LE MARTYRE
»ar des habits d'homme ; à son réveil, elle se plaignit d'une elle trahison, en protestant qu'elle aimerait mieux ne point e lever que de transgresser son serment. Mais au milieu du our, force lui fut de délaisser sa couche, et pour sortir, de 18 vêtir de ce qu'elle avait à sa disposition. Alors on court ivertir à grand bruit l'évêque et le vicaire de l'inquisilion le ce grand parjurement de Jeanne, et ils accourent fuieux, lui reprochant avec violence ce manquement à sa larole. En vain Jeanne se plaint encore de l'odieux subterùge dont elle est victime, et des outrages dont une soldaesque insolente Fabreuve nuit et jour. Cauchon se retire,
I rencontre sur son passage Warwick et quelques Anglais [ui devisaient joyeusement en jouant aux dés : « Fare well! eur crie-t-il tout triomphant, fare well ! Réjouissez -vous et aites bonne chère ! nous la tenons ! y>
Tel fut en effet le grand crime pour lequel Jeanne fut ;ondamnée au grand supplice.
Le 30 mai au matin, le frère Martin l'Advenu vint lui apprendre que son heure était venue, et qu'un effroyable supplice lui était réservé. La femme reparut à ce moment suprême, elle se laissaaller a à crier piteusement et à s'arracher es cheveux », puis la résignation reprit le dessus, elle se onfessa, et l'on n'osa pas refuser l'eucharistie à celle que *on condamnait comme hérétique etrelapse. Cauchon voulut ouir de la vue de sa victime. « Évéque, lui dit-elle, c'est par ous que je meurs, mais j'en appelle de vous devant Dieu. » ^n la revêtit d'une longue robe de deuil, on mit sur sa tête i mitre de l'inquisition, où étaient écrits ces mots : <( Héétique, relapse, apostate, ydolastre y> ; et elle monta sur une barrette traînée par quatre chevaux ; il était neuf heures
II matin. Huit cents hommes de guerre formaient l'escorte t l'accompagnèrent jusqu'au Vieux -Marché.
La pauvre fille priait, le visage inondé de larmes. Un omme fend la foule émue et se précipite aux pieds de îanne, criant merci vers l'infortunée marl^Ye, ^\. vôv^w^w^
4aO HISTOIRE DES PAYSANS.
son pardon de celle qui allait mourir; c'était Loyseleor, le prêtre coupable qui avait fiait de la confession un moyen d'espionnage pour perdre Jeanne. Il faillit payer de sa vie son tardif repentir trop hautement exprimé. Deux échafituds étaient élevés sur la place du Vieux-Marché, l'un pour les juges, l'autre pour les évéques; en face s'élevait un énorme bûcher pour l'érection duquel les Anglais avaient appelai leur aide tous les raffinements d'une lâche férocité. Une épaisse couche de plâtre s'étendait sous les pieds de Jeanne, afin que la mort s'avançât lente et plus cruelle, et ils l'avaient élevé plus haut que de coutume, pour que le bourreau ne pût € bonnement ni facilement l'expédier ni l'atteindre ».
Après un sermon qui ne dura pas moins d'une demi-heare, Cauchon lut la sentence de condamnation. L'héroïque martyre demanda une croix, un Anglais lui en fit une avec deox bâtons qu'il lia en travers; elle la glissa entre son vêtement et son sein, et voulut qu'on lui présentât une croix d'église. On courut en chercher une. Tant de lenteurs irritaient la fureur des Anglais, impatients de rassasier leurs oreilles des cris de la malheureuse victime de tant d'iniquités, c Yoaleivous donc nous faire diner ici? » hurla un officier. Quelquesuns s'élancèrent sur l'échafaud, se saisirent de Jeanne, et la rejetèrent entre les mains du bourreau, en lui disant : « Fais ton office ! > On l'enchaîna alors au poteau, surmonti par un écriteau où se lisaient ces lignes, écrites en caractères rouges : € Jeanne qui s'est fait nommer la Pucellei menteuse, pernicieuse, abuseresse du peuple, devineresse, superstitieuse, blasphémeresse de Dieu, mal créant de b foi en Jésus-Christ, vanteresse, ydolastre, cruelle, dissolue, invocatercsse de diable, schismatique et hérétique^ >
Elle embrassa une dernière fois la croix en priant frèrt Isambart de la tenir élevée devant elle, pour qu'elle f^ l'avoir sous les yeux « jusqu'au pas de la mort >. Puis elk poussa un cri lemVAe (\\i\ ^wV.\x^\)!e\^\\Q\vqyLemps le sominti