CONSTANTIN, 35* PAPE. CONSTANTIN
empereur. empereur.
Élection de Marc. «— Obscurité de son histoire. — Écrits supposés.
— Réfutation des protestants.
D'après la plus exacte chronolpgie, Marc, Romain de naissance et fils de Priscus , fîit élu le 18 janvier de Tan 336 pour gouverner FËglise. Son pontificat dura huit mois , et toutes ses actions sont inconnues.
Dans les ouvrages de saint Athanase on trouve une )ettre des évèques d*Ëgypte au pape Marc^ par laquelle ils lui de* mandaient des exemplaires du conc3e de Nicée; mais, les protestants la regardent comme une pièce supposée. Les savants de notre communion repoussent l'authenticité de cette lettre et de la prétendue réponse du pape y dans laquelle il prend le titre orgueilleux d'évêque universel.
Le saint*père mourut le 7 octobre 336 : il fut enterré dans le dmetière de Galliste.
Pendant le pontificat de Marc et sous les règnes de ses successeurs, la nouvelle capitale de Tempire, élevée sur remplacement de l'antique Byzance, continuait à prendre un accroissemmt considérable. D'après Fhistorien Sozomène , son enceinte avait déjà quinze stades de circonférence : l'intérieur de la ville était divisé comme l'ancienne Rome en quatone quartiers; les places étaient entourées de galeries
9n HISTOniE DES pàpeb. \m.]
couvertes ; les principales rues venaient aborder à un magni- Gque forum où s'élevait une colonne de porphyre supportant la statue de Constantin. L'empereur habitait un palais somptueui^i en avant duquel on avait construit un cirque imioeose, un hippodrome pour les courses de chevaux, de^ stades ou carrières pour les courses pédestres, et un amphithéâtre pour les combats de bétes. Constantinople renfermait en outre plusieurs théâtres, des portiques ou galeries pour les promenades, des bains^ des aqueducs, et un grand nombre de fontaine! ; le prince avait fiât construire un capitde peur r^^eignomeAt des lettrée et dee sciences, un prétoire oa pelait de justioe, dee greniers publics, des eetrades à degrés pour let distributions de grains faites aux citoyens qui blttiaseieQt la ville, et auxquels Constantin avait alloué une veoÊ/b ptfpéliialle payable en grains à eux et à leur fiunille. Lfi cfipitale s'eariolut mèiQe aux dépens des autres villes des pkui belles etatues de la Grèce 1 1* Apollon Pythièn y le Smintfaiea et le tr^ied dg Delphes décoràrent Thippodrome ( les muses d'HéUeon et la tél^e statue de Rhëe du mont Didyme ttmfit placées dent le palais impérial. Mais oe qui caractérisa {dus partÙNilièreBunt ee rogne fut le grand nombre de basiliques Êfarétinaes que l'on éleva à Constantinople; la cathédrale appd^ êaàntèr Sophie et Téglise des Douée ApÀtres, bâties endorme de eroix, attu*aient Tadrairation par les splendeurs de leur avdbiteo^ ture ; le prhice destinant cette dwntk'e à sa a^^idtiire» y fit tailler un riche tombeau de marbre précieux u mîlîea des douze sépulcres des Apôtres , a espà*ant , oit Eosèfae de n Gésarée, p«llcipw après sa mort à la gloire de ees priacâi » de Vt^. n
(an.] HISTOIRE B£ JUUM i*.
JULES r,
GONfTAlITIir, OOMTAXGBf
«npereur. 36« PAPE. BT S»§ FRiEB9<
Éfection de Jnles. -« Baptômè de Constaiitiii afaot iâ mort* — *- A eêt canonisé dans Ttiglise grecque. — Saitit Athanaie eat aocasé dé
plusieurs crimes. — - Concile d'Antiœhe. -^Le pape est. maltraité par les évèquea d'Orient. — Ëtat déplorable de rÉgllse. •^ Querelles ridicules. — Mort du pape Jules. -^'Son iliiailU* bilité mise en défaut.
Le eainlreiége resta Tâcant plusieura moisj ensuite l^ùa, Romain de naissance^ fîit élu pour roccuper» Peu de tempe après 1 eléyation du saint«père^ Constantin se retira à By^ zanoe pour échapper à l'exécration du sénat, du peuple romain, et même d^ chrétiens, qu'il avait comblés de bîen&ûts» L'oQipereur se fit enfin administrer le bapttote^ qu'il avait diifi^ré jusqu'au dernier moment de sa vie^ et embrassa la christianisme non par conviction, mais par politique* Sca* liger dit en parlant de ce prince : « Il était aussi peu chré** » tien que moi Tartare* » L'historien Zozime l'accuse égale* ment de s'être converti à la religion nouvelle parc« qu9 les prêtres du paganisme lui refusaient l'expiation des crimes énormes qu'il avait conmiis, tandis que la religion chrétienne lui offrait une absolution pleine et entière» Les prêtres grecs ont cependant placé ce monstre dans leur Ménol<^6f et ils rbonorent comme un saint.
Peu de temps après sonb*ptême il monnUf «( laisMipsr
mSTOIRE DES PAPES. (938.]
son testament^ l'empire à ses trois fils et à ses deux neveux.
