‹ Histoire des papes (volume 3)Chapitre 25 sur 78 · ZÉPHIRIN · texte numérisé non relu

ZÉPHIRIN

SBPTIMB SEVERE,

HACRIX,

CABACALLAy

HÉLIOGABALK,

aiipef6iin.

empereurs.

Les éyèques de Rome usurpent une autorité despoti<{ue sur les autres Eglises. — Naissance de Zéphirin. — Fable ridicule du Saint- Esprit sous la forme d'une colombe. — Le pape devient hérétique. — Nouyelle persécution. — Lâcheté du pontife. — Il excommunie les montanistes. — Son indulgence pour les femmes adultères. — Histoire remar<{uable d'un hérétique fouetté par les anges . — Fausseté évidente du martyre de Zéphirin.

Il est une vérité généralement admise^ c'est que les meilleurs et les plus saints règlements se corrompent lorsqu'ils accordent trop de puissance à un seul homme ; et l'institution de Tépiscopat nous en offre une preuve frappante. La haute dignité de pontife changeait l'esprit de ceux qui en étaient revêtus , leur inspirait de l'orgueil , et flattait tellement leur ambition, qu'ils se regardaient comme les supérieurs des autres ministres de la religion. On remarqua surtout ce changement à Rome, comme si cette maîtresse du monde ne pouvait souffrir dans ses entrailles que des princes et des rois.

Les évéques de la ville sainte commencèrent vers la fin du

second siècle à s'attribuer sur les autres Ëglises une juridiction qu'ils n'avaient pas reçue des ûpôtres, et dans le troisième ils avaient déjà abandonné les préceptes d'humilité donnés par le Christ. Le premier siècle de TËglise était d'or, pour nous servir de l'expression du cardinal de Lorraine ; mais à mesure qu'on s'est éloigné des temps apostoliques y la cor- -ruption a toujours augmenté, et le despotisme du clergé s*est appesanti sur les peuples. Victor avait préparé la domination des pontifes, et ses successeurs ne négligèrent dans la suite aucune occasion d étendre leur puissance.

Zéphirin, qui gouverna rEglîse de Rome après saint Victor, était Romain et fils d'Âbundius. On attribue son élection à Tapparition miraculeuse du Saint-Esprit sous la forme d une colombe.

Quelques historien^ affirment que le saint-père s^était laissé surprendre aux artifices des montanistes, et que Praxéas le détrompa avant de tomber lui-même dans l'erreur. Sous le pontificat de Zéphirin, la persécution redoubla par un édit de Tempereur Sévère, et 1 evêque de Rome abandonna son troupeau pour éviter le martyre. Lorsque le calme eut succédé à la tempête , le pontife reparut , et pour faire oublier sa lâcheté, il poursuivit les hérétiques; il excommunia les môntanistes, et avec eux Tertullien, qui avait embrassé le parti de ces novateurs.

La chute de ce grand homme affligea profondément les fidèles, qui attribuèrent la cause de son apostasie aux fâcheux traitements qu'il éprouva et à la jalousie des ecclésiastiques. L'excommunication du pape avait soulevé findtgnsitiott générale, et la mauvaise réputation que son detgé

[tSl.] HISTOIRE DE ZÊPmRm. 111

s'était acquise fit remonter jusqu'à lui le blâme universel.

A la même époque, Origène, banni pour la foi chrétienne» Tint dans la capitale de l'empire trouver Zéphirin, dont il fut favorablement accueilli. Les auteurs gardent le plus profond silence sur les actions de ce saint évéque : ils disent cependant qu'il recevait en grâce les adultères qui témoignaient du repentir de leurs fautes, et ils l'accusent de mollesse et de relâchement dans la discipline, pour avoir traité aveo douceur les femmes coupables, pendant qu'il fermait les portes de l'Eglise aux idolâtres et aux homicides.

Les légendes racontent également une conversion miraculeuse qui eut lieu vers la fin du pontificat de Zéphirin : un confesseur, nommé Natalis, par un sentimait d'avarice avait embrassé le parti des théodotiens; mais il fut rudement fouetté pendant toute une nuit par les saints anges ; ils le cou<* vrirent ensuite d'un sac, répandirent sur sa tète des nuages de cendres et l'amenèrent aux pieds de l'évéque^ qui reçut son abjuration et le fit rentrer dans la communion des fidèles.

On ne peut fixer d'une manière certaine ni le jour ni même Tannée de la mort de Zéphirin, et quoique l'Ëglise lui décerne les honneurs du martyre, on doute avec raison qu'il ait répandu son sang pour la foi chrétiennOé

D'après les Pontificaux > on établit l'époque de sa mort vers l'année 221 : il fut enterré dans le cimetière de Gallisle^ aor le chemin d'Âppius*

Gomme nous avons déjà parlé d'Origènç, il devient utile de faire cocnaître ce nouveau chef d'hérétiques» dont la secte prit un grand accroissement pendant la fin du siècle, Origène

laa HISTOIRE DES PAPES. [221.]

avait été élevé par les soins d une riche dame chrétienne, qu'il abandonna plus tard pour vivre dans l'isolement le plus absolu et le jeûne le plus rigoureux , ne buvant que de l'eau de pluie et ne mangeant que des herbes cuites à l'eau ; il poussa le fanatisme jusqu a exercer sur lui-même l'affreuse mutilation des eunuques , opération défendue par les lois de l'Ëglise. « Malgré cette grande faute, ajoute le pieux légen- )) daire , il fut ordonné évèque par Alexandre , primat de » Jérusalem, à cause de son éloquence et de son grand savoir, » qui en faisaient l'une des lumières de F Église. »

Les doctrines d'Origène étaient cependant assez singulières ; il prétendait que dans le principe du monde , Dieu avait créé un grand nombre d'esprits égaux en puissance , différents en essence ; et que la plupart d'entre eux avaient failli ; qu'alors, pour les punir de leur chute, Dieu les avait enfermés dans des corps de formes diverses, et qu'ensuite ces purs esprits étaient devenus des âmes , des anges , désastres^ des animaux ou des hommes. Gomme conséquence de cette idée première, il affirmait que les âmes étaient matérielles; que les anges étaient sujets au bien ou au mal; il prétendait que les bienheureux pouvaient encore pécher dans le ciel, et que les démons ne devaient pas être éternellement ennemis de Dieu. « Mais cette conversion de l'es- » prit du mal ^ ajoutait Origène , n'arrivera qu'après une » longue suite de siècles et quand un nombre considérable » de mondes auront succédé au nôtre ; car les temps n'ont » jamais été et ne seront jamais sans monde, parce que Dieu » ne saurait rester oisif. »

[au.] HISTOIRE DE GALLISTE I». 133

CALLISTE r,

Page 1