CONVOCATION DES ÉTATS GÉNÉRAUX
Louis avait convoqué une première assemblée de notables en 1787, une seconde en 1788, espérant, avec leur concours, abolir plus de 50000000 d'impôts sur le peuple, obtenir pl^js d'égalité dans la contribution, une grande diminution dans les frais de perception, l'abolition d'entraves et de droits infinis, et enfin une grande amélioration dans le service des gabelles.
Il s'adressait aux privilégiés pour supprimer les privilèges, aux oppresseurs pour secourir les opprimés. Aussi, tandis qu'à la seule annonce de la convocation de ces assemblées, les caricatures et les couplets couraient la ville (1), la noblesse et le clergé réunirent leurs efforts pour sauver leurs prérogatives, et firent tout échouer. Il restait acquis désormais que la monarchie absolue était frappée d'impuissance pour sortir la France du gouffre oii elle l'avait plongée. Alors, à bout d'expédients, et pendant qu'un hiver qui rappelait celui de 1 709 ajoutait encore aux souffrances du pays, Louis réveilla les états généraux du long sommeil de cent soixante-quinze années qui pesait sur eux.
On a prétendu que la révolution de 1780 avait été sans cause et sans but, et que, satisfait de son sort àpus la monarchie, le peuple ne la^désirait pas, n'ayant rienjà en attendre. Cela, sans nul doute, ferait honneur à la modération de ses désirs ou à sa résignation tout évangélique; mais
(l) Une die ces caricatures représente un gros fermier dans sa bassecour, entouré de poules, oies et dindons, avec ce dialogue :