‹ Histoire des peintres de toutes les écoles (volume 2)Chapitre 6 sur 58 · FRANCISCO RI B ALT A · texte numérisé non relu

FRANCISCO RI B ALT A

deux fois on Kspagne, mais comme Ribalta fiait mort quand il y vint pour la seconde fois, In rencontre des deux peintres n’a pu avoir lieu que lors du premier voyage du Rubens dans la Péninsule, c'est-à-dire en 1603 à l'epoque où le duc de Manlouc envoya l'artiste flamand vers le roi Philippe III. Rubens avait débarqué à Alicante, et il mit vingt jours pour se rendre à Vallndolid, ou le roi était alors. C'est sans doute pendant ce trajet que, sans trop se détourner de son chemin, il s'arrètu à Valence. Kn 1603, Rubens il était

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encore qu'un jeune homme de vingt-six ans, déjà fort habile assurément, mais inconnu en Kspagne, tandis que la réputation de Ribalta était depuis longtemps consacrée : si donc l’anecdote rapportée par Mariette est exacte, il en faut changer, non la forme, mais l'esprit, cl croire que si Rubens peignit, ainsi qu’il l’assure, « plusieurs choses » devant le peintre de Valence, il le fit simplement, modestement, un peu comme un élève qui s'essaye devant un maître. C’est que Ribalta n'était pas seulement un artiste applaudi, c'était aussi un excellent professeur ; il avait ouvert une école où il enseignait les doctrines italiennes ; lieaucoup de talents s'y développèrent, et ce n’est pas pour lui un mince honneur que d'avoir été le premier guide de Ribcrn, qui, il est vrai, alla plus tard demander à Oaravage des leçons qui agirent pim-

ÉCOLE ESPAGNOLE

puissamment sur sa violente nature. Kibalta trouva des disciples plus dociles, mais bien moins robustes, dans Castaneda, qui épousa la fille de son maître et mourut en Ifi2ü, et dans Grégoire Bausu, né à Majorque en 1590 et mort en 1656.

Enfin Kibalta eut aussi pour élève son propre fil» Juan, dont la vie fut à la fois si brillante et si courte. Cet enfant bieu-aiiné était né en 1597. Grandi dans l’atelier de son père, tendrement initié aux procédés «le la peinture, il ae mon Ira d'une précocité singulière. Juan Kibalta n’était encore qu’un écolier lorsque, à la grande surprise des connaisseurs charmés, il peignit Le Crucifiement du Christ pour l’église du couvent de San Miguel île Ins Ueye*. Cette composition est liéreinciil datée de 1615, et l’on a peine à croire que cè soit Imiivre d'un pinceau de dix-huit ans. La correction du dessin , la justesse des raccourcis . l’heureux agencement des groupes, la vivace frah-lictir du coloris, assurèrent, dit-on, le succès de cette vaste peinture. Dès lors, Juan Rihnlla aida son père dans l’exécution des importants ouvrages qui lui étaient confiés. O travail en commun fut profitable à l’élève comme au maître. Leur manière de peindre se rapprocha et devint tellement purciile quoi» a souvent quelque peine à distinguer l'œuvre du lits de celle du père. Il n’v a pas bien longtemps que, confondant volontairement les noms des deux peintres qui avaient si souvent associé leurs efforts, on disait à Valence de tel ou tel tableau qu’il était des Kibalta : aujourd’hui encore leurs productions sont exposéi» au musée royal de Madrid sous une même étiquette.. Toutefois , lorsqu'on y regarde de plu* près, mi s’aperçoit qu’il y a entre le faire* de Francisco et celui de Juun , la différence «pii doit inévitablement exister entre les méthodes d'un artiste qui, né au milieu du seizième siècle, en a d'abord accepté les patientes pratiques, et celles d’un jeune peintre qui s'est développé, au contraire, a l'heure où l'école affranchie commence à mani<-r le pineeau avec plus de laisser aller et d'audace.

