‹ Histoire des papes (volume 3)Chapitre 61 sur 78 · HILAIRE · texte numérisé non relu

HILAIRE

LÉoa l", GBIUktelC,

sÉTÈu, 48* PâPE. rai

AHTHÉMlUfl. de Franea.

Naissance d'Hilaire. — Affaire d'Hermès, évèqae de Bézîers. -<— Le pape persécute saint Hamers. — Violence du pontife*. — Modération de l'éféque. — - Hilaire étend sa domination sur la Gaule et sur l'Espagne. — Intolérance du pape. -^ Sa mort. — Caractère de son pontificat.

Hilaire était de Sardaigne et fils de Grispinus. On ne sait rien de son éducation, ni des actions particulières de sa vie avant son pontificat; l'histoire parle< seulement de son ambassade au concile d'Ëphèse^ où il avait été envoyé parsaint Léon pour soutenir les droits de Févèque de Rome.

Dans le cours de la première année de ce règne^ se renouvela» l'ancien scandale des .appellations à Rome. Un nommé Hermès était parvenu^ par ses intrigues, à se faire ordonner évéque de Béziers malgré les habitants, qui ne ^voulaient pas de lui à cause des crimes de sa vie passée^ qui le rendaient indigne de Tépiscopat ; mais le nouveau prélat s'étant adressé à la cour de Rome , aussitôt le pontife écrivit à Léonce d'Arles, pour lur demander un rapport sur'les mœurs et sur la conduite d'Hermès, afin qu'il pût interposer son jugement dans cette affaire; ensuite, sans même attendre la réponse de Léonce, il assembla un concile, et confirma Hermès dans son évêché, en lui interdisant néamnoins de consacrer des prêtres.

BDIOIRE DBB PAPES. [h$L]

Saint Mamers , évèqne de Vienne , célèbre dans toute ht Gaule par sa piété^ acquit uiie nouville gloire par la persécution qu'il éprouva de la part du pontife» voici à quelle occasion : Un prêtre ambitieux ayait porté des plaintes à Rome contre Mamers, qui, repoussant ses prétentions à rëvéché de Dié, avait donné ce siège à un vieiUard vénérable. En cela, il futt approuvé par Léonce d^Ârles et par le synode de la province, qoi s'empressèrent d'écrire au pape que l'action de saint Mam^« était juste et équitable ; maïs Hibîre^ voulant augmenter le pouvoir que son prédécesseur s'était arrogé dans les Gaules, franchit en cette occasion les bornes de l'équité ; il appela l'entreprise de Mamers un attentat im:pardonnable ; il accusa ce saint évêque d'orgueil, de présomption, de prévarication ; il le menaça de lui enlever ses privilèges , s'il persévérait dans le juste exercice de ses droits ; et il chargea même l'évèque Véranus de Êdre exécuter ses ordres, comme délégué du saint-siége.

Mamers repoussa les attaques du pontife avec dignité et modération ; il réfuta les déclamations de ses ennemis , et déclara qu'il maintiendrait les droits de son Église. Le cardinal Baronius lui-même, en parlant de cette dispute scandaleuse, nous dit : « Ne vous étonnez pas si le pape s'élève avec » autant de véhémence contre Mamers ^ prélat d'une piété )) exemplaire, car dans les affaires litigieuses tout homme peut » être trompé, même lorsqu'il est successeur de saint Pierre ; D et une semblable querelle s'était déjà élevée sous le règne » de saint Léon. »

Deux affaires importantes vinrent dans la même année accroître l'influence du saint-siége sur l'Espagne ; Sylvain,

[Mi.] JBIBTOIBE D'BlLàlBI. 8»

ptékt de Gsdahore» aTait choisi un prêtre de VËglise de Tarragone, et FaTait ordonné évéque malgré l'opposition de son métropûlitain- Les chefe du elel^ de la province s étant ras* semblés en concile ponr juger le différend, ne purent tomber d'accord» et ils eurent la faiblesse d écrire au saint-père pour lui deiÀander quelle devait être leur décision*-

L'autre affaire regardait Nùndinaire, évêque de Barce* lone^ qui ea mourant avait désigné pour son successeur Irénée^ déjà pasteur d une autre ville, et lui avait laissé tous les t)ieis qu'il possédait. Les prélats de la province» se conformant à la volcmté du défunt, d'après le consentement du dergét du peuple et des notables, consentirent à la mutation d'Irénée, et l'obligèrent seulement à en demander la confirmation au pontife. Les ecclésiastiques commirent ainsi deux fautes graves, qui les rendaient dépendants du saint-siége ; et par leur imprudence ils fournirent aux papes les moyens d'a^andir chaque jour leur autorité.

Vers le commencement de Tannée 467, le. nouvel empereur Ânthémius étant venu à Rome prendre possession de Tempire» Hilaîre craignit que les hérésies de TOrient ne s'introduisissent dans l'Eglise d'Occident par la protection de Philotbée> hérétique macédonien et favori du prince^ qui a\«rt déjà permis à toutes les sectes de tenir des assemblées. Le pape se déclara contre la liberté de conscience, et osa même adresser des reproches à l'empereur devant l'assemblée du peuple, dans l'église de Saint-Pierre; il menaça le monarque de soulever les provinces contre son autoritét s'il ne s'engageait par un serment solennel à chasser tous les hérétiques de ses états.

Quelque temps après avoir ain^i manifesté son es[Mrit d'intolérance^ Hibire mourut dans le mois d^ septembre 467, et (ut enterré dans la grotte du monastère de Saînt-Laur^dt.

Les historiens affirment que le pontife avait partagé avec les barbares les richesses provenant du pillage de Rome par Genswic, et que ses trésors lui servirent à acheter la tiare. Lorsqu'à Ait devenu pape, il se conforma aux exigences du siècle, et construisit dç magnifiques églises, qu'il enrichit de vases préeieux : il fit trois oratoires dans le tmptistère de la basilique de Constantin; et dédia îe premier à saint Jean Baptiste, le deuxième à saint Jean j'Evangéliste, et le tr<Hsième à la sainte croix ; ce dernier était orné d'un Christ colossal en or et orné de pierreries, où se trouvait un morceau de la vraie croix, du poids de vingt livres ; il fit placer dans le baptistère de cette même église une cuve de porphyre^ trois cerfe

d'argent pour verser l'eau, un agnean d or et une colombe d'airain de Corintbe. Tous, les vases nécessaires aux cérémonies s'élevaient à quatre-vingt-quatorze livres d'or, et à mille deux cent cinquante-deux livres d'argent. D construisit aussi un oratoire qu*il dédia à saint Etienne, dans le bap- • tistère de Latran, où il plaça deux bibliothèques ou plutôt deux armoires de livres ; enfin il fonda plusieurs monastères auprès de la basilique de Saint-Laurent, et donna aux moines qui la desservaient des bains et un palais.

Le pontificat d'Hilaire n'ofire rien de remarquable, si ce

n*est la même persévérance dans le plan uniformément suivi par les évoques de Rome pour écraser la puissance impériale et pour anéantir la liberté des peuples.

[kei.] HISTOIRE DE SIMPLIGIUS. 337

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