‹ Histoire des peintres de toutes les écoles (volume 2)Chapitre 48 sur 58 · OST ES «T · texte numérisé non relu

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Antonio Palomino, que ses travaux comme historien de l'art ont fait surnommer le Yasnri esfmjnol, naquit en 1053, dans In petite ville de Bujalancc. Plus lard scs parents vinrent habiter Cordoue, et c’est dans celte ville que Palomino fit ses études classiques et apprit la jurisprudence et la théologie. Ile bonne heure, le jeune étudiant manifesta son inclination pour la peinture; dans scs heures de loisir il s’appliquait à dessiner d'après des estampes, et lorsqu'en 1672 Valdès Leal vint passer quelque temps à Cordoue, Palomino put déjà lui soumettre ses premiers essais.

Valdès lui donna des conseils, imprima une direction normale à ses études artistiques et lui apprit les élément* et la pratique de la peinture, linéiques mois après, Alfarè, dans un de ses séjours à Cordoue, connut Palomino. Frappé de ses dispositions, il l'encouragea à persévérer, lui conseillant même d’aller a Madrid, où il pourrait se perfectionner auprès d'un maître. Ce ne fut toutefois qn'après avoir achevé son éducation que Palomino se décida à suivra les conseils d’Alfarù. En 1678, il partit pour Madrid, mais déjà il était un peintre, puisque, dès son arrivée, il s'occupait à terminer quelques toiles laissées ébauchées pnr Alfarn.

Palomino eut bientôt conquis un rang honorable parmi les peintres madrilènes. Protégé par Carra fio et par le comte de lienavente, il obtint d'être chargé, sous la direction de Claudio Coëllo, qui lui portait un affectueux intérêt, do peintures à fresque et de travaux décoratifs au palais du Pardo ; ces travaux, exécutés sur les dessins mêmes de Coèllo, méritèrent à l’artiste d'unanimes éloges ; le roi le nomma sou peintre od honorent.

L’entrée solennelle à Madrid de la reine Marie-Anne de Noubourg, femme de Charles II, fut pour Palomino l'occasion de nouveaux succès ; las magnifiques décorations qu'il exécuta sur la place de la Ville, lui valurent la confirmation définitive de peintre du roi avec les honoraires attachés à cette charge.

Témoin de l'arrivée de Luca Giordnno à Madrid, il cul à déplorer la perte de son ami Claudio Coèllo, mort de chagrin en voyant l'enthousiaste accueil que fit la cour à ce peintre étranger.

Chargé de décorer les vnfites de PKworial de sujets commandés par les moines, et relevant bien plus du

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domaine de la théologie que de In plastique, Giordnno dut faire appel à l'érudition de Palnminn pour se faire expliquer l’accord possible entre l’art et les textes sacrés : Palnmino * pii acquitta si bien que Giordano enchanté baisait ses croquis en s'écriant : u Voilà qui est déjà tout peint ! «•

A partir de l’année 1697, Paloiniuo commençait une série de vastes décorations, soit à l’huile soit à la fresque, qu'on regarde à juste titre comme les meilleures qu’ait produites cette époque de décadence.

Palomino peignit d'abonl à Valence le presbytère et la coupole de l'église de Son Juan del Mercado, travail considérable que lui-même a décrit longuement, et qui lui lit le plus grand honneur comme érudit et comme artiste. En 1701, il décorai! encore à fresque les voûtes de la chapelle de Xunfrtt Sciïora de In* Desemporados, en même temps que Dionis Vidal, son élevé, exécutait sur ses dessins 1rs grandes peinture* de l’église Saint-Nicolas. C'est de celle époque que liaient l<?s fresques de la chapelle du sanctuaire ainsi que le tableau du Repentir de saint Pierre qu’on remarque dans la cathédrale de Valence.

Appelé en 1705 à Salamanque pour peindre l'abside du chaman couvent de San Esteban, il y représenta, sous une suite d’allégories, F Eglise militante e I P Eglise triomphante.

