‹ Histoire des papes (volume 3)Chapitre 22 sur 78 · HISTOIRE D'ÉLEUTHÈRE · texte numérisé non relu

HISTOIRE D'ÉLEUTHÈRE

monrut en paix dans Tannée 194 , et fut enterré au Vatican^ s'il faut en croire le Pontifical de Damase. Le Martyrologe moderne et le Bréviaire romain lui accordent la qualité de martyr , et indiquent le jour de sa fête dans ToflSce de l'Ëglise.

Son corps est conservé au Vatican, où Ton célèbre en son honneur de grandes solennités : la ville de Troyes^ dans la Fouille , prétend également posséder le corps de cet évéque. Du reste ce n'est pas le premier exemple de la fourberie des prêtres, qui ont multiplié les reliques pour extorquer les offrandes des fidèles.

Pendant le pontificat d'Éleuthère, saint Clément d'Alexandrie écrivait les Stromates ou titres de la philosophie chrétienne. Un des passages les plus remarquables de ses ouvrages est celui qui traite du mariage : saint Clément rapporte d'abord les diverses opinions des philosophes . <( Démocrite » et Ëpicure, dit-il, regardaient le mariage comme la princi- » pale source de nos douleurs ; les stoïciens le considéraient » eomme un acte indifférent, et les péripatéticiens, comme le » moindre de tous les maux ; mais tous ces philosophes ne » pouvaient pas le juger sainement, étant adonnés aux pra- )) tiques infâmes de la sodomie.

» Dans la religion chrétienne, le mariage est une institution » morale ; la conformation naturelle de notre corps nous le » commande, et le Créateur nous a dit : Croissez et multipliez. » D'ailleurs n est-ce pas la plus grande perfection dont )) l'homme soit capable que celle d'engendrer des êtres qui )) lui succéderont éternellement dans la série des âges 7 Le » mariage est le penne de la famille* la pierre angulaire de

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» rédîfice social; et les prêtres chrétiens doiyent les premiers D eu donoer l'exemple en contractant des unions sacrées.

» Les nicolaîtes, les disciples de Garpocrate et de son fils » Epiphane , ont prêché la communauté des femmes , et se » sont rendus coupables d un grand crime devant Dieu ; et » cependant ils sont moins coupables encore que les marcio- D nites, qui tombant dans l'excès contraire, ont renoncé aux » douceurs du mariage » pour ne pas augmenter le nombre » des fils de l'humanité. Je blâme Tatien, qui prétend que le 1) commerce des femmes détourne de la prière ; et je con« » damne également Jules Gassien, qui, en haine de la généra- D tion» affirme que le Ghrist n'a jamais eu que les apparences » des parties, viriles du corps humam.

)) Tous ces hérétiques ont pareillement condamné ceux qui » soutiennent avec raison que l'homme doit user, selon le » libre arbitre, de la liberté que Dieu lui a donnée de prendre » une femme : les uns prétendent que toutes les voluptés , » même le péché contre nature, sont permises aux fidèles; les » autres^ bien difiérents des premiers, poussent la continence >) à ce points qu'ils regardent comme sacrilège toute union de » la chair et condanment jusqu'à leur propre origine. Ges » insensés veulent imiter le Ghrist , sans considérer que )) Jésus n'était pas un homme ordinaire, et refusent obstiné- » ment de suivre l'exemple des apôtres saint Pierre et saint » Philippe , qui étaient mariés et avaient un grand nombre « d'enfants... »

flM.) mâTOIRE DB SAINT YIGTOR. 11»

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