FRANCISCO COLLANTÈS
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L’art espagnol, par un phénomène inexplicable chez un pcuplu où le sentiment et la recherche du vrai constituent le caractère et la note dominante de son École, n’a produit, à travers ses diverses transformations, qu’un très-petit nmnhre de peintres paysagistes.
I Mirant tmit le seizième siècle, le paysage, traité seulement comme accessoire, ne reflète guère que la tradition, la manière adopté»** par l’artiste, sans empreinte personnelle, sans vérité locale : llerniguelc s’y montre un florentin. Nav arrête un vénitien, et quant à Vargus, ü f.espcdè* et à Juan de Juanè», ils empruntent à l’École romaine ses fabriques et ses horizons.
Ce n’est qu'à la fin de cette période et alors que le génie nationnl s'efforce de se dégager, qui* la représentation de la nature agreste acquiert quelque expression. Dans l’École de Tolède, Pedro Orrente, élève du (îreco, exécute de nombreux tableaux de chevalet, genre, animaux et paysage, évidemment inspirés de la manière des Bassan. mais où se révèle pourtant une certaine saveur espagnole. A Valence, les Hiluilta peignent leur» sujets religieux au milieu de sites accidenté*, dune exécution puissante et vraie et qui s'harmonise bien avec la sévérité de leur style. Et*
ÉCOLE ESPAGNOLE
Andalousie, où le» tendance» réaliste» étaient le plus marquées, l’opulente Séville, par un privilège de ses relations commerciales, mettait sous les yeux de sus artistes les productions, encore peu répandues dans le reste de l'Espagne, des peintres des Pays-Bas. L'étude de ces naturalistes à la tuuclie fraîche et moelleuse, au coloris vivifiant et sain, exerça sur l'Ecole uuc influence immédiate : elle fut tout à fait décisive après que Pedro de Moya, de retour des Flandres, eut initié ses compatriotes oui procédé* de Van Dvck. dont il avait été un moment élève. Alonsu On no, Antonio dcl Caslillo, Iriurle, Murillo et Velâzquez donneui aussitôt à leurs études une direction nouvelle. Les traditions de l'atelier ne les satisfont plus; ils rompent avec, le* théorie* et les conventions et ne peignent désormais que le vrai, le réel, la nature elle-même. Dans toute* le* branches , dans toutes les variétés de l'art, le naturalisme s'affirme et triomphe : le paysage a conquis enfin un caractère. Murillo, de la même brosse qui crée ses éblouissantes Conceptions, improvise des site* charmant*, aux lointains vaporeux, aux lignes caressantes et assouplies. Iriarto, dont Murillo étoffe souvent les toile*, signe des vue* champêtres que nu désavouerait aucun maître. Velâzquez, de se» nature* morte* et de se* paysages fait simplement des chefs-d'œuvre.
La naissante École de Madrid n'élnil alors représentée que par de jeune* peintres, héritiers ou disciple* immédiat» des artistes appelés d'Italie pour concourir à la décoration de l'Escorul. Élevée en Espagne, au milieu d'une nature nouvelle et du modèles différent», cette génération, dont le* impressions intime* n’étaient plu* eu complète harmonie avec le* tradition* apprises, tendait visiblement à s'écarter de l'idéalisme de se* maître* pour traduire les aspiration* de la patrie adoptive.
Si donc l'exécution était encore italienne, l'invention, l'e*prit, le goût étaient plutôt espagnols.
Le talent île Yieentc Carducho domine cl ré*umc bien relie phase de transition. Quoiqu'il n'ait peint que des sujet* religieux ou historique* dans lesquels le paysage s e trouve subordonné à l'effet général de la composition, cl traité dans le parti pris de coloration habituelle à f artiste, sa manière à la foi* simple ut sobre d’en distribuer les masses, d'en éclairer les lignes et surtout d'en accuser, par un dessin déjà empreint de réalisme, certains détail* des premiers plaus, marque un progrès dan» le sens d'un retour aux éludes de la nature. C’est de Carducho que procède l'.ollanlès, l*un des plus remarquables peintre* de l’École madrilène.
Francisco ('oUanlè* naquit à Madrid en 1599. Il entra, très-jeune encore, duns l'atelier de Vicentc Cardueho. Se» premiers ouvrage* furent de» compositions religieuses. Collantes s'écarta peu d'abord du style et du coloris de son maître. Mai», lorsqu'il commença de peindre spécialement le pay>ugc, il dut certainement s’inspirer h une autre École, car le Buisson o nient, du Musée du Louvre, de même que quelques nuire* toiles du Musée de Madrid et de l'Académie de San Fernando, accusent une énergie d’expression et des qualité» de fermeté et de rendu qu'on ne rencontre pas dan* les peintures de (larduclu». L’est toute une manière nouvelle, toute une transformation, et . par la vigueur des effet», par la disposition plus ressentie des lignes comme par l'intensité du coloris, le* paysages de Collantes seraient plutôt comparables aux meilleures production* des Vénitiens et dis Bolonais.
A une entente toujours parfaite . et quelquefois grandiose , de la composition , Collantes mêle des détails naïvement réalistes et qui donnent à ses tableaux un caractère de piquante originalité. Son Moïse, dan» le Buisson ardent, n’est qu’un simple prnlor espagnol, et l'anachronisme du costume cl des accessoires, fort bien peints du reste, ne parait pas un moment avoir préoccupé l’artiste. Collante* affectionne le* sile* Apres, montueiix, tourmentés, et les roches pittoresques que recouvrent de sombres végétations. Il y place volontiers de* tour* en ruine ou quelque* débris d’aqueduc. Il aime encore les clairs ruisseaux s'échappant en rasca telles de quelque anfractuosité et s’épendant à travers la campagne.
L'œuvre de Oollaiilè» n’est pas considérable, et malheureusement quelques-unes du ses compositions religieuses, parmi les plus importante*, ne m retrouvent plu* aujourd'hui. Mai* son chef-d'œuvre existe au Musée de Madrid, et il suffit à sa gloire ; c’est In Vision if Ezêehiet sur In résturertim t de Ut chair. M. L. Yiardol, dans ses Musées d' Espagne, en donne uuc description magistrale et que nous ne pouvons mieux faire que de reproduire : « Le prophète, seul être vivant, appuyé sur le tronçon d'une colonne brisée. « nu milieu des mines de Ninive, évoque la race humaine, tout entière ensevelie dan* la tombe, ii la fin