CHAPITRE PREMIER
Philippe le Bel. — L'influence des légistes grandit encore. — Nouvelles luttes, de la royauté et de la papauté, qui se disputent les deniers du peuple. — Convocation des états généraux. — Le tiers état, c'est la bourgeoisie, ce n'est pas le paysan. — Les états ne servent qu'à légaliser les exactions des rois, qui en obtiennent des subsides, que la bourgeoisie, retranchée derrière ses privilèges, rejette sur le campagnard.— Élats provinciaux : le paysan n'y est pas davantage représenté. — Exactions de Philippe le Bel : les mal tô tes se succèdent sans trêve ni relâche.
<t Une classe nombreuse demeurée longtemps en arrière, celle des serfs de le glèbe, entra en action au moment même où parut s'affaiblir l'énergie de b classe bourgeoise. Cette révolution, dont il est plus aise d'apercevoir les résultat! que de suivre la marche et les progrès, n'a point encore eu d'historié o. Ce serait un beau travail que de la décrire et d'en retrouver les véritables traits sous le récit vague et incomplet des narrateurs du temps, t
Aooostin Thierry.
La royauté a su affaiblir les seigneurs et le clergé en favorisant l'établissement des communes : elle a grandi, tant par son propre accroissement que par rabaissement de ses rivaux. Mais comme les villes à leur tour commencent à devenir une puissance, elle va travailler maintenant à combattre du môme coup les nobles , les ecclésiastiques et les cités en affranchissant les campagnes. Elles ne dépendront plus aussi directement des châtelains et des bourgeois, qui commencent à arriver à la propriété du sol ; elles auront certains droits et tendront désormais à s'appartenir à ellesmêmes. L'œuvre révolutionnaire des communes est terminée, elles vont s'amoindrir et disparaître à leur tour; la lutte va être entre les seigneurs et les serfs, lutte sourdement secondée