CHARLES BLANC
BKIKMÏÏÏS ÏT îniDlCiTîCnS.
Pour so former une idée précise du génie de Velasquez, c'csl au Musfo dtl Re y. en présence dtt soixante-quatre tableaux de re matin*, que renferme cette riche collection, qu'il faut aller l’étudier, car on peut dire que, sauf quelques rares échantillon* portés hors de l'Espagne par les don» des rois et la spoliation de la guerre, t’iruvre entière de cet éminent artiste e*4 au Musée de Madrid.
YVIasqnr* s'est essayé et a réussi dans tous les genre». Il a ■ ]n*int l'hL-Unire sacrée cl profane, les paysages historiques ! et copiés, les portrait* en pied et A obérai d’hommes et de femmes, dVnfants et de vieillards ; chasses. tutailles. animaux, intérieur*, fleurs et fruits.
Parmi sc» paysages pittoresques, les plus célèbres sont : Une rue du Prado et une eue d'Aranj uez. trin* la première «le ces compositions, le peintre a placé une chasse au sanglier, pêle-mêle tumultueux d’hommes, de chiens et de chevaux ; dan* la seconde, il a représenté l'Allée de la Reine l ta Colle délia Rei/na), encore » célèbre- Parmi scs paysage»
historiques, il faut citer ta Visite de saint Antoine à winl Paul l'ermite. La toile de ce tableau est à peine rouverte ; terre, arbres et ciel, tout est rn masse et sans détail vu de prés; mai* si l'on s’éloigne de quatre pas, tout K démêle, tout s'anime.
C*«l A Madrid que se voit le portrait à thcTal de Philippe IV. placé au milieu d’une campagne nue, et qui est d'un aspect étourdissant; il n'i**l pa* possible de pousser pli» loin t'illusion. Les portraits de» reine? Elisabeth de Franco et Mariant* d'Autriche, de la jeune infante Marguerite et de l'infant Balthasar, tanliVt emporté au galop sur un cheval d’Andalousie, tantôt dan* la pose d'un jeune roi, excitent la même admiration. Nous devons citer encore le comte-dur d*Olivarés, A cheval rt armé rn guerre ; divers portraits historiques; k* marquis de Pcscairc, P alcade Ronqaillo. le corsaire Borbcrouwc, enfin un petit nain et une nain** énorme.
Parmi le* tableaux d’histoire sacrée, il n’y en a que deux
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«le Yélasquez au Mu mi de Mndrtd . U Martyre d* »iiii»f Etienne cl ui« Chriit en croix.
yuan! -tus tablcaui profane», ils «ont aviez nombreux ; U* Musée en possède rmq principaux : celui qu’on appelle le s Fdeuses ;/<*» Hüandèras). représentant l'intérieur d’une fabrique «le tapi»; c'est un tableau d'un elle* merveilleux «le lumière cl de perspective. Viennent eneuite les Forger de Vuleain (la Fragua de Vulcanol, cuinpu>iti<>n pleine d’air cl de profondeur. Nous «levons cit« r meure la Reddition de Breda. appelé communément le TaUeau des Lances (et Cuadrv de las Lançait. et le* Buveur» i/o* Bebedare s «ni Borraeho»), tableaux tns ivoiarqualib s malgré la diHcrcnrr «b* leur genre; l’un par ton ensemble grand et maguilique, Tau in- par la vénk étonnante des tj|*es cl l'agencement «b» groupes. Le gouvernement français, Mir la proposition de M. Eharlc» Blanc, alun» directeur des lt -au» Arts, confia à un artiste de menti* , M Ptirion, les copie» de e* s «leux tableau 1 , «|ui v* trouvent en ce moment exposées au l’ibtt de* Beaux- Arts.
Sous le point «le vue de rimitaliovi de la nature, il est Minore un tableau |dus iviuarqiudiU-, |» uMtn que le* //tireur», « 'est celui qui représente la Famille de Philippe IV, dans lequel le peintre s’est représente. (Test peut * 1 iv son ouvrage U plus üuporlunt.
L'ancienne galerie espagnole du Lnuvtv eontcmiit, on le suit, doute tableaux «le ce maître dont «lu portrait*, un Ex- coin, et le Balai* de F Escurial.
Le Mise* ne Lucent posMvIc trois tableaux de Velasquez : le Portrait de l’infante .Warpuen/e-TArrr**. vu jusqu'à .x genoux. On présume «pie c’est l'rtinb- du portrait <|ui se Imuve dans le tableau représentant U familU* de l'lutipiN' IV . le dernier cité dans b- Musée de Madrid ; un Portrait de moine, tableau bien peint, niai» dont l'admirn-lr-aliou du Musée eût pu St' dispenser «U* fain ranpiistlbin ; eiilin. une Nromon d'artistes, beau tableau bu u groupé, plein d’air, nuis restauré et mal restauré. On assure que b* ptnnier a «*tc paye 4, «10 fr.. et b* deuxieme 01,000 fr.
I.» (icirnu: ne BKivcwac.à Yieiinc, »e datte de pu»M<di-r»ii tableaux «le Vé|a*qii«'* : un Paysan riant, tenant une fleur de la inclût droite, tableau il mi-corp*; la Famille du Peintre , comprit on de 12 figure», deux tiers de nature; te Portrait de Philippe IV, figure jusqu'aux genoux; le Portrait de l’infante Marguerite-Thére*e. celui «b* sa neuf Marie-Thérèse id celui de don BaÜliasar-4 larlus.
Le PisAonHEut k ni. Mi mcn « n aurait un égal nombre. Le Portrait de l’artirle, un Memlianl, le Portrait du cardinal Rotpigliosi. et trois nutp-s portrait». A la galerie de Ihvvle. on conserve le |Mitirail du «lue «fOKvtrè», u-nnat un papier A la main.
