‹ Histoire des peintres de toutes les écoles (volume 2)Chapitre 26 sur 58 · JI5AN DE PA R EJ A · texte numérisé non relu

JI5AN DE PA R EJ A

l'atelier une de scs ppre» peintures, ayant soin de In Irnirner du côté du mur. Philippe entre, fait retourner le tableau et l'admire; l eselnve tombe à genoux, confesse qu'il est l'auteur de In peinture, et il implore la protection royale. Alors Philippe, s'adressant à Velâzquez, bien surpris sans doute, — Je t’avertis, dit-il, qu’un homme qui a ce talent ne peut rester esclave.

L'avertissement était un ordre; Velâzquez s'empressa designer une licence d'affranchissement, et d 'esclave Pnreja passa disciple du grand peintre.

L'anecdote, qui parait très-authentique. Tait honneur à Philippe IV. « Le monarque était bon homme», dit M. W. Stirling, ihii, ce grand roi des Espagne» et des Indes était un amateur d'art et de littérature, un

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iugenio, qui écrivait, qui dessinait, qui protégeait les hommes d'imagination, et qui laissait la politique à «les intrigants de palais ; « Pendant que son magnifique empire tombait en ruines, dit ailleurs fauteur anglais, Philippe remplissait un nMe dan» de |ictilc* comédies jouées sur son théâtre particulier, passait son temps dans les ateliers des artistes, assistait avec pompe à «les combats de taureaux ou à des nuto-da-fè ( le brave h«mune!), ou bien, retiré dans nui cabinet du Prado, il s’entretenait avec scs maîtresses, lorsqu’il ne s'occupait pas des projets de nouveaux travaux à exécuter dans ses jardins ou dans mis galènes. •

L'affranchi Pareja n'en continua pas moins son service auprès de l'illustre maître, mais il put se livrer en in«‘>nie temps à sa passion d'artiste. C'est alors, sans doute, qu'il peignit ses grands tableaux, comme In Vocation de saint Mathieu , dont nous donnons la gravure. Cette toile, large d'environ quatre mètres, avait été peinte, probablement, sur commande de Philippe IV, pour le palais «l'Armijuez , où elle était encore à

ÉCOLE ESPAGNOLE

ré|H>qiK> do Bermiiduz; elle est aujourd'hui au Musée de Madrid (n* 134 du Cataloguai. I première figure, debout , à la gauche du spectateur, est le portrait de l'auteur, qui figure eu télé de cette notice. Pas d'autre tableau de Parejn , au Muaéo royal de Madrid , que cette Voeaiion de saint Mathieu et le portrait de Philippe IV, qui lui sera restitué dans un nouveau catalogue. Rien au Musée national ni à l'Académie. Cean Bermudez cite encore quatre tableaux religieux : un Bapthne du Christ, à la Trinité de Tolède, un Saint Jean 1“ Évangéliste , un Saint Oronrio et une Sotre Dame de Guadeloupe , aux Récnlels de Madrid.

Mais c'est comme portraitiste que Pareja doit compter dans son École. «Beaucoup de ses portraits sont attribués à Mazo, même à Velâzquez, et il est bien difficile, ajoute Cean Bermudez, de les distinguer les uns dos autres. » A preuve, le Philippe IV du Musée de Madrid. Tenons pour certain qu'il y a encore bien de* révisions a faire dans les tableaux espagnols , moins étudiés et moins connus que ceux des autres Écoles , surtout quant aux maîtres de l'entourage de Velâzquez, line fuis éveillés sur les adhérences de Mazo, de Pareja, de Carreno, de Murillo lui-mèine , et de quelques autres peintres au style et à ta pratique de Velâzquez, les connaisseurs sincères arriveront peut-être à rectifier bien dus attributions ambitieuses.

Où sont, en effet, les nombreux portraits peints par Parejn, représentant des personnages de la famille royale ou de la cour, soit qu'il ait fuit dus imitations de son maître, soit qu’il ait produit d«u œuvres originales'?

lin de ses bons portraits , relui d’un provincial des Capucins, en froc noir, et tenant un livre , est au Musée de l'Ermitage (n" 427 du Catalogue): « Portrait très-vivant, très-soigné, et d'une fraiche couleur », dit M. Waagrn.

B y avait aussi trois portraits du Pareja dans l'ancienne collection Aguado : une dame un costume religieux; un jeune seigneur, un buste, ut un outre jeune homme d'environ quinze nns.delMmt dans un riche appartement, et costumé de soie blanche tailladée de rouge, les deux teintes affectionnées de Velâzquez.

Il est bien probable que Pareja accompagnait Velâzquez et Mazo a la fameuse eunféreuce de Elle de» Faisans. Velâzquez étant murt presque au retour de ce voyage , Pareja demeura attaché à la fille de son maître si regretté, — celle qui avait épousé Juan Bautisla del Mazo, — et il lui continua ses services, tout en exerçant avec honneur sa profession.

Il mourut à Madrid, en 1670, sans doute dans la Trésorerie du palais, où habitaient Mazo et sa femme.

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IV u de tableaux A signaler :

Le* deux tableaux du Musée royal de Madrid : ta Vocation de Maint Mathieu et k* Portrait de Philippe IV.

Dans la paierie du maréchal Soull, vente à Parts, tS52 . catalogue rédigé par George et Laoeuville, cm trouve une Conversion de saint Mathieu dont lu description te rapporte au grand tableau de Madrid.

Le tableau de U galerie Soull , que nous ne nous rappelons pas, n’uvuit que RI centimètre* sur 70; était- ce une petite copie ou une première esquisse du grand tableau de Madrid?

Au Musée de l'Ermitage , à Saint-Pétersbourg, le beau portrait d'un Provincial des Capuant.

Dans la paierie Aguado. vente & Paris, t«43, les irais portrait* mentionné* dan* in texte.

Au Muter de Munich , un grand tableau catalogué Pertdu i n* 36! . représentant une partie «le cartes , avec cinq figure* «le irnmdrur naturel le , nous a toujours Tait l'effet d'étre un original de Pareja. beaucoup d'elègance, de» rouge* superbe*, une tonalité vigoureuse dans des tons distingués. Influence incontestable do Velâzquez.

A l'ancien Musée espagnol de l>uui*-Pbilip>|ie , deux petits Uthbvux attribues à Pareja : V Ensevelissement et les Sainte» Femmes au tombeau n“ 204 et 20S ).

Voir, sur Pareja, outre ilermudoz, Puni, Paiomino, Cumberland et Sùrhng. le« .Musées d Espagne. pur l.out* Viardot.

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