MISÈRE GÉNÉRALE
ndons-lui cependant la justice de dire qu'il publia des iinances pour réprimer les excès incompressibles des d'armes. Dans celle du 13 mai 1470, il leur reproche rendre les chevaux et les charrettes des pauvres gens, 1 « robes, couvertures, hnceulz », et de se porter coneurs personnes aux violences les plus pernicieuses. on., XVII, 293.) Mais dès l'année suivante ils ravagent irraine, et il ne faut pas moins que les efforts réunis lue Nicolas d'Anjou et de l'électeur palatin pour, après eurs mois de lutte sur la campagne, les chasser du . Non loin de là, c'est le comte de Varneberg, du parti oi, qui dirige les courses des aventuriers dans le pays ;in. (Laguille, AlsacCy 353. — D. Calmet, LorraineyïV.) 1 1481, après un hiver long et rigoureux qui fit périr un d nombre d'arbres, survinrent un printemps et un été ieux; on ne put rentrer les récoltes, il ne resta rien au an, les prélèvements du roi, des seigneurs et de l'Église, t fîiits et plus de cent mille hommes périrent de mi- . (Bouchet, Ann. d'Aquitaine, 286). Dans le Velay, les pagnards veulent venir chercher un asile dans les villes, leur ferment leurs portes. On voyait ces misérables -e l'herbe dans les champs, chanceler sur leurs jambes igries, tournoyer sur eux-mêmes, puis expirer au mi-
des convulsions d'une lente agonie (1482). Tel était îès de la misère par toute la France, que Louis dut déger momentanément des tailles les habitants de la e, ruinés par la rupture des levées par suite des inon- 3ns de cette année, à la charge de relever ces digues ectrices; puis, redoublant d'hypocrisie superstitieuse
approches de la mort, il exempta, moyennant des res et des processions .que l'Église d'Auxerre devait faire r lui, les hommes de cette Église du logement des gens guerre, grevant ainsi d'autant leurs voisins. (Ordon. de ,aoust, septembre 1482.) es plus nobles sentiments humains, les çlus w;^\»x<^V^
les plus purs et les plus saints ont besoin, pour s'épanouir^ d'une atmosphère de bien-être et de liberté qui faisait défaut au milieu du xv® siècle.* Les pères avaient vu tant de fois leurs filles déshonorées sous leurs yeux, les mères, avaient vu si souvent leurs enfants s'éteindre lentement sur leurs seins flétris et desséchés, que l'amour maternel fléchissait lui-même, et tandis que les sires affranchissaient leurs serfs, ces affranchis mourant de faim, inventaient une nouvelle espèce de servitude, et se mettaient sous le joug de leurs égaux. Des pères et des mères cédaient à d'autres leurs enfants, et je trouve dans Y Histoire de Provence plusieurs exemples de ces adoptions qui ressemblent de bien près à des asservissements. Je cite le dernier (Papou, liv. IX, 433) :
« En 1477, et le 11 juin, honnête femme Françoise Enfantine, du diocèse de Grenoble, habitante de Thor, diocèse de Cavaillon, considérant qu'elle est enceinte et que dans peu elle mettra au monde un fils ou une fille, n'ayant point de mari, ni même de parent, et n'ayant pas non plus de quoi fournir à sa subsistance dans le temps de ses couches; voulant y pourvoir comme mieux elle pourra, a donné et donne à Louis R..., laboureur du Thor, présent et acceptant, par donation entre-vifs ledit enfant dont elle est enceinte, fils ou fille, s'il vient en lumière et qu'il soit présenté aux saints fonts du baptême, sous les conditions suivantes :
» 1° Que ledit Louis sera tenu de faire les frais des' couches de ladite Françoise et lui fournir les aliments nécessaires pendant le temps de ses couches.
y> 2° Que pendant ledit mois ladite Françoise sera tenue d'allaiter ledit enfant, de le soigner bien et décemment comme son propre et cher fils.
» 3° Que passé ledit mois, si les parties ne peuvent convenir entre elles du salaire de ladite Françoise pour le lait qu'elle donnera à l'enfant et les soins qu'elle en prendra pendant un an ou partie de l'année, ledit Louis sera tenu
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