A l'Ermtace ne Suvr Pcttasuotmc, treize cadres portent le graml nom de Velasquez. Si on excepte b*» deux fameux |i< .rirait» acquis en 1850 par l'empereur, à la vente de feu Càn il l.au no- II, mide» Pays- lia-, — ils représentent, l'un :/e/*or* trait en pied de Philippe IV, l'autre celui du romtc-dur d'OIivare*. et II» forent payés ensemble 88.549 fr. 13 c , frais «le vente compris, — m 1‘unexivpte encore trois études : f.n jeune paysan riant aur relais ; l'ébauche du portrait
d/niux-enl X ; le portrait en buste du comte duc d’OIii'cre» ; et peut-être deux vin-»: /‘une de Sarragaue, l autre de la Caraca , Je pense qu'il convwndra de ranger le» autre» dans te nombre de» apocryphe*.
La tjui.au: «uniMtr iu: Isimui» p nsi vie «b* Velasquez le |>ortrait d» Ferdinand 11, due de Toscane et celui «b? sa femme Yitlonu de la Roverr; «v* peinture» -ait d'une authenticitr trte'cunlcfctéc.
Elle pnKNvIc en outre une Charge au sanglier dirigée par Philippe IV et les grand* de sa Cour. Ce tableau incomparable fat donne par F«*rdinand Y|là lurri fàiwlcv auquel le guuv« rncnu- uti anglais l'adu-ta pair la galerie nati<<na1e, «n I84ft. Voici comment s'exprime, A l'égard de rollc peinture, le catalogue rédigé en français qui te vendait à la jiortc du Musée britannique durant U fameuse exposition de 1851 ; noutn’j chnugerons rven : « une rquine habile et vigoureuse , mnii arec « une perxpeefire gui mangue. Scan moins te paysage loin- " tain, quoigue épais, est beau, et 1er figures aussi sont n assez belles. •
Il nous reste il indiquer le* prix de* tableaux de Véluquei dan» le» vente» publique». U* nombre en est fort rrstrcitll. comme l'on pense.
A la vr.vzK iu: M. i.e im r ne Choiseu., <*n 1172, il fut olfert deux tableaux de Velasquez : une Ai nue, qui fut adjuger pour 591» livtv», l'autre. Mars et tenu*, qui atteignit 1,1 ISlivTC*. Reproduit* eu 1,777, à la vente du Prince de. Gnnty, le premier «h* <vs tableaux ns- monta qu'à l«o livres, l'autre a 61)9.
Pour retrouver nuiutrn.iul dm» b** vente» «U*s tabb-nux de Velasquez, il faut remonter ù l’année IKI7. A la vente d«- M Lap-niTi'. un houle de Philippe IV fut vendu 2,450 franc*, et celui d'un ordinal ne s’éleva qu'à 450 fran.s. En 1825. n une seconde venir, du meme amateur, on udjugi a un par trait en pied de Philipe IV en habit de chasse, 7,500 franc* ; un autre portrait du même monarque rélu en sa tin noir, 7,920 franc*, le portrait du due d’Otirarcs atteignit 1 1 ,520 francs ; un rbinnir, 1 ,000 francs et le portrait d'une jeune princesse 120 franc».
La Ve me Kiiuui, 1852, un portrait de Don Diego Rodrigue ; de Ciirag te vendit 1.800 francs. A la vente «b- M. IIiiIhm», eu |8|0, le portrait du rai Philippe / V fut vendu 2,300 franc* ; celui de la reine, sa femme, 2,850 francs et relui de son frere, 5, 1 50 francs.
M. Am »im> po*-» clatl don* sa galerie 17 tableaux de Velasquez. En 1813, à la vrntc du cabinet de ccl amateur, voici le* prix que fun nl payé» b** meilleur* ; — la Jeune fille et le nègre, 1,200 franc* ; la Dame à l’ éventail, gravée par Leroux. 12,750 francs; le Portrait en pied d'un carregidor, 1,900 francs; une Scène île mendia*',*, 1.210 franc*.
Il m*n» rv*le à parler «b** tableaux que pw«édait le roi de» Pays-ltA». triiillaunM- Il : ils furont vendus en 1830. Nuit* nvoti* dit que U> portrait t de Phihjgie I V rl du duc d'OUvares furent adjugés à TEmpemir de Russie pour 88,349 fr. 15 e.; le portrait d'une femme n'atteignit que 1 .314» francs «-t celui d'une jeune fille 1,796 fr. 21 c.
ALONZO CANO
m n iwt - unai es i«4T
O «pu nu* parait distinguer Alon/o Caoo , c'est qu'il « M In moins Espagnol de ions les pci titres «le l'Espagne, et il est à croire que si
ferait passer aisément singularité
pes le moins «lu
monde à son canrUnrt. Ilixarrr d'humeur, lier, cm prié et violent, il eut nn style correct, sage et tempéré; Formé à l'élude des statue* nu tiques, il imita la simplicité de leurs altitude*, la sobriété de leurs gestes, la |MMidérution «H lu nu'sure de leur mcmvenient ; mais autant et cnlme, autant .sa vie fut agitée. Il avait dans grec; mais il avait dans les veines du sang
naquit ii (irenade le 19 mars 1601, de parents originaires «le la Mani lle. Miguel C.nno «Mail un habile rliar|ienlier. qui nppoui ait enseigner ii son lib l'architecture. comme on l'a dit , mais qui dn moins lui en inspira legoftt. Il était simplement msamblador y tmpiUcclo tir rttabl os.
