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nautés religieuses en France. Il Ht également adopter la loi exécrable dite loi du sacrilège, qui au dix-neuvième siècle ressuscitait rinquisition dans toute sa barbare intolérance; il spolia la nation en lui arrachant un milliard qu'il donna en pâture aux émigrés, aux princes du sang, à tous les misérables qui, pendant vingt années, avaient traîné leur honteuse nullité dans les pays étrangers ou qui avaient porté les armes contre la patrie; enfin il présenta la loi sur le droit d'aînesse et sur le droit de substitution, qui devait servir de base à la reconstruction du régime féodal. C'était aller trop vite en besogne. La bourgeoisie, alarmée des tendances aristocratiques du parti de la cour, entra dans la lice et donna une impulsion extraordinaire aux esprits. Les pairs euxmêmes subirent Tinfluence de Topinion publique et rejetèrent la loi sur le droit d'aînesse. Le peuple protesta à sa manière et forma des rassemblements : dans toutes les grandes villes, à Paris, à Rouen, à Brest, à Lyon, à Toulouse, à Bordeaux, à Marseille, on fit entendre les cris: « A bas la » noblesse! A bas les jésuites! ! A bas le roi ! ! ! »
On était en plein jubilé. Le pouvoir fit marcher contre les citoyens ceux qu'il nommait a ses chiens de guerre; o mais ni les sbires, ni les soldats, ni la milice bourgeoise ne voulurent faire usage de leurs armes contre le peuple; bien plus, la garde nationale de Paris, à la suite d'une revue générale au Champ-de-Mars, osa elle-même proférer les cris de: « A h bas les ministres! A bas la camarilla!! )> Le roi, exaspéré par cette démonstration, apostropha ceux qui défilaient devant lui avec ce ton insolent qui lui était habituel pour leur imposer silence^ et dit : « Je suis venu ici pour recevoir des
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)) hommages et non des leçons. » Les cris n'en devinrent que plus violents et plus obstinés , et Charles X dut se retirer la rage dans le cœur et furieux de n'avoir pu faire respecter sa dignité royale. De retour dans son palais, il fit rédiger une ordonnance de licenciement de la garde nationale de Paris, qui le lendemain fut publiée dans le Moniieur, signée du roi et contresignée par le ministre de l'intérieur.
Le parti de la camarilla triomphait; il ne lui restait qu'à changer la chambre des députés, qui possédait encore à son avis trop d'hommes indépendanls, et à renforcer la chambre des pairs de ses créatures. Pour arriver plus sûrement à son but, Charles X promulgua l'ordonnance de dissolution de la chambre des députés, le 5 novembre, et convoqua les collèges électoraux pour le 17 du même mois, afm de ne pas laisser aux libéraux le temps de se concerter et de faire avorter les mesures qu'il avait prises pour travailler la matière électorale. Le même jour, il fit paraître une autre ordonnance qui élevait à la dignité de pairs de France soixanteseize députés sortants, ou militaires, ou archevêques, les plus dévoués et les plus incarnés au ministère. Cependant les élections furent orageuses. Malgré la tactique déloyale des suppôts de l'absolutisme, le parti libéral remporta la victoire et se trouva représenté à la chambre des députés par une majorité hostile aux jésuites. Le ministère fut contraint de se retirer. Charles X, exaspéré par cet échec, voulut en punir la France, et choisit pour ses ministres des hommes plus impopulaires que les premiers, un Polignac, un la fiourdonnaye, un Montbel, un Chabrol, un Courvoisier et le traître Bourmont, qui tous avaient présidé aux grandes ca-
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laroités de la France, et avaient inscrit sur leur bannière ces trois époques fatales comme symbole de leurs principes : a Coblentz, SVaterloo, Restauration de 1815! » c'est-à-dire lâcheté, trahison^ infamie!
La lutte était décidément déclarée entre les libéraux d une part, et de l'autre la royauté, le parti prêtre et la camarilla : lors de l'ouverture des sessions, à la séance royale , Charles X déclara dans son discours de la couronne, que s*il lui était suscité des embarras, il les renverserait en faisant appel aux baïonnettes de ses soldats. En réponse à cette menace, la Chambre vota, à la majorité de deux cent vingt et une voix contre cent quatre -vingt -une, l'adresse, où Ton remarquait ces mémorables paroles : u La Charte a fait du
» concours permanent des vues politiques de votre gouver- » nement avec le vœu de votre peuple , la condition indis- » pensable de la marche régulière des affaires publiques. » Sire 9 notre loyauté, notre dévouement nous condamnent » à vous dire que ce concours n'existe pas.... o Cette fameuse adresse fut portée au roi par une députation des membres de l'assemblée. Charles X en écouta la lecture jusqu'au dernier paragraphe. Quand l'orateur eut terminé, il fit cette réponse d'une voix dure et sèche : « Vos représentations ne changeront rien à mes volontés; mes résolutions sont immuables; retirez-vous; mes ministres vous feront connaître mes intentions. » Comme il était facile de le prévoir, la cour se décida à dissoudre la chambre des députés; provisoirement elle prorogea la session de 1830 au 1®' septembre de cette année, aiin d'avoir le temps de prendre ses dispositions pour assurer l'exécution des coups d'état qu'elle
méditait. Elle voulut également essayer d'éblouir la nation par le prestige de la gloire, ainsi qu'avait fait Napoléon, pour mieux garrotter le peuple, et annonça qu'elle allait porter la guerre en Algérie et punir le dey de l'outrage qu'il avait fait à la nation , en donnant un coup d'éventail à l'ambassadeur'français. Le général Bourmont eut le commandement de l'expédition ; des forces imposantes furent placées sous ses ordres, et il partit pour attaquer le repaire des pirates avec une flotte de sept miHe marins , une armée de trente-sept mille hommes de troupes de terre , et une artillerie formidable. Le dey fut obligé de capituler.
