IMMUNITÉS DES VILLES
quier, les Bourguignons ayant, à son approche, évaqué sur Abbeville. L'amiral ordonne à tous les habitants, de tout âge et de tout sexe, de se rassembler le lendemain à six heures du malin, sous peine de mort, hors de la ville, près de la porte Notre-Dame, pour être conduits « là où il les voudrait mener ». Il les dirige sur Amiens, et les Français incendient la ville, que les soldats pillent « à leur aise et plaisir ». Après la ville, ils brûlent sur la campagne, après les avoir pillés, une foule de villages, « qui trop longs seraient à escripre ». (Louandre, 386.)
Une ordonnance du 26 mai 1449 avait exempté les bourgeois de Paris de payer les tailles, pour y attirer des habitants et repeupler la ville. Louis XI fit mieux, il proclama sa capitale lieu d'asile pour les malfaiteurs, idée à lui, dont nul n'avait donné l'exemple, et qui n'eut point d'imitateur. Il étendit à d'autres villes, Bayonne, etc., le droit d'exemption. Le chiffre des tailles était plus que doublé, les exemptions se multipliaient dans les cités, où sont les richesses, et c'était toujours Jacques Bonhomme qui payait. Aussi, aux états de Tours, l'archevêque de Reims, Juvénal des Ursins, après avoir dès les premiers mots de son discours fait la part du roi, omnia sunt régis, se plaignit-il des impôts portés de 1,800,000 francs à 3,600,000, des pilleries des officiers royaux et des gens de guerre, des excessives pensions des princes du sang et des officiers du roi, tous engraissés du sang du peuple.
Ce qui n'empêcha pas le roi de porter bientôt la taille à 4,700,000 livres.
Rendons-lui cependant la justice de dire qu'il publia des ordonnances pour réprimer les excès incompressibles des gens d'armes. Dans celle du 13 mai 1470, il leur reproche de prendre les chevaux et les charrettes des pauvres gens, leurs « robes, couvertures, linceulz », et de se porter contre leurs personnes aux violences les plus pernicieuses. (Ordon. XVII, 293.) Mais dès l'année suivante, ils ravagent la Lorraine, et il ne