‹ Histoire des papes (volume 3)Chapitre 62 sur 78 · LÉON I · texte numérisé non relu

LÉON I

CHILBÉEIG,

ZéNON,

roi

empcreun.

des Franks.

Naissance de Simplicius. — II s'oppose aux Volontés de Léon. — -^ Troubles d'Orient. — Zenon est chassé du trône. — Il reprend la couronne. — Le pape l'engagé à persécuter les eùtychiens. — Jean Talaïa. — Démêlés graves entr^ Simplicius et le patriarche de Constantinople. — Audace du pape. — Sa mort.

Tibar, ville située dans l'ancien Latium et appelée aujourd'hui Tivoli, était la patrie de Simplicius, fils de Gastin.

Dès que l'empereur Léon fut informé de l'élection de Sim« plicius, il lui écrivit pour l'en féliciter, et le pressa en même temps de confirmer le concile de Ghalcédoine, qui élevait le si^e de Constantinople au second rang de la dignité épiscopale : Simplicius s'opposa avec obstination aux volontés du prince.

Après la mort de Léon, son successeur Zenon monta sur le trône ; mais bientôt l'usurpateur Basiliscus, étant parvenu à faire révolter les troupes, chassa le nouveau monarque et s'empara de l'empire d'Orient. Son premier soin fut de rétablir les prélats eùtychiens que Léon, à l'instigation du pape, avait persécutés avec une grande rigueur.

Acace, patriarche de Constantinople, seul parmi les évoques rehisa de se soumettre aux ordres du tyran , et fit appuyer sa résistance par le peuple et par les prêtres. Le

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saint-père approuva d'abord la conduite du généreux Acace ; ensuite, les moines lui ayant donné avis du retour de Timothée Elure^ qui cherchait à exciter des séditions pour se faire rétablir sur le siège d'Alexandrie, Simplicius eut la lâcheté d'écrire au patriarche qu'il l'autorisait à imiter l'exemple de son légat, et à se joindre aux prêtres et aux moines, pour ae rallier autour du tr6ne de Basiliscus, si le prince consentait à exclure Timothée du siège d* Alexandrie,

Sa Sainteté accusait ce prélat de partager l'hérésie d'un moine africain qui, après s*ètre livré à de profondes et minutieuses recherches sur l'authenticité de la venue du Fils de Dieu sur la terre, était arrivé à cette remarquable conclufflon : a Jésus n a pu* existé. » A l'appui de son opinion^ ce religieux invoquait le silence de Philon, célèbre docteur juif qui écrivait à répoque où Ton place la mission du Christ ; il prouvait que dans les ouvrages de Flavius Joseph, qpi florissait au milieq du premier i^iècle de notre ère, le passage où il est question de Jésus renferme des interpolations ffomkrea qui n'e^ûfe taient pas du temps d'Origène , c'est-à-dire en 35?, puisque ce Père témoigne dans ses ouvrages une grande surprise dQ l'oubli absolu que Joseph avait fait de Jésus. Il faisait paiement ressortir l'invraisemblance de la condamnation da Fils de Dieu, que l'Evangile prétend avoir été jugé par Anne» par Gaïphe, par Pilate, ensuite par Hérode, qui n'avait aucune autorité judiciaire en Judée, et en dernier lieu condanuié par Gaiphe et supplicié ; le tout dans l'intervalle de six h^uras. Le docte moine soutenait qu'en admettant même l'authentLoilé du passage de Flavius Joseph, on ne pouvait en tirer la pon* séquence de la divinité de Jésus, « car, disait-il, cet histoHvt

[^8.] HISTOIRE VB SIlfPUGIUS. ||«9

p^rl^ ^e la révolte dp pepplp juif cqptre Pilate, de I^ rér )) ^jstai)cp pqurageusG des chefs des insfirgës y ^q leur coiit p stance au milipif des supplices ; il ^numère iQ^gH^^^^f )^