... — ... ^ pièce» «F ornement dont se composent les nUables des autels en
Espagne, et dont les modèle* se relromeni encore dans les églises de Bruxelles et d’Anvers, t prés avoir appris
Cro/r SÿiajjfTw/f
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à. son lils tout ce qu'il .savait lui-mêmi*. Miguel Cnno le conduisit à Séville au inmncnl où François Padiecn venait «l’y fonder l'école de peinture qui allait être le berceau des plus grands artiste» de l'Espagne. Dans la maison de Pachcco, véritable académie de savants, de poètes et de peintres, Alonzo Cano eut pour condisciple Velasquez, qui était du même âge que lui, et ils se lièrent d'amitié. .Mais la [iciuturc ne suftisant pas à l'ardeur de son ambition, Cano voulut bientôt modeler la cire et tailler le marbre. Il fallut lui faire apprendre la sculpture , et il devint l'élève de Juan Martinez Mon ta nez, le pins renommé alors de tons les sculpteurs de l'Espagne. Monta tic/ était un imitateur de Michel-Ange. Il avait 1111 style lier, tourmenté, tin modelé ressenti qui était de nature à séduire son jeune disciple, caria jeunesse est ordinairement jmii touchée de ce qui est simple. Et pourtant Alonzo Cano sortit de Vérole de Mouliniez tout différent de son inaitre. Il semblait qu'uu lieu d'épouser les défauts d'une manière 1 outrée, il les voulût corriger par une manière plus sage, et que la vue même de l'exagération l'eût conduit a la simplicité et au naturel. Il faut «lire aussi que, dans le cours de son éducation, l’élève de Montante avait subi une autre iiilluenee. Il y avait alors à Séville, dans le paluis des dues d’Alcala, appelé Ccua de PilaU*, des statut» antiques, des bustes grecs. Alonzo Cano les élndia, et son instinct Veut bientôt averti de la grandeur de ce beau style, si calme, si noble et si simple. Il remarqua aussi dans l'untique l'exquise convenance des draperies, leur souplesse, leur grâce, cl comment elles variaient de caractère suivant le personnage et l'action , comment leurs plis savamment naïfs, tantôt évasés et aplatis, tantôt serrés et abondants, recouvraient le uu sans le déguiser, l'etu brassaient sous le gêner par leur adhérence, en en laissant apercevoir les grandes formes et les principales saillies, et en suivunt la direction des parties en mouvement, de manière à conserver aux ligures leur unité. Dans cette étude des marbres grecs, Alonzo Cano puisa uu style que, de la statuaire, il lit passer daus la peinture. Aussi le vit-on poser les personnages de ses tableaux dans les altitudes les moins recherchées, les présenter dans le sens des plus grandes ligues et les draper avec une aisance, un sciiliuieul , uu goût de plis que u auruieut pu lui enseigner ni les levons de Montanez, ni son propre génie.
Ainsi maître des deux grands arts du dessin, et jaloux de s'élever au troisième, l'architecture, Alonzo Cano débuta par faire à Séville cinq rétables, dont trois pour le collège de Saint-Albert où il travaillait, comme peintre, en concurrence avec Zurbarnn et Pacheco, et deux pour le monastère de Sainte-l'aule. Construction, peinture, sculpture, ornements, tout était de sa main et il s'y montrait déjà supérieur à ses maîtres. El» 1628, son père fut chargé de ruuqioscr le rétable du maître-autel de l'église de Lebrija, et Vannée suivante, sur les dessins qu'il présenta, uu passa Vicie qui réglait les conditions du marché, dont la première était le paiement de trois mille duéals; mais le père de Cano étant mort en 1630 , son Vils fut appelé à continuer l'œuvre paternelle, cl quand il Veut terminée, la fabrique lit taxer son travail par deux experts, Montanez et Gerouimo Velasquez, qui lui allouèrent une somme de deux cent cinquante ducats, eu sus du prix convenu. Paloiuino fait de grands éloges de ce retable, particulièrement d une statue de la Vierge, placée dans la niche principale, et qui était si fort admirée que le bruit en vint jusque dans les Flandres et que des artistes flamands tirent le voyage d'Espagne pour la copier. Quant à Yarehilectwt de et» rétables , si le mot n'est pas au-dessus de la chose, le style de Cano est à peu près celui des jésuites, c'est-à-dire un style rond, bâtard, embarrassé de consoles, chargé de corniches et d'ornements lourds.
Cependant, par ces grands ouvrages, Alonzo Cano s'était placé à la tête des artistes de Séville, et personne ne lui disputait la préséance. Lui-même, d'ailleurs, liait entier à ton humeur hautaine et peu endurante, n'eût |ws souffert qu'on lui contestât la première place. On ne sait si ce fut là le sujet de la querelle qu'il eut. en 1637, avec Sébutiano de Llano y Yaldez, peintre connu par son talent et d’un caractère fort doux; mais il est certain que Cano, fort habile dans Je maniement de l’épée, appela son adversaire en duel et le blessa grièvement. Les lois sur le duel étaient sévères : Cauo prit la fuite et s’en vint à Madrid chercher asile auprès de bob ancien condisciple, don Diego Velasquez, qui était alors en grand crédit a la cour, en sa qualité de peintre et d’ami familier de Philippe IV. Yélasquez présenta son ami au duc d’Oliv&rez qui le prit sous sa protection, lui confia quelques travaux à diriger daus les jmluis royaux, et le lit nommer peintre du roi et maître à dessiner de l'infant don Balthazar. C'est dans ce temps- là qu'il fut chargé de peiudre le monument
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«le la semaine sainte dans le couvent de Saint-Cil, et d’ériger un arc de triomphe à la porte de Cuudnlnxnrn j tour l’cntrér; de Marianne d’Autriche, seconde femme du roi.