Juan llihalla a peint un assez grand nombre de portrait». Il est curieux d’avoir à rappeler qui* les aficionado* de Valence faisaient déjà beaucoup île cas à cette ép<wpie d«*s collections d'effigies historiques. L un «le ces amateurs, hou IHego de Vieil, cliargen le jeune Kihalta de peindre pour lui une série de portraits des hommes célèbres de la province. Juan, habile en tous les genres, lit aussi des scènes familières et des tableaux de nature morte; enfin, lorsqu'il eut publié quelques vers à propos de la béatification de saint Thomas de Villeneuve, en 1620, Valence put croire un iusfant qu'elle aurait en .hu un poète de plu», et Lope de Vega n'a pas dédaigné «f honorer de s«*s éloge* ce jeune esprit aimé «le deux Muses. Ainsi s’écoulèrent pour les «leux llihalla !«•* premières années du dix-twptièiDe siècle. Aucun événement grave n’est à noter dan» le cours régulier de ci 1 * existences heureuses. Il parait seulement qu’en avançant dans lu vie, Francisco Kibalta subit «h* plu* en plus l'influence de son fils, et qu'il mit peu à peu en oubli les sévères souvenirs de son voyage d’Italie. L'esprit du temps le voulait ainsi, et, le goût de l’Ecole sa* modifiant, le vieux peintre changea insensiblement sa manière. « Dan» plusieurs de ses tableaux, a-t-on «lit. François Kibalta est assez négligent pour qu’on 1er* croie d’Etienne Man-h nu «le quelque .mire moderne qui peignirent avec assez de licence et sans étudier assez les contours*. ■< Tes allures plus libres, cet abandon d«* méthode* jadis tant aimée* et surtout un défaut de transparence dans h*» «adorations, marquèrent la fui de la «'arrière de Francisco Kibalta : il mourut à Valence le 12 janvier 1628, et le 1 1, il fut enterré à IVglise San Juan del Mercado.

O déuoùmcnt était prévu, mais le coup n’en fut pas moins rude au cœur du jeune Kibalta, qui perdait ainsi à la fois un père, un collaborateur, un ami. Quelques mois après, il tomba malade, et, trompant l 'espérance publique, il « éteignit à trente et un ans, le 10 octobre de la même aimée. S’il lui eût été donné de vivre, a dit Ticnzzi, il serait devenu pmr l'Espagne uue sorte de Zuccher. Prononcer ce nom, n ‘est-ce pas reconnaître que, malgré tous ses mérite», Juan Kibalta touche déjà à la décadence?

Francisco Kibalta a laissé un œuvre considérable. Il avait pour lui la science et la patience; il eut

• Quilliel, Ihctùmrvurr des Peintre* espagnols, page 2*4. Cette réflexion est empnintée a Céun-BermiHira . qui classe il'aUtenrs Fnuvàaco Riballn parmi le» limiers praticiens do l’École de Valence. Quant ï Slarirllr, il nous paraît dépasser la mesure de* cxai^rnlkm* permise*, kirequ’il assure «pie ce peintre « est regardé par le» Espagnols comme un second CotrégB. • On ne voit pas qu aucun écrivain sérieux oit jamais songe à établir entre le* «Jeux maîtres une assimila lion aussi chimérique.

FRANCISCO RIBALTA (1551).

aussi uni’ certaine tendresse d'àuie, un sentiment doucement religieux, une volonté courageuse et persistante. Bans l'histoire de Part en Espagne, son num demeure inscrit à cèté de ceux qu'on respecte davantage ; il est digne en effet d'une grande estime, et cependant son talent n'a pas. dans l’École, une physionomie bien accentuée; il n'est pas de ceux «pii, frappant l'esprit par un caractère particulier, laissent dans le souvenir uuc éternelle empreinte. L'influence de Francisco Ribaltu lia duré qu'une heure. C'est un peintre

assurément, mais ce n'est pas un grand peintre, car au lieu d’exercer sur ses contemporains mie autorité réelle, c'est au contraire lui qui l’a subie. Aux premières années de sa vie, il travaille avec les mystiques comme Juan deJnanès; il imite, il copie, il arrange à la mode espagnole les poissa nie*, créations de Sébastien del Piombo; puis il se laisse prendre aux méthodes éclectiques des Carrache, et enfin il arrive aux procédés plus libres des improvisateurs du dix-septième siècle. L'histoire tiendra compte de la sincérité d’un si long effort; elle appréciera cette carrière si bien remplie; mais llibalta devra se contenter de l'applaudissement de quelques mémoires fidèles : la gloire garde ses couronnes pour ceux-là seul* qui ont montré dan» leur œuvre une personnalité avérée et virile.