1) noms e% qi^alités de ^imon et ^e Jqde, procf^ipés foi^ pei)T y dant la révolte , cje Judas le Gali|éeii et 4vi ph^ipipB D SadduCj fondateurs et phefe des patriotes zé)afef|rs; 4^ » Jacques, de Manahem, du thaumaturge Jq^athas^ 4^ Sivo^ » le Magicien ef; de Simon Bafjone ; tandis qu'au coptf^ire }) i} ne consacre qu'un petit pondre de Ijgpes pqur raconter )) qu'un prolétaire nomipé Jésus avait annoncé 1^ de$^c- )} f ipp du teipple et le sac 4^ 1^ yiUe de J^rus^lpm ; qf i} ne

2) parle pqiqt de sa doctrjpje, de ses disciples, d& ses ppraples. >) 4e w paprf nj 4e sa réswrrectiqn. » ^.fi moine ^îp^jj at^ec^ît en outre que Jpste Tibéri44e^ conteippqr^iA 4fi Fl^yÎHi; et des prétendus 4isciples du Oppig]:, p'avait jamais ^it mentjqif pi 4u Sauveur ni 4p ses apôtres d^ms spn Hk?

toire des Jqifs-

Lft lettpe du ^4int Vk^e pqptrp Tiippth(fe Elwe e^ gon protégé agi( pwçwmpipm sur l'esprit 4'A«ce, qiji «oron^enç»

aussitj&t de^ ppurspites contre ces béfétiques.

ZénoQ, prqfitant des désordres que les ortbQ^wss Qt les eutychiens fomentaient dans les provinces de l'empire, veyint à Copstantinople à la tête d'une armée, chassa à son tonc l'usurpateur et remonta sur le trône. Acace s'empreçsa d'envoyer ausajnt-père la relation des événemei^ls de cette contrerévûlation^ et de tout ce que les hérétiques avaient tenté pouc Kssaisir leur influence : il lui demandait en même temps un plan de condpite. Simpiicius, changeant d'opinion avec une Tersatilité étonnante, répondit que ce n'était plus de Basiliscus,

mais de Zenon, après Dieu, qu'il fsdlait attendre du secours pour TEglise ; et il l'engagea à supplier le prince de publier une ordonnance pour exiler les évoques que Timothée Elure avait ordonnés. L'empereur craignant d'exciter la colère de Tévêque de Rome, qu'il avait besoin de ménager pour se maintenir sur le trône, accéda à ses désirs, et persécuta les eutychiens avec la plus grande violence.

Le siège d'Alexandrie étant devenu vacant par la mort de Timothée , les prêtres nommèrent pour son successeur Jean Talaïa, sans même attendre la permission de l'empereur. Zenon , irrité de leur audace, chassa le nouveau prélat, qui pour s'en venger en appela au pape. Mais déjà l'influence formidable de Rome commençait à diminuer en Orient, et le saint-père ayant voulu réprimander à ce sujet le patriarche de GonStantinople, il lui fiit répondu simplement que les Orientaux ne reconnaissaient point Jean Talaïa pour évéqae d'Alexandrie, parce que la chose leur convenait ainsi.

Les afiEsdres d'Orient donnaient au pontife de grandes occupations ; cependant il ne négligeait pas celles de l'Occident, connue il parut par les réprinuindes qu'il adressa à Jean, métropoUtain de Ravenne, qui avait consacré Gr^oire évêque d'une Église sans son consentement : de son autorité privée, il transféra le nouveau prélat dans le diocèse de Modène, et l'affranchit de la dépendance de l'archevêque.

Cette audace apostolique donnait de vives inquiétudes à Jean de Ravenne et au patriarche Acace, qui craignaient de soulever de nouveaux désordres dans l'Eglise ; bientôt tontes leurs craintes cessèrent par la mort du pontife , qui eut lieu au conunencement de l'année 483.

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