Le séjour d'Aloiuo Cano à Madrid fut marqué par un grand nombre d’ouvrages, sculptures en bois et tableau* de dévotion , car il lie s’en faisait guère d'un autre genre en Es|iagne. les églises et les couvents
de Madrid se remplissaient de ses peintures. On en voyait it San Isidrn el real, à San lago, it San (fines, à Santa Maria. |*irroquin. aux Bénédictin* de Monserrate, aux Carme* déchaussé, à Saint-Martin: mais depuis deux cent* ans. beaucoup de ces ouvrages ont été déplacés; quelques-uns ont |>éri, par exemple la Suinlr Cathrrine de l’église San Miguel, qui fut détruite par un incendie en 1700. Dessinateur au coup d’œil sûr. savant dan* l'anatomie, façonné por l'antique au sentiment des proportions. Alonzo Cano ne craignait pas d'aborder le uii, et tandis que les peintres espagnols évitaient de montrer la chair , symlNile du péché, el enveloppaient leurs personnages de chastes draperies, il aimait, lui. üi montrer son savoir en peignant des Chrint mort, des Christ à la talonne, des anges |>eu drapés, descendus des deux en leur nudité naïve, soit pour
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arràt« % r l'iiiKwilc Bulaam, soit pour offrir uni* liole à saiul François, ou pour soutenir le cadavre de Jésus expiré, yunnt h sa manière de modeler le ou et de le peindre. Alonzo Lano ressemblait aux Vénitiens avec moins de force. Ses carnations presrnliMit ordinairement nue large lumière «pii dévore les demi-teinb'sdu milieu, de façon que Us ombres ne sont prononcées qu auprès du contour. Sa peinture «*st empâtée, mais les touches en sont fondues et l'aspect en est doux comme un Lesueur. Elle n'a ni lu chaleur ni l'éclat d«*s Murillo. ni les «écrits «mergiipie* tk»s Hihrra, ni la franchise des Vélusquez; elle est moelleuse et passée, un pou froide, et laisse triompher un dessin pur, châtié, sage et rond, dont les lignes ont toutefois de la grandeur, un dessin qui poursuit la forme des extrémités, c'est-à-dire des pieds et des mains, jusqu'aux plans particuliers des doigts. Tel est le caractère des peintures d' Alonzo t'a no. Tel il nous apparut au Louvre, lors de l'ouverture de re musée espagnol dont lu perte est si regrettable. Aujourd'hui encore, bien que ce musée précieux ail été enlevé à la France depuis plusieurs aimées, aujourd'hui encore il nous semble voir b» belle Vierge si tendre, si modeste et si Hère tout ensemble, qui se faisait remarquer à côté des Vierge» de Murillo, et qui, moins empreiute du vrai sentiment chralien. appartenait à un type plus distingué. Il mais souvient aussi, comme si nous l avions devant les yeux, de cet Ane d»- Balaam. grand tableau qui, malgré bien dis retouches, »• distinguait Mir-h'-cliump nu milieu des puissantes vulgarités de In peinture espagnole. L ange qui arrête la moulure du prophète, est une ligure douce, corrégcsque. élégante, trahissant le statuaire pur l' beu roux choix de scs grandes lignes, nue au travers de scs «Inqierks impondérables, et revêtue d'une enulnir suave et lumineuse, que le contour enveloppe un» l'emprisonner. « Vous verrez, médisait un jour un enthousiaste de « l’école espngwde, eu me montrant ce tableau, vous verrez qu'une si belle chose ne convaincra pus nos incrédules, les amants entêtés de l'idéal, car il y a des miracles iui|Missibles... et |ionr1ant cet âne a parlé. »
En 1643, In pince de moi- tdr» matfor de la cathédrale de Tolètle étant devenue vacante, La no se rendit daus cette ville et se mit sur les rangs; mais on lui préfern Felipe Lazatn de (inyti, et Lano s'en revint à Madrid fort irrité. Ici se place une histoire qocCéun Brrimidc/ 1 semble regarder comme une fable, bicoque Palominn Vélasco l'ait racontée avec Iveaucoup de détails, disant la tenir «les héritiers de Rafaël Souguinolo. qui fut l'ami du peintre et son bâte Alonzo La no, dit-il, rentrant un soir chez lui. trouva sa femme assassinée; ses bijoux étaient volés, et un italien, qui demeurait avec eux, avait disparu. A l'instant il *Mipçomia celui-ci d'étre l'auteur du meurtre, mais la justice avant penché à croire «pie lui. Lano. axait tué sa femme, soit dans un areès de jalousie, soit pour se remarier avec une certaine dame «lont il était notoirement amoureux, le peintre instruit du «langer qui le menaçait, sortit secrètement de Madrid et se dirigea sur Valence, après avoir fait courir le bruit «pi'il était passé en Portugal. Arrivé û Valence incognito, l'artiste y lit quelques peintures, et bientôt, pour mieux «'‘«•happer aux |tnursuites, il se réfugia «Unis la chartreuse tic Pnrlacudi. a trois lieues «le In ville. On sait, en effet, «pi’il y peignit sept grands tableaux, et il voulut même pretulre l'habit de chartreux . mais il ne put amwiplir sa resolution. Knlin il osa revenir à Madrid, toujours sous d'autres noms «pie le sien , et il alla demander l'hospitalité et le secret au régi dur don Rafaël Sanguinelo.
Mais mi jour qu'il avait eu l'imprudence «le se montrer dans les nies de Madrid, il fut reconnu, apprehemh 1 au corps et mis h la torture. Ou dit que Philippe IV, informé de re fait, défendit «pu* l'on touchât au bras «Irait «le l’artiste, en considérât km «les ladies choses que ce bras avait peintes. Ce qui parait certain, c'est «pi Alonzo faim eudora courageusemeot la torture, et qui* n’ayant pu lui arracher un seul mut, un seul cri, on le mit en liberté. Tel est eu substance le récit de Palomino.
