SYLVESTRE
eoirsTAHTiir, 34* PAPE. coirsTAinnir,
empenor. empereur.
Naissance de Sylyestre. — Concile d'Ancyre. — Concile de Néocésu'ée sur les adultères des femmes des prêtres. — Célibat des gens d'église. — Un éyèque se vante d'avoir dans son diocèse onze mille prêtres concubinaires. — Désordres dans les couyents. — Hérésie d'Anus. — Il est exilé. — Secte des eunuques valésiens. •— Les prêtres devraient imiter les yalésiens. — Les jolies servantes dans les maisons des cnrés. — Un saint évêque s'oppose k la loi du célibat. — Son opinion est adoptée par le concile. — Fourberie des prêtres sur la vraie croix. — On pourrait chauffer tous les habitants de Paris, pendant le plus rude hiver, avec les morceaux de bois exposés à l'adoration des fidèles. — Le pape Sylvestre est accusé d'avoir abjuré la religion chrétienne en sacrifiant aux idoles. — Sa mort.
Sylvestre , Romain de naissance , était fils de Rufin et de Juste^ femme d'une grande piété. A son avènement au pontificat^ l^Ëglise n'avait point d'af&ire plus importante en Occident et en Afrique que celle des donatistes : le saint-père obtint de l'empereur la tenue d un nouveau concile dans la ville d* Arles, et les hérétiques furent anathématisés et retranchés de la communion des fidèles.
On rapporte à la même époque le concile qui se tint à Ancyre, et qui est devenu célèbre par ses canons. Le dixième est ainsi conçu : « Si les diacres » à leur ordination^ ont pro»
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)> testé qu'ils prétendaient se marier, ils resteront dans le )) ministère avec la permission de 1 eTéque ; mais s'ils n'ont » fait aucune protestation avant leur ordination, et s'ils con- » tractent un second mariage , ils seront privés dn mitti^ » tère. )) Ce qui nous confirme dans l'opinion que le célibat des prêtres était inconnu du temps des apôtres et longtemps après eux. Cependant il est impossible de déterminer depuis quelle époque les ecclésiastiques ont mieux aimé « brûler )) que de se marier. » Les historiens indiquent que dès le troisième siècle^ les prêtres étant plus exposés aux fureurs des persécutions que les simples fidèles^ trouvèrent difficilement des femmes, et s'accoutumèrent à vivre dans le célibat.
Le concile de Néècésarée eut lieu quelques mois après^ et une partie des mêmes évoques assistèrent à la nouvelle assemblée : les pères firent plusieurs règlements pour la discipline ecclésiastique; dans le premier canon^ ils défendent aux prêtres de se marier^ sous peine d'être déposés; dans le huitième, ils permettent à ceux qui étaient mariés avant de recevoir les ordres sacrés de rester avec leurs femmes, eC de les quitter seulement quand elles seraient convaineaes d adultère ; cet usage s'est toujours conservé dans l'Eglise grecque.
Le £auneux Corneille Agrippa blâmait sévèrement la loi qui obligeait les ecclésiastiques à se priver de* femmes ; U accusait les évêques contraires au mariage des prêtres de souffrir le concubinage parce qu'ils en retiraient de grands revenus. U ajoute qu'un certain prélat se vanta publiquement d'avoir dans son diocèse onze mille prêtres concubinaires , qui lui donnaient un éou d'or tous les ans, pour tolérer leurs mai-
IM.] HISTOniB PE SYLVESTRE. SU
tresses : œ motif Mul lavait eagagé à s'opposer au mariage des prêtres.
Dans le symnle^ les pères observèrent que le mariage entratnait à des occupatioDS terrestres et sensuelles qui détournaieat les ministres des devoirs qu'imposent le sacerdoce. Mallieareusement les promoteurs de cette jurisprudence n'a- ▼aiait pas assez étudié la nature lorsqu'ils établissaient la loi
du célibat : avec plus d'indulgence pour les passions humaines, ils auraient prévenu les débauches scandaleuses des prêtres et les désordres des couvents.
Sous le règpe de Constantin, TËglise entrait dans un état de grandeur et de prospérité qui fiit bientôt troublé par Arius, chef de secte, né dans la Libye. Eusèbe, évêque de Nicomédie, avait pris la nouvelle hérésie sous sa protection» et il contribua puissamment à sa propagation^ Ce prélat, fin et rusé, avait attiré dans son parti Constantia; sœur de lemperonr, dont il avait obtenu les bonnes grâces ; et par sa &- Teur le parti d'Arius fit des progrès rapides. Plusieurs évèques accueillirent &vorablement le ùouveau schisme, et soulevèrent des disputes terribles et des combats sanglants. Alors l'^npereur Constantin , pour arrêter ces désordres^ fit asBemUw le pranier condle général de Nicée^ et Ion amdamna la doctrine des ariens.
Arius enseignait une trinité dans laquelle Dieu le Père était âevé au-dessus des deux autres personnes; il regardait le Christ ccHume la première des créatures^ et prétendait que Dieu l'avait adopté pour son Fils^ mais que ce Fils n'avait rien de la consubstance paternelle, qu'il n'était ni égal au Père^ ni consubstantiel avec lui ^ ni éternel^ ni coétemel:
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que le Fils n était point avant qu'il fût fait ; qu'il avait été créé de rien comme tous les êtres de la création^ qu'il n'était* point le vrai Dieu, mais un dieu fait par participation.
Les auteurs prétendent que l'obscurité de la matière contribua beaucoup à l'établissement de l'hérésie. Ils ajoutent que dans la suite Arius^ ayant abjuré ses sentiments en présence du concile , demeura en paix avec l'Église ; d'autres soutiennent avec plus de vérité qu'il fut exilé^ et ik citent un décret de Constantin qui ordonnait de brûler ses écrits et menaçait du dernier supplice ceux qui auraient la hardiesse de les conserver. Arrêt bizarre qui condamnait au bannissement Arius et ses disciples^ et ordonnait la peine de mort contre ceux qui conservaient les ouvrages hérétiques !
La grande question sur la célébration de la Pâque fut ^lement agitée et décidée par le concile de Nicée. Les pères convinrent de la célébrer le même jour dans toute l'Église, et les Orientaux promirent de se conformer à la pratique de Rome, de l'Egypte et de l'Occident. Ils firent ensuite un canon sur les eunuques : ils permirent à ceux qui avaient été mutilés par les chirurgiens ou par les barbares de rester dans le dergé^ et prononcèrent l'interdiction contre ceux qui s'étaient opérés eux-mêmes. Le jugement des pères fait connaître que le zèle mal entendu de la pureté avait porté plusieurs prêtres à imiter Ojrigène : la secte des valésiens se distinguait par cette cruelle pratique : ils étaient tous eunuques y et défendaient à leurs disciples de manger la diair des animaux jusqu'à ce qu'ils eussent subi la même opération; ensuite ils leur donnaient toute liberté, les regardant cx>mme en sûreté contre les tentations.