CHAPITRE II
François II (1559-1560). — Charles IX (1560-1574). — États généraux
de 1560. — Guerres de religion.
« Oh ! qu'il y a de peine à sorvir les grands et de danger quant et quant ! Mais il faut passer par là. Dieu les a faits naître pour commander et nous pour obéir; d'autres nous obéissent à nous : et toutefois nous sommes tous d'un père et d'une mère ; mais il y a trop longtemps pour alléguer nos titres. »
Blaise de Montluc.
Un discours du chancelier Tllôpital, prononcé au parlement pendant le règne éphémère de François II, nous apprend que sur la fin de celui de Henri II, et malgré d'excessifs besoins, on s'était vu dans la nécessité de soulager le peuple d'une partie du fardeau qui l'écrasait; dans plusieurs provinces, on avait dû faire des remises considérables sur les tailles, parce que les malheureux cultivateurs abandonnaient leurs travaux et menaçaient de s'expatrier. Toujours nomade, en effet, et partout en pays étranger, le campagnard continue de braver les rigueurs de l'aubainage et d'émigrer de province en province. On avait vu, en 1556, plus de dix mille villageois de la Normandie et de la Picardie, ruinés par les guerres, se réfugier en Franche-Comté, pays de servage, et s'y rendre mainmortables des seigneurs qui voulaient bien, à cette condition, leur donner des terres et des bois à défricher. Infatigables pionniers, tandis que chacun autour d'eux vit de pillage et de crime, ils s'acharnent au travail et se cramponnent à la terre partout où leur main désespérée peut la saisir. Du reste, les états,