CHARLES-QUINT, 230' PAPE. HENRI II
empereur d'Ail emag:ne. roi de Franee.
Élection du cardinal de Sainte-Croix. •< — Son histoire avant son pontificat. — Commencements de son règne. — Son zèle pour la réforme. — Il veut instituer un ordre militaire. — Ses projets concernant le redressement des abus qui existaient dans le gouvernement de rËglise. — Sa mort et son éloge.
Aussitôt que les -funérailles de Jules III furent ternninées, les trente- sept cardinaux qui se trouvaient à Rome entrèrent en conclave et proclamèrent le cardinal de Sainte-Croix chef suprême de TËglise, sous le nom de Marcel IL II était originaire de Fano ou Montefano , petit bourg situé sur une haute montagne entre Osmo et Macerata; son père, nommé Richard tervin, de Monte Pulciano, exerçait les fonctions de trésorier apostolique ou de receveur du saint-siége dans la marche d'Ancône.
Marcel avait fait ses études dans la ville de Sienne ; parvenu à Fâge d'homme^ il s'était rendu à Rome, où Clément VU lui avait confié la gestion d emplois subalternes; à Tavénemeut de Paul III il avait été nommé premier secrétaire de la chambre apostolique ; plus tard, le cardinal Farnèse se 1 était attaché en qualité de secrétaire de Jégation , lors de son ambassade à la cour de Henri II; et après sou départ de Irauce, il rayait laissé seul chargé de continuer les négociations entre
SI» HISTOIBE DES PAPES. [ISU^l
le saint-siége et le roi. Comme il avait réussi au gré <}u spnyerain pontife , à son retour Paul IQ lui donna le chapeau de cardinal avec les évéchés de Nicastro,- de Reggio el d'Eugubio.
Quelques jours après son exaltation , Marcel reçut la couronne pontificale des mains du cardinal de Bellay , qui se trouvait alors à Rome; mais au lieu de dépenser, suivant Thabitude de ses prédécesseurs, des sommes énormes en feux d'artifice, en illuminations, en festins et en concerts, il fit distribuer aux pauvres tout l'argent qu'il trouva dans le trésor pontifical. Ensuite il s'occupa d'apporter des réformes utiles dans l'administration du gouvernement de l'Église ; et comme il était convaincu que le seul moyen de rendre quelque considération à la papauté était de changer le système suivi par ses prédécesseurs, il annonça qu'il exigeraitdes ofiiciers et des grands dignitaires de la cour de Rome qu'ils pratiquassent les vertus enseignées par le Christ. Le pontife prévint également le sacré collège de son intention de former un ordre de chevaliei^s de toutes conditions choisU dans les classes les plus élevées de la société comme dans les plus infimes, pour le seconder dans ses travaux , et de sa résolution bien arrêtée de n'admettre que ceux qui auraient mérité cet insigne honneur par des talents réels ou par leurs vertus. Sa Sainteté comptait se servir de ces chevaliers pour les nonciatures, pour les l^ations, pour les négociations avec les souverains, et pour toutes les affaires importantes du saint-siége, dans le cas où ses cardinaux se montrcFaient hostiles à ses généreux prolets. Puis Marcel licencia les gardes du Vatican, disant que le vicaire du Christ n'avait pas besoin d'être entouré de soldats;
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qa'il était honteux pour un souverain et surtout pour un pape de se faire garder par des misérables dont la profession était d'égorger leurs semblables ; qu'il valait mieux qu'un pontife vertueux fût tué par des scélérats , que de donner une preuve d'orgueil et de lâcheté » et de vouloir s'imposer aux peuples par la terreur.
U chassa de sa cour tous les courtisans, qu'il appelait des valets; il supprima les pensions qui leur étaient allouées; enfin tout, jusqu'à sa table, subit des réformes importantes; le nombre des mets qu on devait lui servir fut limité, ainsi que la durée des repas. La vaisselle d or et d'argent fut supprimée et vendue pour acquitter les dettes du saint-siége. Marcel avait un tel dégoût pour la flatterie, qu'un jour il signifia aux auditeurs de rote qui venaient lui rendre hommage pendant qu'il était à table , qu'il voulait qu'ils s occupassent du soin de leurs Églises, et qu'ils ne perdissent pas leur temps à faire des courbettes inutiles; comme l'un d*entre eux faisait en* tendre quelques murmures en se retirant, le pontife s'écria : « Eh quoi ! lesaint-siége est-il donc tellement hérissé d'épines » et semé de ronces qu'on ne puisse suivre la droite voie sans » se meurtrir à chaque pas? Serait-il donc vrai qu'on ne peut » concilier le soin de son salut avec une dignité aussi iu- » neste que celle de chef de l'Ëglise ? »
Un pape vertueux ne pouvait vivre longtemps, aussi Marcel mourut-il, après vingt et un jours de règne, le 30 avril 1555, d'une attaque d'apoplexie , selon quelques auteurs ecclésiastiques^ ou des suites d'un breuvage empoisonné, si l'on en croit le témoignage des historiens contemporains.
Ainsi • la mort du vénérable Marcel vint donner une uou-