‹ Histoire des papes (volume 3)Chapitre 73 sur 78 · HISTOIRE DE FELIX IV. M · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE FELIX IV. M

excita rindignation des clercs de l'Eglise romaine, qui dirent à Félix : « Très-saint-père, un moine se donne Tautorité de » prêcher^ et s'attribue vos fonctions, tout ignorant qu'il » est !.. . Nous vous supplions de le faire arrêter, a6n qu'il » connaisse la rigueur de la discipline!... » Le pape ordonna à Julien^ alors défenseur de l'Eglise romaine, et depuis évèque de Sabine, de s'emparer du coupable et de lui faire subir les plus cruelles tortures. Pendant la nuit les ordres furent changés ; et Julien en ayant demandé la cause, il lui fut répondu que le pontife avait été épouvanté par une yision, et qu'un ange lui avait défendu de persécuter le serviteur de Dieu.

11 n'est pas étonnant que le pape Grégoire le Grand, dont tous les écrits sont remplis de prodiges, ait adopté cette fable ; mais nous devons être étonné que Fleury Fait rapportée comme une histoire véritable. Ces sortes de miracles ne devraient trouver place que dans les légendes ; ou du moins on devrait avertir les fidèles que ces contes pieux ne peuvent servir qu'à répandre le ridicule sur la religion catholique, bien loin de relever sa majesté et de fournir une preuve de sa divinité.

Félix mourut le 12 octobre 529, après trois années de pontificat. Parmi les monuments les plus remarquables qui furent élevés sous son règne, on cite la basilique de Saint- Cosme et Saint -Damien, et celle de Saint- Saturnin, qui avait été entièrement dévorée par les flammes et qu'il fit reconstruire.

Sous ce pontificat, saint Benoit, ce célèbre fondateur d'un grand nombre d'ordres religieux en Occident^ \)ublia sa

règle monastique, qui repose sur ce principe : « Ceux-là sont » véritablement chrétiens qui vivent du fruit de leur travail. » Tous les articles de ses admirables règlements tendent à for* mer des agrégations d'hommes laborieux, auxquels le pieux abbé impose l'obligation d'employer leur activité et leur intelligence à des travaux utiles ou productifs.

Benoit était issu d'une famille illustre de Noscia, ville du duché de Spolette. Il avait fait ses études à Rome, et s'était distingué par ses progrès rapides dans les sciences et dans les lettres. Malgré la brillante carrière que pouvaient lui ouvrir dans le monde son nom et sa fortune,il abandonna, à l'âge de dix-sept ans, parents, amis, patrie, pour se retirer dans une caverne , au milieu du désert de Subiaco , à quarante milles de la ville sainte. Après avoir passé trois ans dans la prière et dans la méditation, il s'associa quelques pèlerins qui, attirés par sa réputation de sainteté, étaient venus le visiter» et bâtit des cellules pour les loger. Sa petite troupe s'augmentant tous les jours, les populations païennes les plus voi« sines en prirent ombrage et l'obligèrent à se retirer au Mont- Gassin, où il rencontra d'autres idolâtres. Saint Benott les convertit par ses prédications éloquentes, et transforma leur temple, qui était consacré à Apollon, en une basilique chrétienne dédiée au vrai Dieu. Près de la nouvelle église il construisit ensuite un immense monastère qu'il gouverna pendant quatorze années. Après lui, ses compagnons, héritiers de sa prisée , continuèrent à défricher les landes , à dessécher les marais et à copier les anciens manuscrits , ces trésors que Tantiquité avait légués aux âges futurs.

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