PA I L MASTZ.

KîGïïiMiBS 1T ÏÏÏIü'CrrjDBS

Lkan* son excellent WriMMin-'Jirf historique. (tean-Rermudez . a uisére, à la suite dune Iwigrapliie mnnonam* île» Hibalta. i te catalogue «te* lablraiix rorarrvé* dans tes épli»ra et te» monument* public* de l Espagne. Non» mus lmrnrron» à ,

• ompii'ter *ra indication* en ikiniwnl la liste de» «ivraie* «te Fraiiçuco iju«m peut soir dau» Ira musée» de Mmlrnl ri dan»

• prelipira galerie» de l Eorxija*.

Mc*ce oc Minai» — Le Chnst mort ««tenu pur dru j ‘Hijft. Ce tableau a été lithographie {«art*. S-nm dana la col' lection publier en 1B1C parle» soin» «le M. «te Madrnzo. On en trouvera la gravure à la pape 3 de cette biographie.

Saint François <f Assit** arec un «raye yui jour du luth.

• telle peinture est vraiarmblahteinent celte que Hi balte avait exécute* pour Ira rapucin» de Valence el «(ui eal • trente par

• Vaiv-BiTinudei.

Saint J fan rt rotin/ Mathieu, — Saint Marr rt sam/ Lue. lai premier «te cra Uibteuiix a Hé lithographié par Alrasanilm IHaneo ; te second r»l reproduit à la page 7 de la présente notice.

Une Ame en peine. — l'ne Ame bienheureuse — Buste d'un r hauteur.

Academie m San Fernando. — Saint Pierre et sainte

\ffueda.

Le muter du Fomento t*t’ possédé aucune unis n* «Ir*. Ribaba.

Oresde. — Le Pape Grégoire le U nmd entoure de '■ordinaux. (> i.iSite.itt rat «te Juan Rihalla.

Ml *ÉE DE SilVT-l'ÉTERsaui R«; — /.« Mise m Croix.— La Madeleine mnduisanl les apdtret au lamheou du Christ. —

La Rendait rr demmle lune el de Joachim. Le même mimer imuéijc item tableaux de Ritmlia te ül* : le M irtyre de

mrate Catherine, et Jephte » apprêtant a sacrifier sa fille.

Londres. Collection de sir W. hntv — Portraits dr l artiste et de sa femme . te ^uyemenf dernier.

Coixkctwn DK M. G. Humhn*. — Saint Jean dans le désert, (te tableau, de même que tes deux précédente, a été exposé i> Maacbester eu 1*57.

Vente DK M. AglaDO I4Î,. — La Conception de la t ierge: même sujet .• la Cierge, m hutte elles mains jointe*.

Vente or maréchal Sotlt (18531. — La Cène, tabteau »ur liras, ü.ïoo franc*.

Verte m soi Lwm - Piiilipme .Londrra, 1H53, . — La Madeleine. — le Portement de croix .

Vente dv comte Pourtale* llUOT). — Lt Christ mort, assis sur le ho rd du tombeau et soutenu fiar deux ange». IHO franc».

Mi'ir. de Valence. — Nom/ Francis embrassant le erucifijr. — La conception. — Saint Jcin-Baptiste, — Srttnl Bruno. — £'.4tMimp(Min «te ia IVeyr — Sotre-Dame^r- Parta-C irli. — Le Ckrit entre les deux larrons — La Résurrection. — Une «opte «te la Transfiguration , «l'apm Hiiplwél. — line ropM 1 de la Vote des d>-u leurs, dr Sébastien «tel Pwunlai.

Le mut** de Valence pn*»f«te au»»» . «te Juan Ribnlta . divers portraits . te Martyre d une Sainte et le grand Crucifiement . proiciuni du «ou sent ite San Miguel «le k» Iles e*. (te tableau «**1 signe : Joannei ftibalta psngrbal et MircMi/ tu triai is antr anntt f fi 1.1.

Au sujet de ce» drvrrses {leintares. on peut lire un «avant article publie sur le muséum de Valence par M, Anaojs Sancliex (SI Arte rn k'spaû a. lot ne IV

rat iv.

n nutum MiiKtMt mk *»*nm. : ri A

&co/e &ÿutpno/e. j£or/reu/-j c/ re/eÿist&r.

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