La nouvelle de la reddition d'Alger excita parmi les séides de la royauté des transports de joie incroyables; ils crurent que le moment était venu d*en tinir avec le parti libéral, et décidèrent Charles X à lancer les ordonnances suivantes. La première portait :
Art. l®^ La liberté de la presse périodique est suspendue.
Art. 2. Nul journal ou écrit périodique, on semi-périodique , établi ou à établir, sans distinction des matières qui y seront traitées, ne pourra paraître soit à Paris, soit dans les départements, qu'en vertu de l'autorisation qu'en auront obtenue de nous, séparément les auteurs et l'imprimeur. Cette autorisation devra être renouvelée tous les trois mois. Elle pourra être révoquée.
Art. 3. L'autorisation pourra être provisoirement accordée ou retirée , par les préfets , aux journaux et ouvrages périodiques ou semi-périodiques publiés ou à publier dans les départements.
Art. 4. Les journaux et écrits publiés en contravention à
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l'article 2 seront immédiatement saisis. Les presses et caractères qui auront servi à leur impression seront placés dans un dépôt public et sous scellés , ou mis hors de service.
Art. 5. Nul écrit au-dessous de vingt feuilles ne pourra paraître qu'avec Tautorisation de notre ministre de l'intérieur à Paris ^ et des préfets dans les départements. Tout écrit de vingt feuilles qui ne constituera pas un même corps d'ouvrage sera également soumis à l'autorisation. Les écrits publiés sans autorisation seront immédiatement saisis. Les presses et caractères qui auront servi à leur impression seront placés dans un dépôt public ou mis hors de service.
Art. 6. Les mémoires sur procès et les mémoires des sociétés savantes ou littéraires sont soumis à l'autorisation préalable, s'ils traitent en tout ou en partie de matières politiques, cas auquel les mesures prescrites par l'article 5 leur seront applicables.
Art. 7. Toutes dispositions contraires aux présentes resteront sans effet
Cette ordonnance contre lapresse était signée par Charles X et contresignée par ses sept ministres, dont nous donnons les noms pour les vouer à l'exécration de la postérité : Polignac^ Chantelauze, d' Haussez, Peyronnet, Montbel, Guernon-Ranville et Capelle.
La deuxième ordonnance, qui était également revêtue, ainsi que les autres, de la signature de ces misérables, avait trait à la dissolution de la chambre des députés.
La troisième ordonnance établissait les bases d'un système électoral en violation ouverte avec l'esprit de la charte, en divisant les électeurs en collèges d'arrondissement et collèges
de département. Enfin la quatrième fixait Tépoque de la convoeaticm des collèges et celle des Chambres.
Le 26 juillet 1830, les ordonnances furent placardées sur les murs de la capitale. La bourgeoisie atterrée ferma ses ateliers, ses magasins, ses manufactures, et jeta sur la place des milliers d ouvriers. Le lendemain 27, quelques hommes énergiques du parti libéral se firent chefs d'insurrection , se placèrent à la tète de bandes d'étudiants, et parcoururent les boulevards et les quais aux cris de vive la charte! à bas les ministres ! à bas le roi ! Les feuilles de lopposition entrèrent franchement en lutte avec le pouvoir, parurent sans autorisation, et répandirent en grand nombre des exemplaires d'une protestation des journalistes. L'émeute prit alors des proportions effrayantes. Le 28, au matin, le drapeau tricolore flotta au-dessus des barricades , et la population entière se trouva sous les armes, prête à combattre les séides du tyran et rinfâme Marmont, duc de Raguse, le même qui en 1814 avait trahi l'empereur, livré la capitale aux étrangers, et qui avait été jugé digne de remplir une mission de bourreau et de mitrailler les Parisiens. Bientôt la fusillade s'engagea sur tous les points à la fois, et la grande ville fut transformée en un immense champ de bataille. Dans la jour née du 29, le combat continua avec acharnement du côté des troupes, avec le plus sublime héroïsme du côté des citoyens ; enfin , le 30 juillet, la monarchie fut vaincue, et le peuple campa dans le palais des rois !
Pendant que les Français s'entr'égorgeaient à Paris, le stupide Charles X s'occupait de chasser aux cerfs, refusait obstinément de révoquer les ordonnances, et traitait de fac*
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tieux les citoyens qui s'étaient révoltés pour la défense de leurs libertés. Le réveil arriva. Charles X se décida à signer de nouvelles ordonnances qui annulaient les anciennes; il consentit à rétablir la garde nationale, à renvoyer ses ministres; il désavoua même ses actes passés, offrit de donner toute satisfaction à la bourgeoisie; il se fit humble et rampant pour obtenir Taumône de sa couronne. Mais il était trop tard ; le peuple refusa , et la royauté fut contrainte de prendre la route de l'exil. .
Cette révolution sublime, qui tient du prodige^ et dont les annales des nations n offrent aucun exemple, fit passer la couronne sur la tête de Louis-Philippe d'Orléans. Deux cent dix-neuf députés décrétèrent la déchéance de la branche . ainée des Bourbons, et déférèrent la royauté au duc d'Orléans, sous le nom de Louis -Philippe P% roi des Français!
Devons-nous maintenant nous écrier^ comme les anciens Romains à la suite d'une victoire éclatante : Citoyens, montons au Capitole , et allons rendre grâce aux dieux! ou
bien devons-nous dire, comme nos pères à l'approche d'une
grande calamité : DIEU SAUVE LA FRANCE!
L'histoire prononcera!!