‹ Histoire des pasteurs du désertChapitre 47 sur 96 · UT. IX, CHIP. II. S · texte numérisé non relu

UT. IX, CHIP. II. S

▼ement général fut fixé à l'apparition de la flotte anglo-hollandaise 5 ou à la descente deMiremont, mais irrévocablement au i5 avril (1705). lisse partagèrent les villes à insurger, et même les quartiers des villes^ les bourgs et les cantons agricoles. Les conjurés, rendus quelques jours d'avance à leurs postes respectifs, devaient se lever à la même heure partout et à la fois. Le tumulte commencerait par un incendie : Pendant que le peuple y accourrait, les conjurés sortiraient dans les rues en vociférant : « Vive le roi I à bas les jésuites ! liberté de conscien^ ce! » Puis ils s'élanceraient sur les postes, désarmeraient les garnisons, s'empareraient des forteresses et se saisiraient d'abord de Bâ ville et de ses juges, de Berwick et de ses officiers , des évêques el des prêtres , des commandants' de places et des notables. Montbonnoux et Claris, à la tête de quatre-vingts camisards, chargés d'insurger Montpellier, enlèveraient Bâ ville et Berwick/ sur le chemin d'une maison de campagpe, où ils se rendaient souvent dans le même carosse. Bâville serait conduit dans les bois , jugé et mis à mort. S'ils manquaient leur coup 9 ils le frapperaient le jour de l'insurrection de Montpellier; ilsincendiraient les greniers à foin situés devant l'intendance, et tueraient Bâville s'il se montrait aux fetiêtres , ou sortait de son hôtel pour éviter les flammes. Berwick, Fléchier, Sandricourt , Lalande , évêques , généraux , commandants , et juges et notables, seraient déposés comme ' otages sur la flotte anglo-hollandaise. !Nismes échut à Catinat et à Ravanel; mais, au sujet des quartiers de la ville, une violente altercation s'éleva entre les deux chefs, voulant avoir l'un et l'autre celui

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Gomme le passereau je veille , solitaire !

Dans les opprobres de la terre

Ta m'as précipite do ciel !

J'ai séché comme Therbe et, passé comme l'ombre ! Mais toi , Seigneur , tu yis de longs siècles sans nombre !

Seigneur ton nom y c'est l'Etemel !

Il en est temps enfin ! que le salut commence (

n en est temps ! que ta clémence

Ranime nos remparts chéris ( Nos cœurs sont attachés à leur cendre , à leurs pierres y Et nos Ames en deuil y ainsi que des lierre^

S'enracinent dans leurs débris !

Oh , si notre Sion revivait dans sa gloire ! Combien ton nom et ta mémoire Croîtraient parmi les nations !

Et les fils de nos fils béniraient d'Age en âge Le Dieu qui des captifs échappés au carnage Ouf t les supplications !

Il m'entend ! Il m'entend 1 De son haut sanctuaire , Dieu penche vers nous sa paupière ; Il a vu notre affliction,

Il vient, il rompt les fers des enfants des victimes !

Et du peuple et des rois les transports onanimes Publieront sa gloire en Sion I

Le Seigneur m'a froissé I ma force m'est ravie ! Grftce ! et des rayons de la vie N'ôtes pas le reste à mes yeux !

27S HISTOnB DES P1STB1TB8 VU DÈSUX.

Toi qai Terras sans fin ton flambeao salutaire ; . Toi dont la main fonda le monde , et snr la ferre Suspendis le dôme des eiens I

Hais les eieux passeront ! Leorooopole embrasée

Sera comme une pourpre usée

Qui s'effile et tombe en lambeau !

Toi seul es immuable , et ta gloire éternelle ! Et les fils de tes saints rappelés sous ton aile

Sortiront brillants du tombeau ! (4)

Après cette dernière conférence, les conjurés se séparèrent pour se rendre à leurs postes. Boéton revint achever à Milhaud Torganisation des quinze cents combattants du Rouergue. Catinat , Ravanel, Alison y Alègre en comptaient aussi, nom par nom, cinq mille dans le diocèse de Nismes. Les diocèses d'Alais, d'Uzès et les hautes Cévennes devaient fournir le reste. Il parait d*abord étonnant que les nouveaux conjurés eussent trouvé dix raille hommes dans les mêmes cantons qui n'en fournirent jamais que trois mille à Roland. Mais outre que le général camisard ne voulut que ce nombre^ suffisant pour résister à Tennemi et traîner en longueur une lutte dans laquelle les cévenols seuls n'eussent pu triompher, c'est que la conspiration nouvelle était protestante et catholique à la fois. Son comité directeur, à la vérité, était protestant, mais il s'appuyait au dedans sur une masse de noblesse, de bourgeoisie, de peuple des deux religions, comme

(i) Pfitanie aï.

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au dehors sur Miremont et Labourlie. Tout ce qui était blessé » foulé , pressuré entrait dans ses rangs. Le cri de ralliement était: liberté l 11 est vrai aussi que le parti catholique, moins irrité , se tint prudemment en arrière et dans Tombre. Il céda l'initiative aux chefs camisards, qui en acceptèrent généreusement les dangers, et, par leur sacrifice , méritèrent seuls de paraître dans le jour éclatant de l'histoire. Mais telle fut la force réelle de la conjuration, tels furent ses éléments constitutifs, comme l'assurent Labaume et Fléchier, qui déclarent encore qu'elle se ramifiait depuis Toulouse jusqu'à Lyon, (i)

(i^ Labaume. Fléchier , lettre to; , do ai avril 1 7o5.

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