‹ Histoire des paysans (volume 4)Chapitre 84 sur 145 · LES SAINTS DD MOYEN AGE. — RÉVOLTE DES PAYSANS · texte numérisé non relu

LES SAINTS DD MOYEN AGE. — RÉVOLTE DES PAYSANS

bénédiction des cuves, des agneaux, du fromage, du ;, du miel; la bénédiction des bestiaux en temps de >te ; la bénédiction des armes, des épées, des poignards, > drapeaux; la bénédiction de Tamour, ou du vin que le itre faisait boire à deux amants.

( Je pourrais doubler cette nomenclature » , — dit-il en ssant (1).

Vinsi, par un retour inattendu des choses d'ici-bas, les ideurs avaient à leur tour chassé Jésus de son temple, y avaient établi leur boutique ; son autel était devenu r comptoir, et cette rouge liqueur que la main du clerc sait dans le calice n'était pas le sang généreux de la Qe, mais bien le pur sang du peuple.

Is faisaient payer à la crédulité du paysan grossier jusà de l'eau claire, qu'ils bénissaient avec de certaines lisons, et qui devait les mettre à l'abri de toute sorte de ilheurs. (Mézeray, V, 75.)

Tout moine frappé de mort violente devenait un martyr nt les miracles étaient d'un grand revenu pour son baye. Un prieur du monastère de Gristan s'étant un jour, ns un instant d'ivresse, précipité le couteau à la main r deux de ses religieux qu'il blessa, ceux-ci l'assomèrent sur l'heure à coups de bâton ; ce qui, comme com- 'nsation, lui procura, de la part de ses moines, une nonisation immédiate. Il faisait sa bonne part de micles, et môme avec si peu de discrétion, que l'on trouve ms les décrétales des lettres apostoliques d'Alexandre III li l'éliminent du ciel et interdisent de l'honorer comme artyr. (Mézeray.)

Une sorte d'épidémie tyrannique semblait avoir soufflé 'îi venin sur tous les serviteurs des seigneurs ecclésiasî^es aussi bien que laïques, infectant jusqu'aux plus

(^) Voyez aussi l'art. Biens d'Église, de M. Viennet, daas \^ ÛVcl. A.«r conversation.

obscurs et aux derniers de leurs valets. Les marmitons de Tarchevêque de Vienne avaient établi dans le diocèse un impôt sur les mariages, et ses domestiques, prenant sous leur protection les voleurs et les bandits, dont ils partageaient sans doute le butin, s'étaient fait une seigneurie en sous-ordre, plus odieuse encore que celle de leur maître (1).

C'est le propre de l'oppression d'enfanter la révolte, et ne pouvant rien attendre que d'eux-mêmes, les manants tentèrent de secouer violemment un joug imposé par la violence.

« Dans la province de Sens, dit le continuateur de Nangis (1315), beaucoup de gens du peuple se liguèrent ensemble, contraints, pour ainsi dire, à se soulever, par les extorsions iniques et vexatoires qu'ils avaient journellement à subir, dans les causes portées devant la cour de justice de l'archevêque, de la part des avocats et procureurs de cette cour. Ces gens, parmi leur multitude toute laïque, élurent un roi, un pape et des cardinaux, résolus à rendre le mal pour le mal, et voulant répondre par une haine opiniâtre à la méchanceté de leurs ennemis. »

Poilr toute satisfaction à cette réclamation armée, on envoya contre eux des troupes qui en eurent facilement raison. Le soulèvement fut réprimé parla force, et les paysans sévèrement châtiés.

(1) Mably, Observatiom sur l'histoire de France, liv. III, c. !•'•

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