‹ Histoire des paysans (volume 3)Chapitre 19 sur 114 · PESTE ET FAMINE · texte numérisé non relu

PESTE ET FAMINE

dernier, hommes, femmes et enfants .(D. Plancher, IV, 570.)

L'armée avait jonché le sol de la patrie de tant de cadavres sans sépulture, que cette fatale semence ne pouvait manquer d'en faire germer une moisson plus riche encore. Dieu, en efTet, a visita son peuple », comme dit dom Roger avec une naïveté ravissante, et l'affligea du fléau de la peste, qui, jointe à la famine, promena pendant deux années la faulx de la mort dans les rangs déjà éclaircis de la population agricole. On rencontrait par les campagnes des enfants qui suçaient encore la mamelle épuisée de leurs mères mortes de faim (D. Roger, 427, 437), et l'on put croire que l'on touchait à ces temps prédits par Nostradamus, « où les enfants montreront à leurs mères, par merveilles, quand ils verront un homme, tant peu y en aura, s'étant tous entretués. ))(Montluc, III, 312.)

Puis vint la journée néfaste de la Saint-Barthélémy, honte éternelle de la royauté, de la politique et de la religion, et, grâce au moment de stupeur qui succéda à cette grande immolation, les campagnes se remirent au travail. L'agriculture, reprise en 1572, ne fui plus guère abandonnée que momentanément : « Si elle fut interrompue pendant les troubles de la Ligue, elle reparut bientôt après. On ne fut pas trois ans de suite sans cultiver, » (D. Carlier, II, 620.)

Page 1