esprit, qui à son tour avait créé la Parole; que celle-ci avait engendré la Prudence , d'où procédaient la Sagesse et la Puissance , dont les Forces , les Princes et les Anges étaient issus, et qu'enfin ces derniers avaient formé le ; monde et les trois cent soixante-cinq cîeux, d'où venaient les jours de l'année solaire ; 41s prétendaient que les Anges ayant asservi l'œuvre de leurs mains , Dieu le Père ou le souverain suprême avait envoyé son premîer-né pour délivrer • le monde ; et que l'Esprit s'était incarné sous la forme humaine. Basilide allirmait encore que le Christ dans le sacrifice de la croix avait pris miraculeusement la forme de Simon le Cyrénéen, que les Juifs avaient supplicié à sa place.

Clli.] HISTOIRE DE SAINT ALEXANDRE I"

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