Le judicieux auteur du Dictionnaire rfi'i peintres espagnol*. Lëau Bcrinndc/. qui écrivait nu enuiinenremeni de re siècle, dit avoir fait toutes ses diligences pour découvrir les traces «U* ce prétendu procès, sans pouvoir y parvenir, y noue ha podidô hall tir- Il ajoute que Lata ru biuz dd \ aile, qui vivait à Madrid dans l«* temps même d' Alonzo Lu no, ne dit absolument rien «le relie dramatique histoire, bien «pi'il entre dans maintes particularités
• Voj n le Dicctouarfo AMarlcn de lot ma* i fit tire* prtifreom de fat India t acte » en h.spana. rompuetto par />. Juan ttjuitin i'ean Hermndn. Madrid. Itarra; in-- 12, f* vol.
* La* / nia* de lot pi» tore a y eitntuaria* emhirntei espatudet... . pnr Don tntonto /•alomtoo t'elasca. I.ondrc*, <741-
ALONZO CANO (!««!). •'
M ir In vie de ce grand artiste. Mais si fou |ieut arguer du silence de Lazare Diaz, il faut dire qn'uu mitre chroniqueur. inmimu sans doute à Léon Bermudes. don José Pellicer, a parlé du fait eu question dans ses .4 nain maHHmri/a* pi en a même précisé la date, qui Mîrait le I i juin 1 f»4 4 : « U y a quatre jours, dit-il.
t ■ caaisr aoar.
Atonzo Cauo, peintre célèbre, avait riiez lui uii pauvre (pobrc) qui venait copier le# modèles qu'il avait peinte. \ii moment où Alonzo était dehors, et où sa femme, excellente créature, reposait dans son lit, le copiste sortit de l'atelier de tàino. entra dans la chambre de In dame, lui donna quinze coups de couteau . la laissa morte rl s’échappa, (.eux qui accoururent à ses cris lui trouvèrent dans les mains dos mèches de cheveux qu'elle avait arrachés au meurtrier. Uuand vint son mari, les soupçons se |w>rtèrenl sur lui. it euiise des querelles fréquente* qu'il faisait u sa femme pour quelques légèreté» de conduite, et il fut arrêté t mais il Miliit la question avec une fermeté indomptable, niant jusqu'au bout qu'il lût l'auteur d'nu tel meurtre, et l'affaire avant été instruite. Alonzo Cano fut reconnu innocent *, u
• * — \m«t su utariilo • j jwr indien* de «lisynslos <|iio tenu eon cil» sobre mocedalcft sojas, le prend ierou. > liabo im!i>
ECOLE ESPAGNOLE
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Nous devons croire, ou effet, que l'innocence d’Alonzo Cano ne lit plus aucun doute après sa mise en liberté, puisqu’il fut nommé, trois ans après, majordome de la confrérie de Notrc-Dame-des-Sepl-Douleurs. Un des devoirs de celte charge était de ligurer à la procession de la semaine sainte, à laquelle assistaient en corps les peintres et les orfèvres, avec les oignante de la cour. Mhîs le lier Alotuo se sentit humilié d’avoir à paraître en public avec des signants, et il refusa de se rendre à la procession, ne Ynulanl pas couiprouietire la dignité de son art ni sa dignité personnelle. Pour cette contravention aux régiments, Cano fut condamné à une amende de 300 ducats. Toutefois, encouragée par cet exemple, la communauté des peintres ne cessa depuis lors de réclamer contre son adjonction aux algututils dans les cérémonies publiques : « Je tiens dans mes mains, dit Ucnnndez, l’original des remontrances présentées à ce sujet par Matins de Torres, par Josef Doiinso, et même par l.uca tiiordano. qui protestait encore en 10115. o
Sons les apparences île cette humeur intraitable, Atome Cano cachait une Ame généreuse, un bon cœur. Quand les pauvres lui demaudaient l'aumône dans les nies de Madrid, il ne inanquuit jamais de leur donner, et s'il se trouvait sans argent, il demandait une plume et du papier, et il improvisait un de ces beaux dessins pleins de charme eide goût qu'il savait fort recherchés; puis il le donnait au rueudiant en gniw d’aumône, en lui indiquant le nom et l'adresse de quelque amateur capable d'en donner un bon prix. Le dessin. du r«»te, était un plaisir pour Cano. un délassement. Non -seulement il dessinait toujours l’esquisse des tableaux qu'il devait peindre lui-même ou faire exécuter par ses élèves, mais souvent il lui arrivait, par manière d'amusement . de laisser courir sa plume sur le papier sans idée préconçue et de profiter ensuite des lignes qu'il avait tracées nu busard, pour en tirer quelque motif gracieux qu’il terminait avec beaucoup de soin el de délicatesse. D'ordinaire les dessins de Cano sont faits à la plume sur papier blanc avec une teiute de lavis. Depuis deux siècles il en est sorti d’Espagne un très-grand nombre, et ils y sont devenus rares. Les plus précieux, dit le biographe espagnol, ne sont peut-être pas ceux qu'il a le plus Unis, mais au contraire ceux qui, jetés rapidement sur le papier, montrent toute la vivacité de son génie, toute la sûreté de sa main.