De 1706 à 1711, Palomino, revenu à Madrid, prépara la publication du premier Volume du Jfiism pktorkoy qui lie parut cependant qu’en 1715.

En 1712, l'artiste alla peindre à Grenade la coupole de la Chartreuse; au milieu d’une gloire d’anges et de bienheureux, il représenta saint Itruiio soutenant le monde sur ses épaules.

En 1 7 1 4 , il décora de sujets emblématiques le catafalque élexé pour rendra les lioimeiirs funèbres à la reine Marie-Louise de Savoie, femme de Philippe V. Ses peintures à fresque, a lu chartreuse du Paular, furent les derniers grands (raxnux que Palomino entreprit, encore dut-il appeler hiii fils auprès de lui pour l’aider à les terminer. Dès lors, holiste se consacra tout entier à lu publication do son ouvrage, dont la second volume parut en 1721. L’année suivante, sn femme étant morte, Palomino se lit aussitôt ordonner prêtre; atteint depuis quelque temps d’une maladie grave, il expirait à Madrid en Y année 1726.

Artiste érudit, praticien habile, Palomino déploie dans ses ouvrages décoratifs tout l’apparut du grand art; il sait agencer les plus imposante* machines et les composer avec bonheur; mais l'érudition et l'habileté ne Muraient suppléer l'inspiration absente; aucun souffle puissant n'anime ces vastes appareils, et le fracas d'un style théâtral et vide n'en fai! que mieux ressortir le manque absolu de caractère.

L’ouvrage qu’a publié Pulomino sous le titre de Museo pktarico g Escata optira pst divisé en trois parties ; les deux premières traitent de l'histoire, des procédés et de renseignement de l’art; la troisième, qui porte le litre de Parnaso espofiol, est consacrée à retracer les biographies des artistes espagnol*, depuis Antonio del Rincon jusqu'aux contemporains do Palomino.

L'auteur a eu, le premier, le mérile de grouper dan* d’intéressantes notices de* renseignements épar» dans des travaux la plupart manuscrit*, et qui, sans lui. seraient sans doute oubliés ou perdus, beaucoup d'erreurs et d'anachronismes se sont glissés dans cette compilation , souvent peu judicieuse, et où les traditions d'atelier, les assertions sans valeur historique tiennent trop de place. Palomino y juge encore le plus habituellement san* critique, et s'y montre prodigue d admirations que la postérité est bien éloignée de ratifier.

Oan Bermudex a donne li* catalogue rnmpiel île* nombreux navras?* que peignit Palomino pour le* églises et le* couvrais de l'Espagne. Voici maintenant la liste des tableaux de fartiate qui font partie dp* musée* et «les coNpcImmui particulière*.

Madrid. — Miser rotai.. — .Saint Bernard abbé, — Conception entourée d'ange» signée du monogramme' . Le petit MMt Jean.

More national. — Adoration de» Uni* [signée : Wcv/r* pirlcr Palomino VeUsseai.— USon/fe de saint Joseph, — ht Cène. — le» Descente du Saint-Esprit sur le « Apôtre*. — Naissance d e Jésus-Christ,

Academie d* San Fernando. — La Couice/»f»on.

CouacnON Madba/o (Palais Solamanra . — Cnnreptiem.

Londrer. — National i • aller v — La J Lite au tombeau.

Collection Howkis*. — I n Franciscain .

Cheuoiirc. — More. — Saint Sébastien.

Veste Aoruio (IS4S - — L'Enfant Jésus a/r/m musant à saint Antoine de Padaue: 100 fr.

Vente de lani.ie.nne Galerie eskacxole de Lucvre [lamdre*, 1*53’. .Sainte .lune : 1 9. — t : n Eranritrain :<M.

ALONSO MIGl EL UE TOBAR

ItK K > ItU - MORT » » lit».

