JUAN DE LAS ROÉLAS
d'ailleurs avec la plus extrême vérité. Ces tendances lui attirèrent de la part de Pacheco, son contemporain
MORT DE SAINT ISIDORE (Cathédrale de Séville).
et son rival, une assez singulière querelle. Dans un tableau de Sainte Anne instruisant sa fille , qu'il avait peint pour l’église de la Merci, Roélas avait figuré des fruits confits, des dulces posés sur une table, et
ÉCOLE ESPAGNOLE
dans une Nativité , près de l’ Enfant-Dieu resté nu, un grand drap de lit. Il faut lire dans l’Arte de laPintura les deux curieux chapitres que le grave familier de l’Inquisition, trop entiché de l’orthodoxie et du style noble dans les peintures religieuses, a employés à discuter ces libertés de Roélas, et de quel ton de naïve pédanterie, citant force textes sacrés, il en déduit, point par point, l’inconvenante inopportunité.
En 1616, Roélas quitta Séville et se rendit à Madrid. L’éclat de son mérite l’avait sans doute fait appeler à la cour. Il semble même que ce soit vers cette époque qu’il dut peindre, pour le palais d’Aranjuez, le tableau de Moïse frappant le rocher indiqué par Cean Bermudez, et dont une assez faible répétition, d’une couleur rougeâtre et briquetée a longtemps figuré, sous le nom de l’artiste, dans la galerie de l’École espagnole du Musée de Madrid.
En 1617 — et non une année auparavant — comme Cean Rermudez le suppose à tort, Roélas sollicita la charge de peintre du roi devenue vacante par la mort du titulaire Fabricio Castello. La junte de ohras xj bosques le présenta le premier sur la liste des candidats en appuyant sa proposition au roi Philippe III de la note suivante : « Le licencié Juan Roélas est venu de Séville, il y a un an, avec le désir » d’être attaché à votre maison. Son père a longtemps servi Votre Majesté. Quant à lui, il est homme de >< bien et bon peintre. » Ce fut Rartolomé Gonzalez, le second sur la liste, qui obtint la place.
Après cet échec, Roélas séjourna quelque temps encore à Madrid ; il exécuta, pour le couvent des Pères île la Merci, les peintures qu’on trouve cataloguées dans Ponz et dans Cean Bermudez, puis il revint à Séville en 1624 et de là à sa collégiale d’Olivarès, pour y prendre possession du canonicat auquel il venait d’être élevé.
Aux nombreux ouvrages dont il avait déjà doté l’église d’Olivarès, il joignit encore deux nouvelles toiles, les dernières qui aient occupé ses pinceaux : l’une primitivement destinée au maître-autel, reproduisait Un Miracle de Notre-Dame-des-Neiges ; l’autre, Une Nativité.
Le 23 avril de l’année 1625, Roélas mourut dans cette même ville d’Olivarès, et non à Séville et en 1620, comme le prétend Palomino.
Roélas a formé peu d’élèves; on cite parmi les plus célèbres : Francisco Varela, assez fidèle continuateur du style et du coloris du maître, et Francisco Zurbaran, qui, impressionné par quelques œuvres du Caravage, abandonna de bonne heure la manière de Roélas, pour se créer une originalité à la fois si vigoureuse et si saisissante.
PAUL LEFORT
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L’ancienne galerie espagnole du Louvre possédait quelques spécimens de Roélas, qui ont été dispersés, en 1853, lors de la vente, à Londres, des tableaux du roi Louis-Philippe.
On trouve dans Cean Bermudez, à la suite de la biographie de Roélas, le catalogue des ouvrages de ce maître qui appartiennent aux églises et aux couvents de Séville, d’Olîvarès et de Madrid; il ne nous reste donc, pour compléter ces indications, qu’à donner la liste des tableaux entrés dans les Musées ou dans les galeries particulières.
Madrid. Musée royal. — Moïse frappant le rocher. (Copie?)
Académie de San Fernando. — Conception.
Séville. Musée. — Martyre de saint André. — Conception. — Collection Garcia de Leaniz. — Assomption.
Dresde. Musée. — Conception (provenant de l’ancienne galerie espagnole).
Angleterre. Collection W. Stirling. — Portrait de Roélas (provenant du Louvre et exposé à Manchester en 1857).
Collection Geo. A. Hoskins. — La Vierge et sainte Élisabeth.
Vente Aguado (1843). — Éducation de la Vierge; 615 fr. — Vierge enfant ; 950 fr. — Conception ; 400 fr.
Vente Soult (1852). — Vierge au Rosaire; 5,800 fr.
Vente Louis-Philippe (1853). — L’Enfant Jésus et saint Jean-Baptiste ; 17 fi. — Portrait de Roélas ; 29 fi. — Conception ; 23 fi 10 sh.
IMIOS. —