A l'ûge de cinquante ans, après un second voyage à Tolède, où il fut appelé |iour donner son av is touchant quelques ouv rages exécutés dans la cathédrale, \h»n/o Cano résolut «le retourner à Grenade, sa pairie, et de s’y faire prêtre. Il voulait [tasser en paix le reste de ses jours, dans l'alternative du travail et du repos (y trabajar cou alglm tUtniu wo). line pince de chantre étant devenue vacante à lu cathédrale, le peintre n'eut pais de peine à faire comprendre ®nx chanoines qu'avant plus «le rhiinircs qu’il ne leur en fallait au chœur, ils trouveraient de l’avantage à s’attacher un artiste qui, peintre, sculpteur et architecte, pourrait chaque jour travaillera lu décoration et aux embellissements de leur église. Ix« chanoines de Grenade, très-édifics sur le talent du peintre andaloux, se laissèrent persuader et appuyèrent eux -mêmes sa demande auprès de Philippe IV. Le roi, par un décret du H septembre IGSt, conféra la rnlirn, c’est-à-dire la prébende de musicien, à Alonzo Cano, sous la condition de se faire ordonner in sacris dans le cours de l'année. Le 20 février suivant, l’artiste prit [Hvssession de sou bénéfice, et on lui donna pour atelier le premier étage de la grande tour de la cathédrale. Mais une fois installé, Cano ne vit rien de bien pressé à recevoir les ordres. Déjà d’ailleurs M)n existence était telle qu’il l’avait rêvée, car le chapitre, en considération de ses talents et «lu parti qu'on en pouvait tirer, l'avait dispensé de l’assistance nu chœur et des exercice» pieux de chaque jour, k l'exception des dimanche» et des f« ; tcs. Le temps du noviciat s’élanl écoulé sans que le peintre eût pris les ordres, le chapitre lui accorda un délai, passé lequel il fut sommé de remplir le» conditions de sa prébende. Mais Cano reculant toujours «levant la gravité de sa première résolution, les chanoines s’a«lressèrent au roi. le priant «le déclarer le bénéfice vacant. En effet, par une cédule royale, datée «lu 21» août 1656. Philippe IV «l«Vi«la que si le titulaire n’était pas ordonné au plus prochain «les Quatre-Temps, il aérait pourvu à la vacance. Les Quatre-Temps se passèrent, el Cano ne reçut point le*, ordre*. Alors le chapitre lui saisit ses revenus.
dsdtle timiuTiln, ne#» *0 « ! l ImberU btclxv itubtr. Va *e lui reeilwt» la rauw n priu-lm. y w rrce ccDir sin culpu. » Anale*.... Ce passage «tes Annale» de IVIlicer est cité «tan» une Btograpiie manutrrite d'Alunro Gibo. en espagnol. qui nous « été oMigcaiumrni communiquée par M. Delarue*.
ALONZO CANO (1601). 7
et, forcé dans scs retranchements, le bénéficier se vit obligé d'aller à Madrid solliciter sa réintégration. Heureusement qu'à la cour il rencontra l'évéque de Salamanque, auquel il sut inspirer de l'intérêt, et, qui, sans y regarder de trop près, lui conféra une cha|»ellcnie et l’ordonna sous-diacre. Cano put dés lors rentrer en jouissance de sa prébende, et en eflél une troisième cédule, du 15 août 1658. la lui rendit -avec les arrérages échus, et il la conserva jusqu'à sa mort, arrivée le 3 octobre 1667 et non, comme le dit par erreur Palomino.
eu 1676. Cano fut enterré sous le ebceur de la cathédrale, dans la niche du cuveau qui fuit face à la porte, dit la Hiogrn /t/tir mmtmcrite que nous avons sous les yeux.
Nous avons vu. il y a quelque* années, au musée espagnol, du Louvre, un portrait d’Alon/o Cauo par lui-méme. Son caractère y était peiut ail vif. Il avait le nez aquilin, les yeux injectés, lu mine pointue et farouche. Eh bien! cet homme qui portai! une physionomie d'inquisiteur, il avait en horreur l'inquisition. Si son puurpoin t avait seulement louché l'habit d'un membre du samt-ofUre, il le quittait à l'instant pour ne s’en plus servir. S’il apercevait dans une rue un pcnïtmciari», il passait dans une nuire. (Juaut à l'excessive lierté de son humeur, elle lui venait surtout de la haute opinion qu'il avait de sou art. l'n jour qu'un auditeur de Grenade lui marchandait un tableau, il lui arrachu la toile des mains et la mil en pièces devant lui. l'ue nuire fois, iruvailluut au chueur de la cathédrale de Mulaga. il crut s'apercevoir que son talent n'était pas
ECOLE ESPAGNOLE
apprécié . il inUrmoipit son irnvail el rAhi obatinéu^nt de le reprendre. Enfin étant au lit de mort, comme le prêtre lui «Influait à baiser un crucifix tuai sculpté, il le repOUMt eu disant : «• Tira, tire*, mon père, il est trop mal fuit pour que je l'embrasse*. » Et il se fit apporter une simple croix de bois. Le dernier trait caractérise parfaitement le génie d'Alonn» Cano. In amour aussi ardent de la lieoule plastique était, il faut le dire, une pas&iou MKZ nouvelle parmi res peintre» espagnols qui uvaieul été si indifférents jusqu'alors sur le choix des imnlèles. sur la nobb-sse des formes et des ligures, pl dont l'uni<|ue préoccupation était d'exprimer le sentiment chrétien dans toute sa profondeur, dans toute son austère lemlrcsse. Alonao Cano fut le premier païen de la peinture espagnole. Après lui. l'art de l'Espagne tomba pou b peu daus le matérialisme pur; l’esprit qui le vivifiait se retira; il perdit sa poésie, il rendit l'Ame.
CHAfcLCS «LA NC.
1 « T H no quérir mirer cl crueifixo <|uc I® présentai* cl sacerdote, quando lo e*tal>a auiihando |wmt morir. por eslar mal excculado, pidiendo una cnil con la que fultcno ahrnrado • Cran Bermuda.
B3IC1IKBG1I6 ÏT lEBIUTIMt.
Alnnx» Cano a tonne plusieurs élève* qui ont eu» -même* laissé un nom et (*>rm« lr*qutl» U faut citer : pour U sculpture. Pedro de Mena et Josef de More; pour la peinture! Alonro de Meja, Migucl*Geroaino l'jcta, don ScliaaUan de Itcvrcra Jbrunero, l’edro- Atanasio Itocancgra, Ambrosio Martinet, Scbu«ljnn C.omcx . don Juan Niiki «le Guevara et Josef flmieâo. Rien n'est plus rare que les tableaux d’Atonzo Cano en dehors «le l'Espagne. On nVn trouve presque aucun dans les musées de l'Europe.