Aloneo Miguel de Tobar, lié en 107 K à llignem, apprit la peinture à Séville sou» la direction d'un médiocre professeur appelé Juan Antonio liijnido. la» dispositions naturelles de l'élève suppléèrent à ) insuffisance du maître. De lui-même. Tubar recourut à de meilleurs modèles. Il demanda aux ouvrages de Mnrillo les secrets de leur beauté, étudia le génie du grand arlisle dans scs diverses manifestations, s'identifia avec son style, ses procédés, et parvint ii atteindre une telle perfection d'imitation que ses copies ont été souvent prises pour les originaux mêmes.

Cette périlleuse habileté, tant admirée de scs contemporains, décida de l'avenir de l’artiste; malgré ses brillantes (pialilés natives, Tobar demeura condamné au pastiche.

Un tableau qu’il peignit pour b cathédrale de Séville prouve cependant que Tobar aurait pu être un peintre original ; ce tableau représente la Vierge assise sur un trône et portant rKufuul-hieu; deux saints se tiennent défouit aux côtés du trône, tandis qu'au premier plan, un clerc, revêtu d’un surplis, se prosterne en adoraliou. Au jugement de Cean llenuudc/, celle composition, empreinte d'un sentiment exquis et d'une exécution vraiment remarquable, est le meilleur qu'ait exécuté l'artiste. C'est encore l'ouvrage le plus parfait qui ail été peint dans celle époque de décadence.

Lorsque Philippe V vint visiter Séville, les principaux personnages de la course firent présenter Tobar. Tou» s'émerveillèrent de son talent d'imitateur, et le roi le iiouunn, par une cédule datée de 1723, pitilor Je canut ra. Tobar quitta alors Séville et suivit la cour il Madrid.

A Madrid, l'artiste fit quelques bous portraits : Cran Iteriumb'/. cite entre autres celui du cardinal Molina. Tobar copia également des portrait» peints par Murillo. Parmi ces derniers figure une excellente etxigoureuse reproduction du portrait même de Murillo; elle appartient au Musée roval, cl l’ancienne Galerie espagnole du Louxre eu possédait une réplique.

Le Musée de Madrid renferme uik- curieuse composition mvsliquc de Tobar; on la nomme la bivina Pastora : la divine pastourelle, parée d une robe rose et portant une sorte de justaucorps en peau de mouton, préseutc des roses à ses brebis; des anges veillent sur le troupeau; dans le fond, un ange vole au secours d'une brebis égarée que poursuit le démon sous la furme d’un dragon. Cette toile est encore une imitation, mais singulièrement affadie, du si) le de Murillo. Le coloris en est pale, la touche maigre et léchée, le dessin timide et gauche. Ilieu enfin ne relève celte peinture énervée, où la fadeur de la pensée n a d'égale que b mièvrerie de l'exécution.

Les biographes s'accordent pour louer une Sainte Famille , copie «le Tobar d'après Murillo, qui se voit dans l'église du Suntn Maria la Hlauca, à Séville.

Tobar mourut à Madrid eu 1738.

Mjvdiuii. — Mis».* roval, — In IHriae Henjerc. — l’or- j trait Je Murillo.

Academie de Sax Feinimm». — L'Ange appu niinsant à saint François. — ht Vierge et t Enfant.

Lu Mmes. — f&LL&cnoN \V. SriRUMi. — Portrait île Mûri Uo,

Ht un v — Mi m.k. — Sut ni Joncph et l’enfant Je* u*

SasiT-pKm«lu|!U. — Il miuitvck. — Enfant rt-nnmne Je pampre*.

V’KKr* Am ado [INXIt . ht Vierge H l' Enfant Jésus itleii* iDiHlsillDim I ,:; 6 D fr.

VltNTK ÎSiillT 1X5.* . Jeta* rt h tint Joseph : 1 150 fr. AXCIEXNE IiALEAIE ESIMüSlU.K. — YbVTK A LOXDRES ,1lW. — Saint Jean-H sptiste : * 10.

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