‹ Histoire des papes (volume 3)Chapitre 16 sur 78 · ALEXANDRE T · texte numérisé non relu

ALEXANDRE T

ADRIEn, 7* PAPE. ADRIEN»

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Élévation d'Alexandre à i'épiscopat. — Les pères de l'Eglise en contradiction avec saint Irénée sur le martyre du pontife. — Les prêtres lui attribuent l'institution de Teau bénite, imitation de leau lustrale des païens. — Fourberie des papes. — Les reliques d'Alexandre I*' pourraient former une centaine de corps de grandeur naturelle. — Fausses décré taies.

Nous suivrons pour ces temps obscurs la même chronologie que le cardinal Baronius^ et nous placerons rélévation d'Alexandre sur la chaire de saint Pierre vers l'an 121 de Jésus^hrist et le deuxième du règne d'Adrien. D était Romain^ et son père se nommait Alexandre : sous son pontificat, l'empereur fit cesser la persécution que Trajan avait suscitée contre l'Eglise, et les chrétiens commencèrent à respirer.

Nous ne connaissons rien de particulier sur la vie et sur la mort du pontife : les actes dans lesquels se trouvent rap portés la captivité et le martyre d'Alexandre nous paraissent trop suspects pour mériter la confiance qu'on accorderait à des actes originaux et authentiques. Nous devons supposer qu'il mourut en paix^ d'après la manière dont en parle saint Irénée : cependant l'Eglise le met au nombre de ses martyrs» et lui accorde les honneurs de la canonisation.

On attribue au saint père l'institution de l'eau bénite pour chasser les démons ; celle du pain sans levain pour la con-

sécration , et celle du mélange d*eau avec le vin dans le calice, pour la célébration de la messe : Platine et le Père Pagi ont eu la simplicité d'adopter cette tradition fabuleuse. Le cardinal Baronius dit avec assurance que l'institution de Feau bénite n'appartient pas à Alexandre P', et la raison qu'il en donne paraît curieuse : d'après lui, une invention aussi sacrée ne peut venir que des apôtres, et il veut que nous leur en accordions les honneurs. Les protestants prétendent, avec plus de raison, que l'eau bénite est une imitation de l'eau lustrale, que l'Église a prise des païens comme beaucoup de leurs cérémonies.

L'époque de la mort d'Alexandre est placée vers l'an 152 de Jésus-Christ. Plusieurs villes d'Italie, de France et d'Allemagne, conservent des reliques de ce pontife; mais si on rassemblait tous ces ossements , on en formerait une centaine de corps de grandeur naturelle.

Au même temps et sous le règne de l'empereur Adrien eut lieu la destruction de Jérusalem ; cinquante forteresses furent rasées , neuf cent quatre-vingt-cinq bourgades furent livrées aux flammes, et plusieurs millions de Juifs &rent égorgés ou réduits en servitude.

Gomme les chrétiens n'étaient pas moins odieux aux Romains que les autres sectes juives, Adrien détruisit le saint sépulcre ; il éleva à l'endroit même où le Christ avait expiré une statue de Vénus Gallipyge, et transforma la grotte où Jésus était né en un temple qu'il dédia au bel Adonis.

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