Le Lon t* n'en possède plu» un seul depuis que le musée espagnol, qui avait «Me fi.rmé (»vr l'ordre du roi l.out*< Philippe et par les soins dr MM. Taylor el ttauraU, a été rendu |«r b république à l’eu -roi et vendu à Lonilre* par ses héritier*.
A la Pi*t«.nrut4)>'t de Munich, il existe un tablrau d’Alonzo (aoo — Saint Antoine de Padoue. tenant sur ses bras l'enfant Jésus, est A genoux devant b sainte Vierge, qui vient de lui apparaître. - Ce tableau est sur toile.
Les tableaux de ('a Qu n'ont guère été connus ni France que depuis le coimnenreraent do siècle , qu'ils y furent apporte* par le maréchal Soull. A partir «le celle épwpiv, nous en voyous paraître quelques-uns dans les ventes.
Vimt Lrnam, (kiwi In notaire. 4 oiupusitiou de trois
figures. |39 pouces sur t#.) — 6,654» francs.
Viivtv nr Ijvbt, 4M4 — Buste «le talnt Jean-Baptiste. Morceau d'étude de 23 pouces sur 10. — 225 frnni-*.
Vwix Aacsno, 1843 - On y vmt figurer ju»«|u‘fc «(ualorrc tablenux d'Alonto faim; nuis dans le nombre il en était plus d’un d'équivoque. Voici ceux qui se vendirent le plus cher.
Jésus remettant le* clefs a saint Pierre. (Com position de treue ligures.) — Saint Parte A genoux reçoit Ici defs. — 535 frimes.
Martyre de talnt Sébastien. | T rois figures. I — l.e saint est secouru par deux femmes qui retirent les flèche* de ion «•orp* el pansent scs blessures. (58 centimètre* sur 72. — (SA franc*.
L' Atelier de saint /imc/iA. — l.'cnfanl Jésus lui présente une «de. Saint Joseph Interrompt son travail pour lui parier, la Vierge, occupée h roudre, les regarde. — Wto francs.
Sainte Madeleine. — EUe est dans sa grotte., le* cheveux épars, éplorée, la léle appuyée sur sa main gauche. Elle regarde une image du Christ placée devant elle. Au-dessus
de sa télé voltigent de* chérubins. (Sept figures.) — 705 fr.
Autre Matieleine. — hile est assise dans m grotte, le* mains croisées sur sa piMtnnc el adorent le crucifix. De* anges lui font de U musique. (Sept ligure* | — WM» francs.
Vimi tu Mvainist. Sonir, 1852. — I n értqne donnant la communion iï une jeune file . — lieux anges font auprès de l’évéque le» fonction* d'acolyte»; l'un d'eux lient le ciboire. (K7 centimètre* sur (3.) —7,AA0 franc*.
yukm de tainl Jean. — Il est enlevé sur une haute montagne par un ange qui lui montre b Jérusalem céleste.
— Il est grave dan* le inusée Réveil. (85 centimètres *u? 43.) — 42,1<M» francs.
I.a lltion de Tagnean. — Saint Jean aperçoit l'agneau tenant lo rouleau dont il vient de rompre les sept sceaux. — Gravé dan* le musée Rrvcil |73 centimètres sur 40.| — 2.550 franc*.
La I ishm de Dieu. — Le Père éternel descend du Hrl, escorté par «leux archange* aux aile» déployée*. Saint Jcau contemple ccllr vision. (Même dimension.) — 3,700 francs-
Saint Jean.— Amis, léle nue. v«Mu d'une tunique bbticlie et d'un niantrftii rougviAlre, il bcnl un vase d'or d'où s’élance un dragon symbolique. (49 centimètre* sur 3ft.| — 3,140 franc*.
Saint Jacques. — Assis , vêtu d'une relie violacée que recouvre un manteau vert, il indique de la main droite un objet invisible; de l'autre il lient son bourdon. (Même dimension A peu près.) — 2.400 franc*.
Sainte Agnès. — • Elle est vélur d'une robe jaune dorv't . coiffée de perle* el d’un relie qui retombe sur se* épiulrs. Elle porte une main sur son e«i*ur et tient de l'autre b palme du martyre (13 renümétre» sur 90). — 4.000 francs.
Vu \ tf l.dci» INiii. ic er . IR53. — Ijx llerge et T Ei\fant.
— 210 livres sterling, suit 5,230 francs.
l.’Lnfaut Jésus endormi. 23 livre* stcrl. Im Descente de emijr. provenant d'un couvent de Finnriscams de Cadix. 54» livres, 1,230 francs.
L'Ane de Balnam (morceau capital), provenant d'un couvent de Xérès. — 2141 livre*, soit 6.000 franc*.
La Vierge et L Lnfant. 200 livres, soit 3.000 francs.
Portrait de Cano (dan* su vieillesse). — 31» livre*, soit 975 franc*. Sainte Thérèse guérissant un enfant malade.
— 44 lit., soit 1.025 franc*.
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JUAN DE PAREJA
Il est arrivé à Pareja, comme à Mazo, que pendnnt longtemps, au Musée même de Madrid, un de ses portraits a été attribué à Velâzquez. Ce portrait, peint par Pareja, et qui est encore catalogué Velâzquez (n # 142), représente Philippe IV, debout, tenant dp la main gauche son chapeau et dans In main droite un papier; costume tout noir; pour fond et accessoire, un rideau cramoisi et une table couverte d'un tapis de méim* couleur. On voit par notre gravure cumbien cet arrangement, ainsi que la tournure du personnage et les qualités de l'exécution, rappellent Velâzquez, bans tous les sens du mot, Parejn fut bien Ynebme de Velâzquez. Il n’a pas, comme Mazo. une personnalité à côté du maître : il n'en est que l’ombre, cette prolongation flottante de «celui qui est.» Mais l'ombre peut quelquefois avoir les appareuccs de la réalité : témoin la fable de La Fontaine.
