XIX.S.] EMPIRE FRANÇAIS. US
toire germanique un prince de la maison de Bourbon. Le roi de Suède formula une note exprimant des griefs analogues; l'empereur d'Allemagne n'osa pas se prononcer, mais il ordonna d'immenses préparatifs de guerre qui indiquaient suffisamment ses intentions ultérieures.
Cette levée de boucliers et les proportions gigantesques sous lesquelles la guerre apparaissait à Bonaparte ^ lui ûrent comprendre plus que jamais la néces&iié d'anéantir une pui&< sance qui était assez riche pour tenir à sa solde les ministres et les rois du continent; mais sentant également les dilïicultes d'exécuter son projet de desceute en Angleterre dans le moment où il allait avoir toute l'Europe sur les bras, il changea de tactique, prépara les plans du fameux blocus continental , et résolut d'employer ses armées pour forcer | les rois à entrer dans ses desseins et pour les cou Irai ndre à fermer leurs ports aux Anglais, afin d'enlever à la Grande* Bretagne tous les marchés de TËurope et tarir d'un seul coup la source de ses richesses. Avant de commencer la lutte, il songea à réaliser le dernier rêve de son ambition; il se fit proclamer empereur par un sénatus-consulte, le 20 floréal an XII, 18 mai 1804, sous le nom de Napoléon I"; et comme si ce n'eût pas été assez d'une couronne impériale pour son front, il youlut y joindre une couronne royale, et se fit oifrir celle d'Italie par la République italienne.
Pitt, exaspéré de voir le résultat qu avaient eu ses machinations pour la fortune de son ennemi, fit immédiatement signer un traité d'alliance offensive et défensive à Saint- Pétersbourg, entre la Russie, l'Angleterre, la Suède , le royaume de Naples et François II, empereur d'Allemagne,
kkk HISTOIRE DES PAPES. [XIX. S.]
qui venait d'ajouter à ses titres celui d'empereur hérédifaire d'Autriche, et qui avait pris ie nom de François 1". Cetle coalition était la troisième que les Anglais organisaient contre la France depuis le renversement de la famiile des Bourbons. Napoléon avait fait ses dispositions dans la prévision d'une guerre européenne, et se tenait prêt à tout événement. Néanmoins il ne voulut pas entamer les hostilités ni assumer sur sa tète les conséquences d'une collision qui devait être terrible; il chercha au contraire à ramener le gouvernement britannique à des sentiments pacifiques, et adressa au roi Georges 111 la lettre suivante :
(( Monsieur mon frère, appelé au trône par la Providence et par les suffrages du Sénat, du peuple et de l'armée, mon premier sentiment est un vœu de paix. La France et l'Angleterre usent leur prospérité; elles peuvent lutter des siècles. Mais leurs gouvernements remplissent-ils bien leurs devoirs? Et tant de sang versé inutilement et sans la perspective d'aucun but, ne les accuse-t-il pas dans leur propre conscience? Je n'attache pas de déshonneur à faire le premier pas; j'ai assez prouvé au monde que je ne redoute aucune chance de la guerre; elle ne m'offre d'ailleurs rien que je doive redouter. La paix est le vœu de mon cœur; mais la guerre n'a jamais été contraire k ma gloire »
Le roi d'Angleterre se contenta d'envoyer à Napoléon une simple note, dans laquelle il le nommait dédaigneusement chef du gouvernement français, et où il le prévenait qu'il lui ferait une guerre à outrance parce qu'il était le représentant de la révolution française.
Napoléon leva immédiatement le camp de Boulogne ; en