‹ Histoire des paysans (volume 4)Chapitre 115 sur 145 · DERNIERS EXCÈS DES ANGLAIS · texte numérisé non relu

DERNIERS EXCÈS DES ANGLAIS

isérables qui garnissaient les deux échafauds : elle d'apercevoir les premières flammes du bûcher; elles ent lentement, grâce à Tinfernal raffinement de bares Anglais. Plus troublé qu'elle-même, frère Martin lu était devant elle, lui parlant de Dieu, qu'elle allait omme les flammes allaient l'atteindre, Jeanne l'aver- )éril et lui dit de descendre.

a les flammes l'enveloppèrent, et on la vit se tordre étreinte de la douleur. Ses cris dominèrent le mûrie toutes ces voix hostiles : « Jésus!... s'écria-t-elle, ... » Puis il se fit un grand silence... La sainte était lée au ciel.

erre n'avait pas vu s'accomplir un crime judiciaire )dieux depuis le jour où le fils de Marie expirait sur ix des malfaiteurs ; toutefois la mort de Jeanne ne ; pas le charme, et l'événement trompa la haine des s. C'était la passion de la vierge. Elle ressuscita et la la Patrie.

irtir de ce moment, Une'épouvante superstitieuse, née rs remords peut-être, s'empara d'eux, en même temps ï énergie depuis longtemps oubliée se réveillait par- 1 France. Jacques Bonhomme voulut venger Jeanne, , la personnification sublime de ses longues souffrances ;on indomptable patriotisme. Mais elle ne pouvait être e d'un jour, cette résurrection de la France sous le puissant du sentiment national, quand ce sentiment ait plus que chez le peuple des campagnes, incessamnctime de toutes ces luttes, qui servaient de prétexte pitoyable persécution sous laquelle il agonisait. Ne ; donc pas surpris de voir, pendant de longues années î, les Anglais pénétrer dans les villages, jeter pelées manants dans les puits, qu'ils achèvent ensuite de er avec des pierres (1), et le duc de Glocester, à la

uplessis, Hist. deMeaux,, I, 291. — Journ. d'wnbouT^. ^ Vo.-

suite (l'une excursion dans la Flandre et TÂrtois, ramener à Calais un convoi de douze cents chariots d'effets enlevés sur le plat pays. (D. Plancher, IV, 226.)

Aux portes mêmes de Paris, dans un rayon de six à huit lieues, tous les villages étaient la proie des écorcheurs, et nul n'osait s'aventurer dans les campagnes. Hommes, moines, femmes, enfants, tout était tué sans merci, et si l'on épargnait quelqu'un, on le dépouillait de ses vêlements, et on le laissait errer absolument nu par les champs, de quelque état ou de quelque sexe qu'il fût. {Journal d'un bourgeois de Paris, 497.)

Comme au temps du roi Jean, le peuple disait hautement que rien ne se faisait que de la volonté des seigneiirs, qui ne soldaient pas leurs hommes d'armes, et ne voulaient pas terminer la guerre {Ibid., 274-273.) Ces accusations n'épargnaient ni le connétable Arthur de Richement, ni le roi lui-même, et la voix publique avait raison lorsqu'elle disait que les bandits avaient acheté la complicité du connétable^ et que le roi « était le chef et droite orine des larrons fie France; car ses gens faisaient pis que Sarrasins 3>. Aux alentours de Paris (4434), les Armagnacs promenaient en tous lieux le fer et la flamme, arrachaient les vignes, coupaient les arbres, faisaient le mal pour le mal. Dans la Flandre, dans la Normandie et jusqu'aux portes de Pjaris, les Anglais s'entouraient du désert. Des préposés « sans loj et sans droit, et par force, prélevaient en nature une partie de la récolte des vignes, et mettaient les villages à rançon. Et de tout cela le roy ne s'inquiétait pas plus que s'il eut été à Rome ou à Jérusalem ». (Ibid.y 275-288.)

Pour donner quelque ombre de satisfaction aux plaintes du peuple, on plaça des garnisons dans les environs de Paris, en disant bien haut qu'elles avaient pour mission de protéger les récoltes contre les courses dévastatrices de Fennemi, et pour permettre aux cultivateurs de faire leurs mo)S' sons (1 437-1 438). Av^i\s,ijowt ç,^\V»wvwv\v^%^vait desquels

Page 1