Il r avait encore à Séville, au commencement du dix-septième siècle, beaucoup de familles toujours maintenues dans la même condition servile depuis l’époque des anciennes invasions mauresques. Né de parents esclave», à Séville même, vers 1606, Juan de Pareja servait, pii cette qualité d'esclave, Velâzquez, lorsque le jeune maître fut mandé à Madrid, en 1623. Un ne sait
ÉCOLE ESPAGNOLE
pas si Velâzquez avait hérité (te cet homme ou s’il l'avait acheté, Quoi qu*il en soit, In chance ne fut pas mauvaise, ni pour le maître, qui eut jusqu'il sa mort uu serviteur fidèle, ni pour l’esclave, qui, profilant de cette domesticité en contact incessant avec le génie, sut se transformer en véritable artiste et conquérir une place dans l'histuire de son pays.
Pareja fui d’ailleurs plutôt le rapin que le valet de Velâzquez. Il avait dix-sept ans, Velâzquez vingt-quatre ans, lors de leur arrivée « Madrid. Philippe IV avait dix-huit ans. La vie ne sera pus dure pour le petit mulâtre à cdté du jeune peintre, familier du pelit roi indolent, qui lui-même faisait aussi de la peinture. Iles 1623, Velâzquez avait son brevet de peintre royal ; dès 1626, il était logé au palais, clans la Trésorerie. Pareja le servait surtout à l'atelier; il broyait les couleurs, il apprêtait les toiles, il nettoyait les pinceaux, il préparai! la palette ; dans ses moments de loisir, il dessinait en cachette, il copiait les peintures de sou maître, il s'initiait à l’art avec un amour que le mystère excitait encore, «avec l'empressement d’un amant et la circonspection d'un conspirateur », dit très-bien M. Stirling.
Voir constamment peindre Velâzquez, être le confident silencieux de ses inspirations, de ses recherches, de ses caprices, assister à ses conversation* intimes avec ses confrères, il y avait bien de quoi éveiller et fortifier une vocation artiste.
lorsque Kiibens, à Madrid, en 1628, fréquenta l'atelier de Velâzquez, pareja était là, naturellement. Lorsque Velâzquez lit son premier voyage en Italie, de 1629 à 1631 , Pareja raccompagnait, et il visitait avec tuiles galeries el les monuments de Venise, Ferrari*, Bologne, Home, Naples. Au retour de ce voyage, l'atelier de Velâzquez Tut transporté dans ta galerie du nord de l'Alcazar, plus rapprochée des appartements revaux, et chaque matin Philippe IV venait voir travailler son peintre favori, causer avec lui, poser pour uu de ses nombreux portraits. Pareja était toujours là. Lorsque Murillo vînt à Madrid, en 1613, el fut patronné par Velâzquez, Pareja dut bien s'intéresser aux études du jeune Sévillan. En 1648, Velâzquez retourne eu Italie et il emmène encore avec lui le modeste serviteur, de Gènes à Milan, à Pndotte, à Parme, à Plnrenee, et, pour In seconde fois, à Venise, à Bologne, à Naples et à Rome.
L'est à Bonn*, et «pour s'exercer la main », qu’avant d'entreprendre le portrait du pape limoeent X, Velâzquez Ht de Pareja un portrait qui circula dans les atelier» et décida de son élection comme membre de l'Académie de Saint-Luc. Ce portrait, exposé au Panthéon avec les production» des autres artistes romains, le jour de la fête de saint Joseph, eut un succès prodigieux ". Quelle» émotions pour le pauvre Pareja. qui avait toujours caché ses éludes passionnées et le talent que lui-mème avait acquis mystérieusement î
«Telle était la réserve de son caractère, dit M. W. Stirling, qu'il était revenu de ce second voyage à Borne, el qu'il avait atteint l'âge assez avancé de quarante-cinq an», avant que son maître soupçonnât qu’il était capable de faire usage des pinceaux qu'il nettoyait. » Richard Cumberland explique cette longue et douloureuse dissimulation de l’esclave devenu artiste, par le préjugé aristocratique, alors encore toutpuissant en Espagne, et par la fierté hautaine de Velâzquez. La supposition n'est pas invraisemblable, puisque pareja n'avait jamais osé se révéler à son inaitre, et qu’il imagina de faire découvrir son secret — par le roi.
L'atelier du fécond Velâzquez était, comme ou le devine bien, encombre de toiles, dressées sur les chevalets ou pendues aux lambris; quelques-unes posées à l'envers contre la muraille. Philippe ne manquait jamais de se faire montrer à l’endroit ces tableaux, qui piquaient sa curiosité.
Pareja se risqua enfin à un petit coup de théâtre, entre le roi, l’esclave el son inaitre. Il introduisit dan»
4 De ce portrait, peint pir Velâzquez, M. W. Stirling a écrit U description suivante : • Un mulâtre d'un air intelligent . aux veux vil» , ayant le ne?, épaté, les lèvres gros*», les cheveux crépu* caractéristique* «le sa race; il est vêtu d'une jaquette d'un vert foncé, et il fiorU) autour du cou une collerette blanche el tombante..... Lanl Carliste possède (au château Howard, dans te Yorkahire) une tète d'un homme «te couleur, exécutée pnr ta même main (la main de Velâzquez' , portrait qu'on pourrait regarder comme relui de Pareja. * — Pans §e« Triton d'Art en Angleterre, M. Waagen mentionne avec éloges ce portrait de Howard (Ustle : • .... Un hooune de race nègre; «pression frappante de naturel . coloris d'un grand mérite. *