BONIFACE II
JCSTIKIEN, 57* PAPE. CHILDEBEAT,
empereur d'Ortenl. roi de France.
Ambition du clergé. — Élection de Boniface. — Schisme de Dioscore. — ; Anathème contre l'antipape après sa mort. — Boniface extorque la signature du clergé. — Les deux papes sont accusés de simonie. — Boniface viole les canons. — Il s'avoue coupable de lèse-majesté. — Etienne de Larisse. — Mort du pape.
Après la mort de Félix^ les brigues se renouvelèrent pour lui donner un successeur. A cette époque» l'ambition des prêtres était poussée aux dernières limites ; la liberté commençait à être bannie des élections, et tous ceux qui avaient des richesses ou de puissants aibis pouvaient seuls aspirer aux honneurs de Tépiscopat.
Boniface II» Romain de naissance, fils de Sigisvult» de la race desGoths, fut élu pour succéder à Félix IV, et ordonné dans la basilique de Jules : mais un autre parti choisit le diacre Dioscore, qui fut ordonné dans Fcglise de Constantin. Le schisme dura vingt-neuf jours, c'est-à-dire jusqu'à la mort de Dioscore, que nous croyons être le même qui fut envoyé en ambassade à Gonstantinople par Hormisdas. Boniface^ tranquille possesseur du saint -siège, poursuivit sa vengeance contre son compétiteur, et le fit anathématiser même après sa mort : la bulle d'excommunication fut signée par le clergé^ et déposée dans les archives de l'Église, comme un monument
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éternel de sa vigueur apostolique. Le pontife accusait Dioscore de simonie; et il parait, d'après un rescrit du roi Athalaric , que son accusation était fondée : mais Boniface s'était rendu coupable du même crime , suivant les rapports d'Ânastase le bibliothécaire.
Ensuite le pape ayant assemblé un concile dans la basilique de Saint-Pierre» fit rendre un décret qui lui donnait le pouvoir de désigner son successeur» et il obligea les évêques, par écrit et par serment, à reconnaître en cette qualité le diacre Vigile. Peu de temps après on tint un autre concile, et le décret fut cassé comme contraire aux canons et à la dignité du saint-siége. Le pontife se reconnut coupable de lèse-majesté, usurpateur des droits du souverain, et il jeta sa bulle dans les flammes en présence des évêques et du clergé.
La même année, après le consulat de Lampade et d'Oreste, Etienne^ évêque de Larisse, adressa des plaintes au pape sur une nouvelle hérésie dont le nom n'est point parvenu jusqu'à nous : à cette occasion, on tint à Rome un troisième concile^ où Théodose, évêque d'Echnice en Thessalie, présenta la requête d'Etienne. On ignore la décision des Pères.
Boniface mourut vers la fin de l'année 551 : ce pape s'était montré pendant son règne très-religieux observateur du culte des anges, et avait fait bâtir une église magnifique en l'honneur de Farchange saint Michel.