E. B U COU RT. D. PANTOGA. PINX. " ' -O ELANG LE. SC
ISABELLE DE VALOIS (Musée de Madrid).
place et obtenir de beaux effets de lumière. Au seizième siècle, les artistes espagnols étaient encore timides, et les brillantes qualités de leur École nationale ne se développèrent que sous Philippe IY.
Comme portraitiste, Pantoja de laCruz peut encore être apprécié au Musée de Munich, dans les excellents portraits de l’archiduc Albert d’Autriche et de sa femme l’infante Isabelle, fille de Philippe II, de grandeur
naturelle et vus jusqu’aux genoux, tous deux signés : ioanes de la + faciebat madridi; le premier avec la date 1600, le second avec la date 1599.
Après la mort de Philippe II, en 1598, Pantoja avait conservé la même faveur auprès du nouveau roi Philippe III. C’est lui qui fit les dessins pour les tombeaux de Charles-Quint et de Philippe II, dans le presbytère de l’église de l’Escorial. C’est lui qui fit de Philippe III un grand portrait équestre, envoyé à Florence comme modèle pour la statue en bronze du célèbre sculpteur Jean de Bologne, laquelle fut placée dans le jardin de la Casa del Campo. On voit par les dates que nous avons citées de ses grands tableaux qu’ils furent peints sous le règne de Philippe III et probablement d’après sa commande.
Des principaux personnages de la nouvelle cour, ainsi que de ceux de la fin du règne de Philippe II, Pantoja avait laissé une quantité de portraits, placés dans les résidences royales, à l’Escorial, à Buen-Retiro, à la Torre de la Parada, au palais del Pardo et au palais de Madrid. CeanBermudez en cite encore quelques autres, notamment celui d’un conseiller du roi, RuisPerezde Ribera, signé et daté 1596 ; ceux du Pardo et du palais de Madrid ont péri, avec beaucoup de portraits du Moro et de Sanchez, dans les incendies qui ravagèrent ces deux châteaux. Mais les portraits réunis au Musée de Madrid suffiraient, tout seuls, à garantir la juste réputation de Pantoja dans son École et dans son temps.
11 mourut à Madrid en 1610, onze années avant son second patron Philippe III. Le petit Velâzquez, qui devait représenter la phase la plus glorieuse de l’École espagnole, commençait déjà, sans doute, à barbouiller des dessins.
w. BÜRGER.
Louis Viardot, dans ses Musées d’Espagne, a très-bien apprécié Pantoja :
« Élève de Sanchez Coello, Pantoja de la Cruz a laissé aussi une galerie d’assez curieux portraits, même dans ses tableaux d’histoire. Ainsi, la Naissance de la Vierge et la Naissance du Christ (Musée de Madrid nos 175 et 181) réunissent Philippe III, sa femme Marguerite d’Autriche, leurs proches parents et divers grands seigneurs de leur cour. Conservant dans sa manière la timidité de pinceau propre aux artistes espagnols de son temps, — encore trop voisins de l’imitation italienne pour avoir conquis toute, cette liberté, toute cette fougue indépendante qu’ensuite ils portèrent peut-être trop loin, — Pantoja delà Cruz imita et égala son maître Sanchez Coello pour l’exactitude du dessin, la simplicité des poses, la vérité des expressions. Il dépassa tous ses devanciers dans la délicatesse du fini, terminant avec soin jusqu’aux moindres détails, mais sans lourdeur dans le coloris, et sans nuire, ce qui est rare, au bon effet de l’ensemble. »
Outre les portraits du Musée de Madrid et ceux du Musée de Munich, que nous avons cités dans le texte, il faut citer encore le portrait d’un Gentilhomme de la cour de Philippe III , n" 201 du Catalogue de l’ancien Musée espagnol au Louvre, (le second portrait qu’on lui attribuait au même Musée, une Dame de la cour de Philippe IV, ne pouvait pas être de Pantoja, mort en 1610), et un portrait de Juan Antonio de San Pedro, àl’àgede quatre-vingts ans, peint en 1590, dans la collection du château de Vista Alegre, près Madrid, à M. de Salamanca; la galerie de Vista Alegre possède aussi une copie du portrait de la reine Isabel de Valois.
On doit encore consulter le catalogue que donne Cean Bermudez à la suite de sa biographie ; plusieurs tableaux qu’il y mentionne ont passé des palais et des couvents dans le Musée royal de Madrid.
Voici le fac-similé de la signature de Pantoja sur son tableau religieux du Musée del Fomento :
panne J Pantoja.
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