Les sectateurs d'Ârius faisaient chaque jour de nouveaux progrès ; 'ils séduisirent Gonstantius^ qui avait en partage TÂsie, rOrient et TËgypte. Mais lempereur Constantin le jeune^ qui régnait en Espagne, en Gaule^ et dans toutes les contrées qui sont au delà des Alpes ^ protégieait les ortho* doxes : saint Athanase fkt rétabli dans son église d'Alexandrie, où U fut e&core exposé aux calomnies de ses ennemis, qui l'accusèrent d'avoir commis des meurtres , et excitèrent de. violentes séditions dans son diocèse.
Afin de faire cesser le scandale^ le patriarche Eusèbe assembla dans la ville d'Antioche un concile de quatre-vingtdix-sept évoques pour juger Athanase. Aucun des évoques d'Italie, de l'Occident, ne se présentaient au nom du pape Jules ; et le concile, présidé par Eusèbe^ voulut encore chasser saint Athanase de son siège. Oh décida en faveur des ariens les différents articles de la foi^ et l'on composa viifgfr cinq canons de discipline^ qui depuis ont été reçus dans toute TËglise. Le deuxième canon est surtout remarquable : les pères condamnaient sévèrement ceux qui entraient dans les temples avec un esprit de désobéissance ou de smgukrite, et refusaient de se joindre à la prière et à la communion; ils ordonnaient qu'ils fussent chassés de l'Eglise. Ce qui démontre que dans les premiers siècles du christianisme, les fidèles assistant aux assemblées chrétiennes avaient pour habitude de participer au mystère de l'Eucharistie.
Les partisans d'Eusèbe adressèrent à Rome des lettres remplies de railleries et de plaintes sur les liaisons que le
(SU.] mSTÔIBE m JULES K
saint-père entretenait avec Athanase^ et sur ses prétœtioiis de rétablir dans leurs sièges les évêques déposés par les conciles : ils remirent ces lettres aux diacfies Elpidius et Philo;;iène, que le pape avait envoyés à Ântioche^ en leur ordon* nant de rapporter dans le plus court délai la réponse du pontife. Jules assembla aussitôt un nouveau concile pour juger la cause de saint Âthanase, et il écrivit à l'empereur Constant pour lui faire connaître la persécution que Ion faisait souf&ir à ce prélat et à Paul de Gonstantinople. Le prince s'adressa à Gonstantius^ son frère^ le priant d'envoyer trois évéques pour lui rendre compte de la déposition, de Paul et d'Athanase. Les ambassadeurs se rendirent dans les Gaules^ d'après les ordres de 1 empereur : m«is l'évéque de Trêves ne voulut point' les recevoir à sa conununion ; et ceux-ci^ de leur côté^ refusèrent d'entrer en conférence avec lëvéque d'AJexandrie^ prétendant n'avoir point à justifier le jugement des Orientaux ^ et ils se contentèrent de remettre entre les mains de Constant la nouvelle profession de foi qu'ils avaient composée depuis le concile.
L'Église était alors dan$ un désordre. efi&^yant : le^ évè^ ques et les pèr^ se lançaient des anathèmes terribles ; l'assemblée de Sardique prononça une condamnation contre les ennemis de saint Athanasey et huit des principaux chefs de la faction furent déposés et excommuniés. Les eusébiens^ de leur côté, confirmèrent ce qu'ils avaient ordonné contre Athanasé et ses adhérents ; ils déposèrent Jules, évêque de Rome, pour les avoir admis à sa communion, et Osius de Gordoue, pour avoir été lié d une amitié particulière avec Paulin et Eustathe, évéques d'Antioche. Ils excommunièrent
Mtdbttfn^ évê(|!iè dé Tfè^fM; déposerait Pralôgtee^ év^ xfM d» Siidiqii«| et Gaudence ; Tun parce qu'il favorisatit MâMêi, qui avait enoouru une condamnatioii^ Tautre parce t^'il avait soutenu les prêtres déposés. Les Églises d'Orient et d'0eci4eiit se trouvèrent ainsi divisées et ne eonimamquèrent plus entre elles pendant plusieurs années : enfin Grégoire^ usurpateur du aiége d'Âle&andrie, étant mort^ Tempereur Gonstantius rappda saint Athanase et le réIaMit 4 la lAte.de «en traupeau.
De nduvelki liéréries s'élevèrant encore sous le poviificat do Joka ; maii Thistoire ne nous dit point st lé saint-père les pralégsait ou s'il les eombattait. Il mourut le 18 avril de Tan 38t^ après avoir gouverné l^Ëglise de Rome pendant quima ans^ et fiit enterré sur le chemin d'Auràle^ dans le ometière de Saint^Gallepode.
Joles^ avant sa mort , 6*était laissé séduire par l'hypocrisie d'Ursace et de Vaiens, qui avaient simulé une réconciliation avec saint Athanase pour traTailler plus eflScaoement à sa perte : et le Saint-Esprit^ suivant les promesses de TËvarn g^e, ne déotwivrit point au pontifia les artifices de ces évè ques^ qull reçut à sa communion.
Gritien et Yvon nous ont conservé plusieurs décrets de Jttlfls» dans lesqui^ le satnt-père tx>ndamne l'usure.
(m) «iîOIMI DR WiEKIS.