LUS PARET Y ALCAZAR
Comme toutes les autres Écoles de l'Europe, l'austère et dévote École espagnole subit, au dix-huitièmcsiècle, lu tyrannie des mœurs et de In mode. Avec Louis-Michel Vanloo, Mungs, les frères Gonzalez Velâzquez, Maella, Hayeu, Goya, Camaron. Carnicero et Carmona, elle cultiva le genre mythologique et galant et sacrifia aux Grâces.
La part d'influence que l'art français prit à celte transformation est naturellement des plus larges : Coypel, Watteau, Le Movue, Cari Vanloo, Boucher et bien d'autres encore furent étudiés, reproduits, interprétés, et il n’y eut pas jusqu'à Naluire qui ne rencontrât en liayeu un assez fade imitateur.
Luis Parcl est un de ces rejetons que l'École française a fait pousser sur le sol de la Péninsule : par son maître, Charles de La Traverse, élève lui-même de François Doucher, Parel se trouve procéder en ligne directe du peintre des Amours.
Né à Madrid en 17 (7, Luis Paret y Alnorar suivit, à ses débuts, les cours de l'Académie de San Fernando, sons la direction d' Antonio Gonzalez Velâzquez; puis il devint l'élève de La Traverse, un aucicu yrand prix de Home, que le marquis d'Ossuna, ambassadeur de France, rencontra en Italie et emincuu à Madrid un le nommant son secrétaire.
En Espagne. Charles-François de La Traverse fit de la peinture plutôt qu'il ne s'occupa de diplomatie, Admis de plain-pied dans la haute société madrilène, l'élève de Bouclier, gentilhomme et artiste, se vit recherché autant pour son talent que pour ses qualités d'homme du monde et de personnage officiel. La Traverse, croyons-nous, caressait un rêve, et il devait passer lu meilleure partie de sa vie à en attendre inutilement lu réalisation; il espérait, par la protection du murquis d’Ossuna, être nommé peintre du roi (J tarie» III, et peut-être encore surintendant des beaux-arts, comme l’avait été Haphuël Mengs. Malade et déjà presque sexagénaire. La Traverse finit par abandonner l'Espagne et retourna en France.
Toujours est-il, d'après cc que rapporte Ccan Bermudez, que La Traverse prenait son professorat au sérieux; il astreignait Parut à ne dessiner que d’après l'antique ou d’après la nature même, l'obligeait à esquisser du premier coup une composition sur unu donnée historique quelconque, lui faisait étudier les chefs-d'œuvre des grands maîtres, et spécialement le coloris de Van Dyck et de Rubens, et ne tolérait puinl que son élève copiât ses productions personnelles.
Remarquant que Paret peignait avec une préférence marquée les figures de petites proportions, Lu Traverse se garda bien de contrarier le goût de son élève; aussi, lorsque Parut sortit de ses mains, il était tout préparé pour peindre ces romerias, où fourmille toute une imputation eu fête; eus parcs a la Watteau, où, sous les allées ombreuses, passent des couples d'amoureux; ces Vues de la Puerto de/ Sol, que peuple un monde de promeneurs : gentilshommes, abbés, dames élégantes, et que traversent de brillants cavaliers et de majestueux carrosses aux attelages de mules empanachées; et encore ces pittoresques intérieurs ou l’artiste nous montre, comme dans le Mayasin d'étoffes de la galerie Salanianea, des chalands débattant le prix d’une emplette, lu marchand gravement planté derrière son comptoir, et les commis rangeant ou déployant quelques pièces d'étoffes aux chatoyantes couleurs.
Paret fut en effet le peintre de toutes ces choses charmantes qu'il sait exprimer gaiement, spirituellement, mm sans line délicieuse pointe d'originalité nationale, et traiter d’un pinceau lin, délient, pimpant, dans
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une gamme très-montée, rappelant pour l'éclat les brillante* fantaisie* champêtre* de son contemporain Goya.
Paret a peint encore de* paysages, des bouquets cl des guirlandes de fleurs, et, sur l'ordre du roi, toute «ne série de Vues des divers ports <T Espagne, a la manière' de Joseph Vcrnet. Il fit même deux tableaux historiques, mais réduits aux proportions du genre ; l'un représente la cérémonie de la Prestation de serment, par In prince des Asturies, dans l'église de San lîoronimo; l'autre une sorte de Carrousel où figurent les personnages de la famille royale, cavalcadaul, par couples, sur des chevaux richement harnachés, au milieu d'une population en fêle.
Au dix-huitième siècle, le goût des éditions luxueuses était aussi bien répandu en Espagne qu'en France pour les chefs-d'œuvre littéraires. Comme Charles de La Traverse, qui dessina un grand nombre d'illustrations pour les livres publié» à cette époque, Paret composa des dessins, des culs-de-lampe et des titres pour le Parnasse de Quevedo, les Nouvelles de Cervantes, YAnden Testament, et d'autres ouvrages encore qu’il enrichit de sujets empruntés h ces ouvrages mêmes, de gracieuses têtes de pages et des plus délicieuses vignettes.
Paret, mis par là en goût de graver, s’est essayé une fois à manier la pointe; ou a de lui une petite pièce finement traitée où il a croqué les tètes d'un Turc et de dames aux coiflures curieusement ajustées. Cette spirituelle eau-forte est assez rare.
Paret mourut à Madrid en 1799; il était membre de l'Académie de San Fernando, dont il fut longtemps le vice-secrétaire.
Madrid. — Misés rotal. — Prestation de serment du i Vente Salamanca ,1867'. — t'i« de lu Puerto del Sot et prince des Art u net. — Carrousel. de. l'église du ffuen S ueeso : 2, MO fr.— t'n Magasin d'étoffes
Academie de Sas Fernando . — Diogenr et ses ami». à Madrid au xvui* titot* : 1.400 fr. — La Promenade au
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d'Espagne.
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