‹ Histoire des paysans (volume 3)Chapitre 21 sur 114 · MÉZERAY · texte numérisé non relu

MÉZERAY

Peu de règnes furent aussi mortels <^ la France que celui de Henri III. Il débuta par de grandes levées d'hommes et de deniers, et ne cessa de tenir le peuple sous le pressoir pour satisfaire, non aux besoins de l'État, mais aux fêtes de la cour et aux fantaisies de ses mignons. Les édils bursaux se succédaient sans interruption; Henri trouvait plus simple de les faire recevoir par force dans des lits de justice, et le 10 juin 1586, vingt-sept furent enregistrés dans une seule séance. Ces édits étaient ensuite livres aux partisans italiens^ qui avançaient la moitié, le tiers du chiffre de Timpôt, et, à cette condition, obtenaient l'abandon du tout. Jacques Bonhomme payait donc deux ou trois fois ce que dépensait la cour. Le pillage devint tel que le parlement prit le parti de repousser tous les édits, et de s'opposer à leur vériflcation. Le roi lui-même, du reste, avait été contraint, pour satisfaire aux plaintes menaçantes du peuple, d'en supprimer une fois soixante-six d'un seul coup.

Paris ayant, dès le principe, payé le roi en remontrances (1), on convoqua les états généraux qui s'ouvrirent à

(1) Paris se plaint « des excès de la gendarmerie et de la garde du roi, de leurs rançonnements et pilleries ordinaires, inhumanités et cruautés plus que brutales et barbaresques, forcements de filles et femmes....

» Lesquelles pilleries ctrançonneries sont pratiquées non-seulement par

Page 1