‹ Histoire des papes (volume 4)Chapitre 17 sur 49 · IXIX. s.] CONSULAT. *M · texte numérisé non relu

IXIX. s.] CONSULAT. *M

secrètement sur Paris , Pichegru s'y rendait d'un autre côté avec les Polignac, les Rivière, les Lajolais et quelques autres misérables. Sur la frontière rhénane^ le duc d'Enghien, (ils du prince de Condé, réunissait d autres complices et se préparait à entrer en France pour gagner la capitale et prendre la direction des assassins. Mais la Providence déjoua les criminels desseins des royalistes; Bonaparte, poussé par une inspiration divine , ordonna la mise en jugement de cinq espions qui avaient été arrêtés dans les journées précédentes et qui se trouvèrent être du complot. L'un d'eux, nommé Querelle, condamné à mort, demanda à faire des révélations pour racheter sa vie, et mit le gouvernement sur les traces des conjurés. Pichegru fut arrêté ainsi que Cadoudal , quelques autres de leurs affidés, et même Moreau, qui avait eu plusieurs entrevues avec eux. Pichegru se pendit dans sa prison, Moreau fut banni du territoire de la République; Georges Cadoudal, qui était doué d'une énergie sauvage, dédaigna de sauver sa vie par un mensonge; il avoua qu'il était venu à Paris du consentement des princes fiançais et du ministère anglais pour tuer le premier consul et rélal>)îr les Bourbons, mais qu'il ne devait agir qu'npivs rarrivée d'un prince de cette famille dans la capitale. Du reste , il ne nomma et ne compromit personne. Néanmoins la dernière circonstance de ses aveux éveilla l'attention de Bonaparte et le décida à faire vérifier la situation de tous les Bourbons. Le comte de Provence et le duc d'Angoulême étaient à Varsovie; le comte d'Artois, les ducs de Berry et d'Orléans, les princes de Condé et de Bourbon, à Londres, et le duc d'Enghien à Ettenheim, à une marche du Rhin. Le premier

Ma HISTOIRE DES PAPES. [XIX. S.]

consul comprit que c'était de ce prince dont Georges avait voulu parler , comme du chef mystérieux dont il attendait Farrivée , et résolut de le faire enlever.

L'exécution fut confiée aux généraux Ordoner et Caulaincourt, et consommée dans la nuit du 25 au 24 ventôse an XIL 15 au 16 mars 1803; le prince fut immédiatement dirigé sur Paris^ déposé à Vincennes, jugé par une commission militaire, convaincu d'avoir porté les armes contre la République; d'avoir offert ses services au gouvernement anglais , d'avoir reçu et accrédité près de lui des agents britanniques ; de leur avoir procuré des moyens de pratiquer des intelligences en France, et d'avoir conspiré avec eux contre la sûreté de l'Etat ; de s'être mis à la tête d'un rassemblement d'émigrés et de bandits soldés par TAngleterre, qui était réuni dans les pays de Fribourg et de Bade ; d'avoir pratiqué dans la place de Strasbourg des intelligences tendantes a laue soulever les départements circonvoisins; enfin» d'être l'un des fauteurs et complices de la conspiration tramée par les Anglais contre la vie du premier consul ; en conséquence il fut condamné à mort et fusillé dans les fossés du château de Vincennes.

Ayant échoué dans sa tentative homicide, le cabinet de Londres voulut au moins tirer parti des circonstances pour soulever TEurope contre la France; il soudoya les ministres des cours étrangères, répandit des millions » et obtint que chaque puissance fit une démonstration au sujet de la mort du duc d'Enghien, Le czar Alexandre , empereur de toutes les Russtes, prit le deuil, et envoya une note a la diète de Raiisbonne , accusant le premier consul d'avoir transgressé et violé le droit des nations , en taisant enlever siu: le terri-

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