‹ Histoire des papes (volume 5)Chapitre 31 sur 33 · RODOLPHE II, 236* PAPE. HENRI IV · texte numérisé non relu

RODOLPHE II, 236* PAPE. HENRI IV

enperear d'Allemagne. roî de France.

Élection du cardinal Castagna. — Son histoire avant son pontiGcat.

— Sa Samteté fait remise aux indigents des dettes qu'ils avaient contractées envers les monts-de-piété. — Vertus du pape Urbain.

— Ses projets de réformes. — Il meurt comme son prédécesseur empoisonné par les jésuites.

.Les Espagnols se réjouirent fort de la mort de Sixte-Quint, les ligueurs de France firent également des tîntes pour célébrer cet heureux événement; et le jésuite Aubri, curé de Saint-André des Arcs, prononça même en chaire le discours suivant : a Dieu nous a délivrés à propos d*un pape exécrable, H) mes frères, car s'il eût vécu plus longtemps nous aurions )) été obligés de l'exconimunier, attendu qu'il était adultère, » incestueux, tîimoniaque, magicien, sodomite et hérétique. » Cet infâme ne se contentait pas de voler les fidèles ]>our » enrichir ses nièces et ses neveux, qui étaient pour lui autant » de mignons et de maîtresses, il voulait encore se déclarer )) le protecteur du Béarnais pour mieux nous pressurer; mais » Dieu a foudroyé ce Satan couronné de la tiare ! f)

Après les funérailles de Sixte , les cardinaux se réunirent en conclave au nombre de soixante-dix, et se mirent à caba- 1er suivant l'usage. Mais dèjs le septième jour, quelques-uns des candidats s'étant désistés de leurs prétentions en faveur

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du cardinal de Saint-Marcel, la faction de ce dernier se trouva être la plus forte, et l'on pressentit que la journée ne se passerait pas sans quil fût nommé pape.

Dans cette prévision, lés conclavistes emballèrent les effets des cardinaux et rompirent eux-mêmes les cloisons des cellules , afin d'ôter aux soldats tout espoir de f)illage, conune cela se pratiquait aux élections. Tout le sacré collège assista à la célébration de loffice divin à la chapelle Pauline, et procéda ensuite au dépouillement du scrutin; le cardinal Castagna de Saint-Marcel réunit les deux tiers des voix, ainsi . qu'on s'y attendait^ et fut proclamé pape^ mais il fut convenu entre les cardinaux qu'ils tiendraient sa promotion secrète quelques heures, pour donner le temps aux domestiques d'enlever les nialles qu'ils avaient préparées ; et ils brûlèrent les bulletins comme on avait fait aux autres séances, ce •qui indiquait que le pape n'était pas nommé; seulement ils firent dire au dehors qu'on ne tarderait pas à terminer le conclave. Enfin, lorsque leilr déménagement fut opéré, ils se* rendirent à la salle royale, pour se revêtir de leurs rochets et de leurs camails, puis ils rentrèrent à la chapelle Pauline et adorèrent le nouveau pontife, qui prit le nom dllrbain VII.

Jean-Baptiste Gastagna était né à Rome ; son père se nommait Cosme et sa mère Riccia : parvenu à l'âge d'honmie, le jeune Cosme se livra avec ardeur à l'élude du droit civil et du droit canon , qui à cette époque étaient plus nécessaires pour arriver aux dignités ecclésiastiques que la connaissance des saintes Écritures. II. fut distingué par Pie IV, qui le nonmia un de ses députés au concile de Trente, et lui donna successivement les nonciatures d'Espagne et de Venise.

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Il remplit également sous Grégoire XIII une légation extraordinaire à Cologne et surveilla les négociations d'un traité qui dtevait être passé entre Philippe II et les Provinces-Unies; l'habileté qu'il déploya dans cette mission lui valut pour récompense d'énormes bénéfices et le chapeau de cardinal;

Sixte-Quint le combla de ses faveurs, Tatlacha à ses conseils privés , et pendant le cours de son règne il ne cessa de prendre ses avis sur toutes les questions importantes du gouvernement. Et chaque fois que sa Sainteté avait à exprimer son opinion sur Castagna, elle disait que ce cardinal était de tous les membres du sacré collège celui qui comprenait le mieux les devoirs de la papauté, qu'elle espérait qu'avec son aide elle dompterait les jésuites , et qu'elle ne demandait à Dieu qu'une seule grâce lorsqu'il l'aurait rappelée à lui, c'était de l'avoir pour successeur.

L'élection d'Urbain VU fut accueillie avec d'autant plus de joie par. les bourgeois et par les ouvriers de Rome , que ce pape s'était acquis Tamitié des citoyens par une probité intacte dans ses fonctions administratives, et par l'équité dont il avait toujours fait preuve dans l'exercice de la justice.

Du reste ses premiers actes comme souverain pontife répondirent parfaitement à ses antécédents; le jour même de son couronnement, Urbain VU fit payer de^ ses deniers toptes les dettes des monts-de-piété, et ordonna à ses officiers de faire des distributions de pain et de viande aux indigents de la ville et des faubourgs. Quelques jours après, on fit un dénombrement des pauvres qui étaient dans l'impossibilité de travailler, et il se chargea de pourvoir à leurs besoins; enfin il fit paraître une ordonnance qui enjoignait aux bou*

langers d augmenter le poids du pain, d'en améliorer la qualité et d en diminuer le prix, pour que le peuple eût un aliment salutaire et ne fût pas trompé dans ses achats.

Ce bon pape était tellement ennemi du népotisme, qu'il répondait aux cardinaux qui lui proposaient ses proches parents pour remplir les principales dignités de la cour de Rome : « Non, je ne veux point confier de charges aux mem- » bres de ma famille, afin de n'être retenu par aucune con- » sidération si ceux que j'investis de ma confiance deviennent " )) prévaricateurs et si je suis obligé de sévir contre eux. »

Urbain VII était simple dans ses paroles, modeste dans ses manières, et d'une douceur évangélique, ce qui n'excluait pas chez lui l'amour de l'art, car il annonça que son intention était de continuer les édifices et les travaux d'archi-^ tecture commencés par Sixte-Quint. Il eut même le courage de blâmer la politique de son prédécesseur, et il prévint les . ambassadeurs des puissances qu'il voulait que sous son règne les peuples vissent la fin des hostilités, et que les princes travailla'ssent avec lui à ramener la concorde entre les fidèles, non par la terreur on par la crainte des supplices, mais par la persuasion et par la douceur, tour commencer cette œuvre de pacification, il nomma une cmnmission qui devait sans retard procéder à la réforme des ordi'es rçligieux/ et particulièrement à celle de la compagnie de Jésus , le centre.de toutes les intrigues,' le foyer de tous leâ incendies qui couvraient les royaumes. Mais les bons Pères surent prévenir l'effet des dispositions d'Urbain, et moins de douze jours après son exaltation, le 26 septembre, il mourut empoisonné de la niième manière, dit^Mézei*ai, que l'avait été Sixte^uint.

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